Au secours, notre monde s’effondre

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Ma benjamine, la « go chawarma » pour les intimes, a dix-huit ans et nous nous apprêtions à le fêter dignement ! Comprenez que ce ne sont pas seulement les poulets et pintades qui vont être égorgés à l’occasion, mais aussi mon portefeuille, devenu exsangue à force de sollicitations diverses. Vous aviez connu beaucoup de dix-huit ans : en vrai, c’est une sorte de passage où on obtient psychologiquement et moralement un certificat d’émancipation.
Ceux de ma fille resteront, gravés dans ma mémoire car cette demoiselle a trouvé le moyen de malmener toute la maisonnée. Elle a commencé par moi le père, son chéri disait-elle ou plutôt son trésor. La veille de la fête, au retour de chez la tresseuse, je l’appelai pour l’admirer en lui demandant une énième fois ; j’espère que je suis toujours le seul chéri. Tu es toujours mon seul trésor car mon grand coffre-fort mais chéri hum. Il y a un type qui commence à me plaire. Je pense que je vais me laisser tenter. Je compris qu’elle me disait la vérité. Je m’y attendais et c’est arrivé.
Elle me laissa et je plongeais dans un abîme de réflexion et de sentiments contrastés. Ma dernière fille adorée, la plus belle fille du monde ! J’avais mis la barre haute : à part l’enfant de Bill GATES ou de DANGOTE et Cie, je ne voyais pas qui pourrait oser venir me demander sa main. En réalité, ce n’était pas un problème d’argent, mais de standing.
Je me levais le cœur battant et commençais mon enquête. Son frère dont elle était proche, n’était au courant de rien. Les autres sœurs encore moins. Terrible ! J’annonçai la nouvelle à maman : oh mon Dieu ! Quel diable l’a piquée : elle est très jeune et peut attendre encore quelques années non ?
Je reconvoquai l’impertinente. Elle se présenta sereine et enjouée pour répéter qu’elle prenait un petit ami. Sa maman, invoqua ciel et terre, les mânes des ancêtres sans oublier St Valentin et implora Cupidon de retirer sa flèche ! Rien n’y fit. La demoiselle se contenta de souligner qu’elle nous indiquera l’élu le jour de son anniversaire de peur que maman ne l’étrangle séance tenante !
Le jour venu, notre fille imagina un signe de piste où il fallait deviner qui était l’homme de son cœur. Sa mère et moi fouinions partout afin de débusquer l’impertinent qui voulait se substituer aux prétendants de qualité de ma liste. Au premier coup, nous comprimes, car à l’ouverture du bal, un échalas dégingandé et turbulent l’entraina dans un zouk love langoureux sous le regard hilare de la troupe. Maman et moi avions compris : c’est lui ! Il n’y a pas de danse plus dangereuse que le zouk love. Nous allâmes nous asseoir loin de tout ce bruit et ruminant les envies de meurtre à l’encontre de l’ennemi des enfants Dangote. Notre fille apparue poursuivie par un autre jeune avec qui elle semblait complice et qui lui présentait un coffret de cadeau et lui enjoignant de le présenter à nous parents. Ma fille le recevait avec sourire et lui répétait plus tard. Nous étions désemparés. Un autre ? Ou plutôt, c’est celui-ci ! Elle repartit en courant, plein de vie et de joie. En pleine expectative, nous rejoignîmes quelques amis invités. Et j’avalais deux verres de vin !
Ma fille revint après moult danses avec un dernier trio qui vint nous saluer. C’est Jacques, sa sœur et son frère qui s’en vont avant la coupure du gâteau ! Nous reçûmes gentiment ses amis qui se perdaient en excuses, trop occupés à savourer les supplices que nous allions infliger aux deux cas que nous avions identifiés.
La fête se termina et tout le monde parti. Le lendemain, maman et moi décidions de rester à la maison afin de tirer toute l’affaire au clair. La petite dévergondée qui refusait les avances du rejeton de Bill Gates avait instamment dit qu’elle amenait son type manger avec elle à la maison. Quelle ne fut notre surprise lorsque nous constatâmes que ce n’était ni le vilain danseur, ni le donneur de cadeau empoisonné, mais ce fieffé de Jacques auquel nous n’avions accordé peu d’attention ce jour !
Il était maintenant assis dans mon salon se faisant servir calmement par ma fille. Elle constata nos regards étonnés et dit : quand, il s’agit de vos enfants, vos émotions vous empêchent de réfléchir correctement. C’est le seul que je vous ai présenté ce jour-là, l’appelant par son prénom. D’un autre côté, elle me signifia qu’il fait de l’informatique. Ah bon ! C’est peut-être le neveu de Gates. Attendons voir…

Maoudi Comlanvi JOHNSON,
Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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