Alphonse da Silva, à propos du retard dans le retrait du diplôme du Baccalauréat : « Lorsque vous avez l’attestation, demandez le diplôme après le délai d’un an »

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Après la réussite à l’examen du Baccalauréat, plusieurs bacheliers négligent leur diplôme dans les archives de l’Office du Baccalauréat ou attendant parfois jusqu’à trente ans avant de venir réclamer le parchemin. Cette situation occasionne souvent des pressions au niveau des services de l’Office du Baccalauréat qui sont souvent confrontés à des difficultés dans la délivrance du diplôme en situation d’urgence aux requérants. Eléments de réponse dans cette interview de Alphonse da Silva, directeur de l’Office du Baccalauréat, accordée au journal Educ’Action.

Educ’Action : Quel est le délai qu’il faut pour qu’un candidat qui a réussi à l’examen du Baccalauréat puisse entrer en possession de son diplôme ?

Alphonse da Silva : D’abord lorsque le candidat est admis, il reçoit le relevé de notes dans son centre de composition. C’est valable aussi bien pour les candidats qui réussissent que pour les candidats qui échouent. Ils reçoivent le relevé de notes pour savoir quels sont les points forts et les points faibles. Passée cette étape, trois mois après, le candidat se présente dans les différents centres, muni de son relevé de notes pour avoir l’attestation. Cette année par exemple, j’ai signé 33.000 attestations du BAC. Lorsque le candidat reçoit son attestation, il faut un an pour demander le diplôme qui est le document définitif. Mais les candidats se contentent seulement de leur relevé de notes pour ceux qui ont réussi ou de leur attestation qui n’est valable que pour un an. Après un an, l’attestation n’est plus valable. Mais c’est cette attestation que beaucoup de bacheliers trainent pendant des années. Ce qui n’est pas juste. Il faut avoir le diplôme.

Quelles sont les formalités à remplir pour entrer en possession du diplôme ?

Les formalités à remplir, c’est qu’il faut avoir d’abord l’attestation. Il faut remplir ensuite une fiche et un récépissé homologué de 10.000 F CFA. Lorsque vous donnez ceci, on établit le diplôme en bonne et due forme en vérifiant noms et prénoms tels que vous vous êtes inscrit et tel que cela se présente sur l’attestation. Après, on regarde les informations contenues sur l’acte de naissance pour voir sa conformité aux informations contenues sur l’attestation. C’est après cela qu’on établit le diplôme qui est sécurisé et signé par le directeur de l’Office du Baccalauréat, qui envoie ensuite ce diplôme au recteur de l’Université d’Abomey-Calavi pour poser également sa signature. Ce processus peut durer environ trois semaines ou un mois. Après cette étape, on peut délivrer maintenant le diplôme au requérant qui en a fait la demande. Malheureusement, la plupart des candidats ne demandent pas tout de suite leur diplôme après un an. Il y en a qui demande le diplôme après 4 ans, 10 ans et même 25 ans.

Qu’est-ce qui explique le fait que des candidats attendent longtemps avant de venir chercher leur diplôme ?

La délivrance du diplôme peut prendre jusqu’à un mois et même parfois deux mois parce qu’il faut faire des investigations, envoyé le diplôme chez le recteur pour qu’il puisse signer en tenant compte de sa disponibilité, etc. Or, il est arrivé qu’un cadre de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au Sénégal, qui a réussi à un concours interne devrait être muté quelque part. Mais on lui a demandé d’amener son diplôme alors qu’il n’avait que l’attestation. Il a dû prendre l’avion pour revenir au Bénin et avec la chance, on a pu vite lui délivrer le diplôme signé par le recteur en 10 jours pour lui sauver son poste. Vous voyez, la plupart de ceux qui réussissent au Baccalauréat attendent toujours des années. Alors, je lance un appel aux bacheliers de venir chercher tôt le diplôme. Lorsque vous avez déjà l’attestation, demandez le diplôme après le délai d’un an.

Quelles sont les contraintes auxquelles le non retrait à temps des diplômes soumet les services de l’Office du Baccalauréat ?

Nous avons une base de données des candidats qui ont réussi il y a de cela cinq ans, dix ans. Mais pour ceux qui ont réussi depuis 25 ans, 30 ans, c’est un peu plus difficile de retrouver des données puisqu’il faut faire un travail de recherche acharné. Vous savez que l’Office du Baccalauréat a brûlé il y a quelques années et que des archives aussi ont été brûlées. Alors, il faut aller au Journal Officiel ou à la Présidence pour pouvoir authentifier la réussite de certains candidats et cela peut prendre du temps. Cela peut prendre jusqu’à trois ou quatre mois. Or, ceux qui demandent le diplôme veulent l’avoir dans l’immédiat.

Dans le cadre de l’harmonisation de l’examen du Baccalauréat dans l’espace UEMOA, vous avez reçu il y a une semaine environ, une délégation de l’Office du Baccalauréat du Togo. Qu’est-ce qu’on peut retenir de cette rencontre ?

Le directeur de l’Office du Baccalauréat du Togo et son adjoint ont effectué une visite au Bénin. C’est un office avec lequel nous entretenons de bonnes relations depuis des années, puisque nous sommes tous dans l’UEMOA. Vous savez qu’il y a l’harmonisation de l’organisation du Baccalauréat dans l’UEMOA pour atteindre d’ici 2018 un BAC blanc que nous allons organiser et en 2021 c’est pour avoir le premier Baccalauréat de l’espace UEMOA. C’est dans ce cadre que la délégation togolaise est venue, surtout pour s’enquérir de notre expérience en ce qui concerne la numérisation du Baccalauréat et l’inscription en ligne. La délégation est venue et pendant trois jours, nous avons travaillé, nous avons reçu le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour des échanges. Nous allons poursuivre ces échanges à Lomé bientôt, pour qu’à la réunion de la prochaine session de l’UEMOA, nous puissions confronter les points de vue et retenir quelque chose de commun.

Quelles sont les réformes envisagées pour l’examen de cette année ?

Nous avons commencé depuis quelques années des aménagements. Les candidats qui vont à l’examen cette année pourront choisir déjà les filières qu’ils vont faire à l’université. Une sensibilisation va commencer à partir du 1er mars et une fiche sera distribuée aux candidats qui ont déjà déposé leurs dossiers au niveau de l’Office du Baccalauréat. Cela a pour avantage de limiter les interventions ici et là qui font que ce sont les enfants des mêmes personnes qui sont toujours classés. Cela va se faire pour l’équilibre régional et pour l’équité entre tous les fils et filles de ce pays.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE

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