A battons rompus avec Laurence Monteiro : « L’InMeS est la seule école de référence au Bénin pour la formation des sages-femmes »

  • 0
  • 43 views

Parmi les sous-métiers de la médecine qui s’occupe de l’espèce humaine notamment de la femme au niveau de la reproduction, figure la profession de sage-femme. Considérée comme une profession médicale qui consiste à surveiller les grossesses et à assister les femmes pendant leur accouchement, le métier de sage-femme, comme tout autre, nécessite une formation de base. Très affable, Laurence Monteiro est sage-femme diplômée d’Etat à la retraite. Elle est par ailleurs la Présidente de l’Ordre national des sages-femmes du Bénin et enseignante à l’InMes. Avec elle, allons à la découverte de la profession de sage-femme. C’est à travers l’interview dont voici la quintessence.

Educ’Action : comment définir la profession de sage-femme ?

Laurence Monteiro : la profession de sage-femme est une profession médicale à compétence limitée c’est-à-dire, une personne qui a reçu la formation et les compétences nécessaires pour faire des accouchements. Autrement dit pour donner la vie si je dois m’exprimer en jargon courant. C’est ce que l’on appelle une sage-femme et c’est ça qu’on définit par la profession de sage-femme.

Qui peut-être appelée sage-femme ?
Au Bénin, toute femme ou toute personne qui a reçu, je dis bien qui a reçu la formation requise et les compétences nécessaires pour exercer la profession de sage-femme. Ce n’est pas ce que nous voyons, le bordel qu’il y a au Bénin et n’importe qui se lève et fait des accouchements ou on va faire des études quelque part, on revient et ce n’est pas le programme de la sage-femme et on dit parce qu’on accouche, on est sage-femme. N’importe qui peut aider une femme dans la rue qui pousse parce que Dieu a su faire ses choses, naturellement le bébé sort. Mais on l’aide à la dernière minute à arriver en vie sinon, naturellement, ça fait les différentes rotations pour sortir. Donc n’importe qui ne peut pas s’appeler sage-femme. Il faut qu’on arrête le bordel au Bénin. C’est la personne qui a reçu la formation et les compétences nécessaires pour pouvoir exercer qu’on peut et qui est appelée sage-femme.

Comment devenir sage-femme ?
Pour devenir sage-femme, selon ce qui est dit dans cette école, je veux parler de l’InMeS, l’Institut national médico-sanitaire, il faut avoir le Baccalauréat Cou D et 2ans c’est-à-dire nous sommes en 2013, c’est les Bac 2011, 2012 et les Bac 2013 bien sûr. Puisqu’on dit 2ans en arrière pas plus. Et il faut être âgée de 18ans à 25ans au plus pour pouvoir devenir sage-femme. Une fois ces conditions remplies, il faut rigoureusement trois (03) ans de formation et on sort avec la licence.

Quelles sont les écoles de formation des sages-femmes qu’il existe au Bénin ?
Il n’y a qu’une seule école. Et on est fière d’avoir la seule école parce que ce n’est pas comme on dit, c’est une profession, on ne peut pas se tromper, froisser une feuille comme si on dactylographiait quelque chose et jeter à la poubelle, non. Vous vous trompez sur la vie de la femme et sur l’enfant, vous irez au cimetière. Donc, la seule école de formation qu’il y a aujourd’hui au Bénin, c’est bien l’InMeS. Mais nous sommes en train de réfléchir sur comment avoir une autre école dans le septentrion parce qu’à Parakou, ce n’est pas une école de sage-femme, soyons clair et net, c’est une école d’aides soignantes et d’aides soignants qui n’ont pas le droit de faire des accouchements. Nous avons participé à la rédaction des programmes de l’aide soignante et de l’aide soignant dans le monde et dans mon pays. Ces aides soignantes et aides soignants n’ont pas le droit de faire des accouchements et usurpé la profession des sages-femmes.

Comment une sage-femme béninoise formée à l’extérieur peut faire valoir ses compétences au Bénin ?
Il faut faire ce qu’on appelle l’équivalence de diplôme. Il y a des services pour ça au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Vous allez faire valoir votre diplôme à la direction des équivalences de diplômes. Même moi qui vous parle, je n’ai pas eu mon diplôme au Bénin, mais lorsque je suis rentrée, j’ai fourni les dossiers et on m’a fait équivaloir mon diplôme comme ce qui se fait au Bénin.

Combien coûte en moyenne une formation de sage-femme ?
Je crois qu’avec le concours, il y a des boursières. Quand on dit des boursières, c’est qu’elle ne paie rien. Elles ont la bourse pour faire leurs études. Mais en ce qui concerne le paiement, ça dépend. Si c’est un organisme qui vous envoie, le taux est différent, si c’est vous-même qui voulez payer, le taux est différent que si c’est une institution. Et pour plus de renseignements, il suffira simplement de vous approcher du service finances de l’université parce que l’InMeS de Cotonou dans lequel se trouve l’école des sages-femmes est maintenant sous la tutelle de l’Université d’Abomey-Calavi. Donc tout ce qui se fait, c’est à l’université. C’est là-bas que vous aurez le montant de la scolarité.

Un message à l’endroit des jeunes filles qui ambitionnent de devenir un jour sage-femme ?
Je voudrais lancer un appel en direction des parents. Que les gens ne les trompent pas. Il n’y a pas d’école privée de formation de sage-femme, en tout cas jusqu’à ce jour. La seule, unique et meilleure école au Bénin, c’est encore l’InMeS de Cotonou. Et je dis bientôt, l’Ordre national des sages-femmes fera son travail. Des tournées sont en vue pour assainir le secteur et ce sont les ordres nationaux, les professionnels de la santé qui vont accréditer dorénavant les écoles parce qu’il y a comme un bordel qui s’observe, on ne sait pas qui fait quoi dans son coin. Et les parents au lieu d’envoyer leurs enfants aller faire autre chose, pensent que c’est dans les centres de santé ou dans les maternités qu’ils vont payer aux sages-femmes, aux médecins, aux infirmiers pour qu’ils forment leurs enfants sur le tas. Ça ne serait plus possible. L’Etat a déjà ouvert une école d’aides soignantes et d’aides soignants au Bénin et on ne peut pas aller parquer les enfants dans les cabinets privés sans un minimum de niveau et sans une formation adéquate formelle au motif que les études ne suivent pas et ne sourissent pas à ces derniers. Au lieu de les aider à s’accrocher aux études, non, on va les parquer dans des cabinets privés, on leur porte des blouses qui ne sont même pas destinées à leur profession. On dit qu’on leur apprend le métier de sage-femme. Il ne faut pas qu’il se leurre. On ne peut plus continuer à faire ça. Aux enfants, je leur demande de savoir ce qu’elles veulent parce qu’aujourd’hui, ce n’est vraiment pas la peine. Lorsque nous étions dans cette école, nous travaillions, nous avons la vocation et nous allons en classe supérieure sans entendre parler de redoublement. Aujourd’hui, quand on parle de l’université, on demande à ce qu’on reprenne la session, on nous parle de session, nous avons dit que c’est une école professionnelle. Dès que vous finissez et sortez, vous trouvez à faire, il n’y a pas de problème. Ou vous vous installez ou l’Etat vous recrute mais nos enfants ne veulent pas comprendre. Les parents aussi malheureusement poussent leurs enfants à venir faire une profession et les enfants sont là, elles ne savent pas si elles vont travailler ou pas. Il y a plein de redoublants et de redoublantes ici dans cette école. Ce qu’on n’a jamais vu parce qu’on dit qu’on est à l’université. Je leur demande vraiment de bien réfléchir avant de venir s’inscrire parce que les parents peinent avant de trouver de l’argent pour les inscrire. Alors je leur demande de bien réfléchir, et lorsqu’elles ont la chance de rentrer ici, c’est de bien travailler. L’être humain, ce n’est pas comme je le dis une feuille blanche dans une machine à saisir. Non !

 

Propos recueillis par Romuald D. LOGBO

 

Rentrée apaisée 2013-2014 : Gouvernants, Syndicats, APE et élèves se donnent la main pour de nouvelles victoires
Prev Post Rentrée apaisée 2013-2014 : Gouvernants, Syndicats, APE et élèves se donnent la main pour de nouvelles victoires
Les détenus au travail !
Next Post Les détenus au travail !

Leave a Comment:

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *