6 mois de vie de l’enfant : Quand la diversification des aliments s’impose

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Durant les 6 premiers mois de la vie, l’alimentation de l’enfant repose sur le lait maternel. Ensuite, à partir de 6 mois, d’autres aliments sont ajoutés pour sa croissance.

Harmonie Adjadohoun, épouse Zannou

«La diversification alimentaire se fait dès que l’enfant entame son sixième mois de vie. Quand on fait l’allaitement strict de 0 à 6 mois, dès que l’enfant atteint l’âge de 6 mois, on commence à diversifier ses repas ». Ces propos de Harmonie Adjadohoun, épouse Zannou, spécialiste de la prise en charge de la malnutrition modérée et aigüe sans complication chez les enfants de 6 mois à 59 mois, relancent ainsi le débat sur ce qui revient à l’enfant en termes d’aliments après 6 mois d’allaitement. En effet, de nombreuses mamans, après 6 mois d’allaitement du bébé, s’interrogent sur son alimentation pour sa croissance et son bien-être. Le Dr Marcos Doussoh, médecin pédiatre spécialisé en nutrition pédiatrique précise : « À partir de 6 mois, le lait maternel seul ne suffit pas. Donc nous avons l’obligation de donner à un enfant qui a plus de 6 mois, les céréales, les fruits, d’introduire d’autres produits à base du lait comme du yaourt ». Allant plus loin, il affirme que déjà une à deux semaines après, il faut introduire petit à petit, des plats familiaux c’est-à-dire des repas un peu plus élaborés. Harmonie Adjadohoun, épouse Zannou, également assistante sociale vient corroborer les dires du docteur Marcos Doussoh. Selon elle, passés 6 mois, l’enfant est en mesure de manger tous les plats de sa famille d’origine. De façon générale, l’enfant peut commencer à manger le repas familial avec ses parents. Et pour donner plus de précision, elle affirme que de façon spécifique, c’est le moment pour l’enfant de prendre de la bouillie enrichie. « Quand nous parlons de bouillie enrichie, nous faisons allusion à une combinaison de céréales, de poisson et d’arachide » précise-t-elle.
La bouillie enrichie est composée de bien des vitamines pour la croissance de l’enfant dans un corps sain. « La bouillie est indiquée. Il faut une bouillie enrichie naturellement. Elle se fait à base de maïs, du mil, de sorgho. Si on ne veut pas les mélanger, on peut prendre l’un d’entre eux et prendre 3 kilos par exemple. Pour 3 kilos de maïs, mil, sorgho, il faut y ajouter 1 kilo d’arachide ou bien de soja pour que ça soit dans les normes. », a indiqué Sonia Lawson, infirmière d’Etat et responsable de la vaccination des enfants dans la zone sanitaire Cotonou 5. Propos relativement soutenus par l’assistante sociale Harmonie Adjadohoun, épouse Zannou. « Pour concocter la bouillie de façon basique, il faut une mesure de maïs, une mesure de mil, une mesure de sorgho, une mesure de soja. A cela s’ajoutent les poissons appelés « doèvi ». Souvent, on dit une mesure de maïs, une mesure de mil et une mesure de sorgho, il faut prendre 1 000 Fcfa de poissons « doèvi » et à tout cela on ajoute ¼ de mesure d’arachide », a-t-elle fait savoir. Au-delà de la bouillie enrichie, l’enfant est appelé, comme l’ont dit plus haut les spécialistes, à manger des plats familiaux.

L’introduction des plats familiaux dans l’alimentation de l’enfant

Dr Marcos Doussoh, médecin pédiatre

À quel âge l’enfant peut-il commencer à manger les plats habituels ? À cette question, l’infirmière d’Etat Sonia Lawson répond sans détours : « Après 6 mois, il est bien d’alterner avec la bouillie. Mais systématiquement, à midi et au plus tard le soir, à 18 heures, l’enfant doit prendre un bon repas familial. À la seule différence que, pour lui, le plat doit être préparé à part ». Elle souligne en effet : « Il ne doit pas y avoir certains ingrédients tels que le cube, la tomate en boîte et le piment, par exemple. On peut faire un peu de crin-crin que l’enfant mange avec la pâte molle. L’enfant doit manger le repas familial à midi et le soir aussi. » Le Dr Marcos Doussoh, médecin pédiatre, spécialisé en nutrition pédiatrique est d’accord avec Sonia Lawson. « Il faut donner la sauce crin-crin par exemple à l’enfant avec de la pâte, du vermicelle, des pommes de terre et même déjà à sept mois, l’enfant peut commencer à prendre du riz, du haricot. Il suffit de l’émietter sous forme de bouillie avant de le lui donner puisqu’il n’a pas les dents pour mastiquer », a-t-il affirmé. Il ajoute : « À partir de 1 an, il peut déjà faire trois repas comme un adulte. Seulement, il doit continuer à prendre sa bouillie en collation, du yaourt en collation ou des fruits en collation. Cette diversification n’est pas synonyme de rupture automatique de l’allaitement. Le sevrage n’intervient qu’autour de 2 ans selon les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Dès 9 mois, la mère passe à deux plats pour l’enfant, ensuite à 1 an passer à trois plats familiaux jusqu’à faire le sevrage autour de 18 mois voire 2 ans. Donc voilà un peu de façon schématique comment il faut conduire l’alimentation selon son âge de 0 à 2 ans. », fait savoir le Dr Marcos Doussoh. « Autre chose, nous conseillons aussi le ragoût à la pâte de manioc ou bien igname et on y ajoute de petits poissons. Nous leur conseillons aussi la sauce de poisson, du légume à bouillir avec du sel et non du bicarbonate. Quand c’est bouilli avec du sel, toute la propriété de légume est gardée », confie l’infirmière d’État Sonia Lawson.

Les fruits, une priorité pour le bien-être de l’enfant

« Il faudrait maintenant que l’enfant consomme des fruits comme l’orange, la banane, la pastèque, la papaye, même le citron. Il y a de la vitamine et cela facilite la digestion parce que l’enfant de 6 mois qui n’a jamais connu les produits alimentaires de façon brusque, on doit lui faciliter la digestion. Quand je prends l’orange, la papaye, la pastèque, c’est hyper riche en eau pour faciliter la digestion ». Ainsi s’est exprimée Harmonie Adjadohoun, épouse Zannou, reconnaissant ainsi l’apport nutritif des fruits dans l’alimentation du bébé. Sonia Lawson, contrôleur d’action sanitaire et responsable de la vaccination des enfants dans la zone sanitaire Cotonou 5 ne dira pas le contraire. « 15 minutes avant le repas de midi, le jeune enfant doit prendre un fruit. Il faut l’orange, la papaye, la pomme, l’avocat. Pour les jus comme ceux d’ananas et d’oranges, on doit veiller à ce qu’ils ne soient pas acides et ne soient pas faits d’avance », confie-t-elle aux reporters de Educ’Action. Elle précise : « Le fruit ou le jus se donne à l’enfant avant le repas de midi tous les jours ». La prochaine parution portera sur les bienfaits du lait maternel pour l’enfant, voire la mère.

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Enock GUIDJIME

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