Amobé Mévégué au Centre culturel Artisttik Africa : « UBIZNEWS TV permet de montrer l’autre face positive de l’Afrique au monde »

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D’une célébrité qui force l’admiration, le professionnel des médias, Amobé Mévégué, a décidé de contribuer autrement et utilement au rayonnement de l’Afrique, berceau de l’humanité. Ancien journaliste et animateur de Radio France Internationale (RFI), actuellement l’une des icônes de la chaîne française, France 24, où il officie en tant que journaliste culturel, l’homme d’une culture rare et exceptionnelle a gagné d’étoffe en créant sa propre chaîne de télévision, UBIZNEWS. Très convaincu, il rêve d’inverser la triste image de l’Afrique pour une prise de conscience de l’homme blanc. Il se livre à cœur ouvert à votre journal Educ’Action.

Educ’Action : Beaucoup de personnes rêvent de mieux vous connaître. Alors qui-est Amobé Mévégué ?

Amobé Mévégué : Pour ceux qui ne me connaissent pas, moi je suis né en Afrique centrale. Tout petit, je suis arrivé en France à l’âge de 4 ans, je ne parlais pas ma langue africaine. A l’époque, on regardait la télévision et s’était le moule social français qui a pétri mon imaginaire d’enfant. On voyait des gens parler du cinéma et cela m’a beaucoup façonné. On voyait des artistes, des personnalités extraordinaires, on découvrait des gens qui in fine ont contribué à notre composition intellectuelle. Mais à côté de cela, J’écoutais Bren Brassens, Fêla et bien d’autres artistes de forte contenance. J’ai fait des études de cinéma au CNPF et je suis sorti premier en réalisation de cinéma. En dehors de cela, j’ai eu la chance d’être au début de la création de la radio Nova dans les années 80. Quand on a la chance de côtoyer des gens comme le père Jah et la mère Jah qui possédaient des immeubles en plein Paris et qui ont démissionné du système qui enclave les esprits, je crois que nous devons cesser d’être matérialiste. Je n’ai jamais été matérialiste, je ne suis pas matérialiste.

Que doit-on retenir de vos débuts?
J’ai eu la chance de participer à la naissance des premières radios libres en France. Il n’y avait pas à l’époque des radios détenues par les noirs. La seule radio qui existait à l’époque était à Los Angeles et appartenait à Steve Wonder. Donc moi, je suis arrivé dans un contexte où j’avais eu la chance d’écouter Angélique Kidjo à ses débuts, le groupe Kassav, Youssou N’dour etc. On était dans les années 1982-1983. Je courais pour aller animer des émissions radio. Ce que quasiment beaucoup de jeunes ne peuvent plus faire aujourd’hui parce qu’on a appris le métier en direct. C’était l’époque de radio Nova. Le hip-hop est né quasiment sous nos yeux et la première émission hip-hop, c’était avec des personnages comme Madonna. A la maison, on écoutait de grosses pointues de la musique mondiale mais quand on parlait de Fêla, des gens nous regardaient bizarrement. Moi j’ai été inspiré par Tarzan. Sur SR France, on regardait un film sur Tarzan. Et comme moi, j’étais l’aîné de ma famille, je m’identifiais au super Héros. Après des expériences, RFI m’a confié une émission. En 20 ans, j’ai eu la chance d’être une personne que la jeunesse africaine a entendu quotidiennement sur RFI, a vu quotidiennement sur les chaines de Télévision nationale. De TV5, je suis aujourd’hui sur France 24. A travers les médias, j’essaie de faire ressortir une autre image et réalité de l’Afrique. Dans mon parcours, on m’a également reproché beaucoup de choses comme par exemple « tu es raciste », « ethnocentriste », etc. Chaque fois que vous voulez parler de l’Afrique, on vous dit que vous n’aimez pas les autres. Je suis très heureux de continuer mes émissions sur France 24. Après 20 ans d’expérience, j’ai jugé utile de créer une chaîne de télévision.

Parlez-nous de cette chaîne dénommée UBIZNEWS ?
Pour cette aventure, la première personne que j’ai appelé, c’est la mère Jah. Au début, tout le monde m’a ri au nez, tout le monde m’a dit que se n’était pas possible, comme quoi je ne pouvais pas faire évoluer ce genre de chaîne qui mélange information et divertissement baptisée ‘’la chaîne de infomusement’’. De mon point de vue, c’est la seule chaîne qui est totalement indépendante. Je suis content et je rends grâce à Canal + qui m’a fait confiance. UBIZNEWS est née, il y a huit (08) mois. Mon rêve, c’est de faire en sorte que cette chaîne n’insulte pas l’intelligence des gens. Pour l’équipe constituée de jeunes, on y retrouve des Béninois, des Burkinabé, des Musulmans, des Chrétiens. A UBIZNEWS, on a recréé les nations unies. En réalité, on a fait ce que France télévision devrait faire, C’est-à-dire faire en sorte qu’il y ait une représentativité. C’est une chaîne qui appartient à la jeunesse africaine. Je ne sais pas qui nous n’avons pas aidé sur notre chaîne en Europe. Y compris nos détracteurs qui nous ont demandé une tranche d’émission.

De quels moyens disposez-vous pour inverser la tendance et contenir la concurrence ?
Nous avons commencé nos émissions sur le bouquet Canal SAT. Je pense qu’il est possible qu’ensemble, nous écrivons des choses. Quand vous allez regarder cette chaîne, vous verrez que c’est 50% Afrique et 50% monde. Nous sommes déjà en France, la prochaine étape, c’est l’Amérique. Il y a une semaine j’étais au Sénégal dans la ville qu’on appelle Saint-Louis, patrimoine mondial de l’humanité. C’est une ville extraordinaire. il y a des gens qui revendiquent une certaine représentativité. Ce n’est pas la peine d’aller se plaindre et de revendiquer qu’on est Martiniquais, Béninois, Guadeloupéen, etc. C’est pour dire qu’a un moment donné, si on ne réagit pas face à ses agressions-là, ça va continuer et le mépris sera fort. Nous travaillons à imposer la chaîne en commençant par le sous-bassement. Et là, c’est la première phase de notre politique.

Quel sera l’impact de UBIZNEWS sur le volet économique et culturel de l’Afrique ?
Vous avez vu comment s’appelle la chaîne ?

Et moi, je dis à tout le monde, pas seulement aux Africains, qu’on est dans un monde où tout est devenu compliquer. Il y a le chômage, la crise et dans tout cela, il y quand même des gens qui s’en sortent. Le BIZ symbolise business et j’avais créé, par le passé un magazine qui s’appelait Afrobiz. UBIZNEWS, c’est pour rappeler à chacun, dans nos vies, qu’il faut se battre pour s’en sortir. UBIZNEWS, c’est pour créer des conditions pour qu’il y ait de la richesse. Il faut que les droits d’auteurs puissent circuler en Afrique. Donc le potentiel économique de la culture est exponentiel. Il faut une formation sur le rôle du manager, du directeur artistique, du droit d’auteur, etc. En une heure sur UBIZNEWS, vous avez la politique, le business, la mode, l’invention…

Pourquoi avoir créé cette chaine ?
La diaspora africaine a envie de communiquer. Elle a envie de s’exprimer. Le potentiel de la culture africaine en termes de richesse est exponentiel. Créer une chaîne de télévision comme UBIZNEWS permettra de faire la lumière sur l’Afrique, berceau de l’humanité, et de montrer l’autre face positive de cette Afrique au monde. Souvent, je trouve que c’est une perte de temps de regarder la télévision. Mais je sais que c’est malheureusement par les médias qu’on contrôle l’esprit des gens. Je n’ai pas créé UBIZNEWS parce que j’avais envie de créer une chaîne de télévision. On ne sait même pas que c’est moi qui suis derrière cette chaîne parce que le plus important pour moi, c’est que le cœur des Africains soit pris par ce concept. Je suis l’une des rares personnes qui passe inaperçu sur une chaîne de télévision internationale parce que tout simplement, je dois m’oublier. Donc vous ne me verrez pas sur la chaîne tant qu’elle n’aura pas atteint un ou des millions de spectateurs.

Comment travailler sur la chaîne ?
Nous sommes ici à Artisttik Africa sous la houlette de Ousmane Alédji. Ce que je propose, c’est que nous ne créons pas de nouvelles choses. Ce média, ce n’est pas de la vanité, il est destiné à la jeunesse africaine. Dans le même temps, il est hors de question que les gens travaillent sans pouvoir être rémunéré. Donc il faut nous laisser le temps d’imposer le modèle UBIZNEWS. De là, on pourra capter les ressources, les publicités et à la fin, être à même de payer les compétences qui y travaillent.

Envisagez-vous la présence d’une langue africaine sur la chaîne ?
Chaque chose en son temps. Avec le temps, nous allons insérer d’autres langues dans notre grille des programmes mais pour le moment, on émet uniquement en langue française. Il y a des programmes qui sont en Swahili, en Yom, mais ils vont arriver dans un second temps. Dans un premier temps, nous avons besoin de poser la chaîne parce que c’est très lourd. Il y deux modules de trois minutes qui passent par heure.
Pour finir, je voudrais remercier tout le monde et solliciter la contribution de tous pour imposer cette chaîne qui travaille à montrer le vrai visage de l’Afrique.

 

Réalisation :
Serge-David ZOUEME
& Edouard KATCHIKPE

 

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