Calvaire des étudiants handicapés de l’UP : Les autorités universitaires apaisent

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Les étudiants handicapés de l’Université de Parakou (UP) endurent depuis de nombreuses années, des difficultés persistantes allant de la stigmatisation quotidienne aux obstacles pratiques. Ce qui entrave leur quête du savoir éducatif.

«Un jour, je suis allé au cours et je n’ai pas trouvé de place. Je me suis dirigé vers une fille pour lui demander si elle pouvait me faire un peu de place. Mais cette dernière m’a regardé du haut en bas avant de me demander ce que je suis venu faire ici. Même si je suis une personne handicapée visuelle, je vois un peu, donc j’ai pu voir son geste et cela m’a beaucoup touché. ›› Voilà, la scène vécue et relatée par Rachidi (prénom attribué), un étudiant handicapé visuel dans l’un des amphithéâtres de l’Université de Parakou (UP). Cette expérience semble avoir beaucoup affecté ce jeune étudiant devenu une cible. Pourtant, ce dernier est passionné et assoiffé de connaissances.
L’inclusion dans les salles de cours et les amphithéâtres devrait être une norme observée de tous. Malheureusement, de nombreux étudiants handicapés font face à des brimades du genre. Lesquelles prennent l’allure d’une discrimination. Pire, ces brimades sont devenues monnaie courante dans les salles de cours et les amphithéâtres des universités publiques, notamment de l’Université de Parakou. Ce qui, sans aucun doute, crée un environnement hostile pour les étudiants handicapés de tout genre. Des exemples concrets de brimades en amphi, tels que le refus d’entraider, de partager de places, mettent en lumière la réalité quotidienne des étudiants handicapés. L’accès aux infrastructures pédagogiques devient un défi majeur en raison du positionnement des amphithéâtres dans lesquels ils doivent suivre les cours. Lorsqu’il s’agit par exemple de gravir des marches d’escaliers pour se retrouver dans un amphithéâtre R+1 ou R+2, ces derniers souffrent le martyre, en plus des difficultés liées à l’accès aux logements universitaires et aux salles de cours. ‹‹ Nous avons également des difficultés liées à l’accès aux salles de cours car, souvent on programme certains étudiants en haut des amphithéâtres, ce qui ne nous permet pas d’aller suivre le cours ››, confie un autre étudiant handicapé. Ces cas de situations sont légion. A en croire un étudiant handicapé, ces situations contraignent ses pairs qui sont aussi bien des personnes handicapées visuelles que motrice et lui, à rester tranquillement dans leur domicile pour ne pas subir les affronts et l’intolérance de leurs camarades étudiants. Pour se mettre à jour dans les leçons, ils sont donc obligés d’emprunter un cahier de cours auprès des autres étudiants. Cependant, il est évident que le fait de recopier simplement les leçons, ne remplacera en aucun cas, les explications fournies par l’enseignant pour l’assimilation des notions enseignées. Dépassés par la situation et n’ayant plus d’autres issues, ces hommes en appellent à l’indulgence des autorités universitaires.

Des plaintes aux doléances, les étudiants rassurés

Face à ces nombreuses difficultés, les étudiants handicapés n’ont pas manqué de solliciter l’intervention des autorités universitaires. Une rencontre organisée courant le mois de février 2024 avec le recteur de l’Université de Parakou, le professeur Bertrand Sogbossi Bocco, leur a permis d’exposer leurs problèmes majeurs, notamment les brimades et les stigmatisations en amphithéâtres ainsi que les obstacles d’accès aux salles de cours et aux amphithéâtres. Au terme des échanges, l’autorité rectorale a fait des promesses au nombre desquelles, il leur sera désormais accordé une attention particulière afin de leur venir en aide. Aussi la première autorité estime-t-elle que c’est une obligation de porter un regard nouveau sur ces derniers. ‹‹ Nous avons intérêt à les accompagner, parce qu’ils se débrouillent pas mal. Ils font des efforts exceptionnels par rapport à quelqu’un qui a toutes ses facultés. ››, a témoigné le professeur Bertrand Sogbossi Bocco, recteur de l’UP.
A l’issue de cette séance, Dandjima Kabirou, a, au nom de ses camarades personnes handicapées, remercié l’autorité. ‹‹ Je tiens à saluer le recteur qui a accepté nous accorder de son temps. Il a été vraiment ouvert et il a promis de faire quelque chose pour que les personnes handicapées ne soient plus discriminées, marginalisées ou stigmatisées à l’Université de Parakou. ››, se réjouit-il. La rencontre avec le recteur a permis également aux étudiants en situation de handicap de mettre en avant des problèmes majeurs. Il s’agit, entre autres, de la discrimination et des difficultés structurelles. Ils ont été rassurés de ce qu’ils vont bénéficier dorénavant, d’une attention particulière quant à leur prise en charge.

La responsabilité du COUS-P en jeu

Les autres soucis auxquels cette catégorie d’étudiants est confrontée sont, d’une part, l’accès au restaurant universitaire. D’autre part, le coût élevé des logements universitaires. A cet effet, ils ont également posé le pas qu’il faut pour un changement de situation.
Ainsi, en dehors du recteur de l’UP qu’ils ont rencontré, les étudiants handicapés ont également adressé des doléances au directeur du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales de Parakou (COUS-P), Abdou Raouf Céci Sidi. A ce dernier, ils ont réclamé un accès rapide aux tickets du restaurant universitaire et la possibilité d’organiser des évènements, notamment une journée dédiée aux étudiants handicapés. « Ce genre d’événement, nous l’espérons vraiment, peut être un canal par lequel les étudiants dits normaux seront sensibilisés à travailler pour faciliter l’inclusion des étudiants en situation de handicap », a laissé entendre un étudiant handicapé.
Les doléances formulées à l’endroit du COUS-P reflètent le besoin pressant d’une intégration complète, qui passe par des actions pratiques. Entre autres, l’accès aux repas universitaires et la reconnaissance d’une journée spéciale pour les étudiants handicapés.
Par ailleurs, les difficultés d’accès aux logements universitaires sont sanctionnées par des coûts élevés. Ce qui impose par conséquent, des barrières financières supplémentaires aux étudiants handicapés. Face à cette panoplie de difficultés qui constituent des défis à relever, les engagements des autorités laissent entrevoir cependant, une lueur d’espoir pour une amélioration future des conditions de vie et d’études des étudiants handicapés à l’Université de Parakou. Malgré tout, ils n’entendent pas baisser les bras face à leur désir de réussir dans leurs études universitaires.

Jean-Luc EZIN

 

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