Ces femmes, artisanes muettes de l’éducation !

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Il serait temps d’instaurer l’éternel débat de la journée de la femme, mais le mois de mars étant passé, cela est d’autant plus difficile dans la mesure où je voulais faire quelque chose de révolutionnaire à savoir demander l’instauration de la journée de l’homme. D’aucunes vont gloser : Quoi ! Trois cent soixante trois ou quatre jours ne vous suffisent pas ? Voulez-vous nous concurrencer! N’avez-vous pas honte ?
Bien sûr que nous sommes gênés, car que faisons-nous de toutes ces journées que nous laissent les femmes ? Avons-nous choisi une pour nous ressourcer; pour faire notre examen de conscience ? Pourquoi les femmes ne nous donnent-elles pas la chance (?) ou plutôt l’occasion, comme elles, de faire nos journées de réflexions, de mettre nos beaux atours et de danser.
Ce sera le jour où parce que la caméra est là, il s’agira pour l’homme de faire enfin le grand débat : Qui de la femme et de l’homme est le plus important pour le foyer de nos jours dans une société dénucléarisée où les hommes ont souvent plusieurs foyers ; où les enfants s’adressent la plupart du temps à leurs mamans pour les besoins usuelles : manger, acheter les derniers cahiers, prendre l’argent de petit déjeuner car, pour la plupart du temps, le ‘‘zombie’’ qui vit dans la maison et qui s’appelle papa n’est évidemment jamais là le matin lorsque les enfants se lèvent pour partir ; le soir lorsqu’ils reviennent de l’école. Il ne va presque jamais à l’école des enfants pour assister aux réunions des parents : Quoi : il est toujours occupé !
En même temps, et c’est cela qui est important, la femme est la maîtresse de maison : Tant que cette poutre maîtresse reste debout, subit les assauts des tempêtes et des innombrables ouragans de la vie sociale ; tant qu’elle parvient à comprendre que vivre ensemble avec certains hommes vous condamne à un certain moment à vivre pour et avec ses enfants tandis que le plus grand de ces enfants i.e. son mari pense que son bonheur est partout sauf à la maison…
En réalité, je ne parle pas de cette grande partie de ces femmes citadines soit disant émancipées qui ont trouvé d’autres parades à cette situation en démissionnant très tôt du foyer conjugal et en perdant toute dignité, vendant pensent-elles, chèrement leurs peaux. Mais, en vérité, les torts sont partagés.
Je pense plutôt à ces innombrables femmes des classes moyennes, sinon précaires qui sont autant dans nos villes et nos villages, qui savent initier un commerce de vente de gari et d’arachides, de divers, «d’atchouta», de poissons frits, de beignets divers pour payer l’écolage de leurs enfants qui sont dans l’école publique à la merci de soi-disant enseignants qui, pour la plupart, ont leurs enfants dans le privé. Evidemment, ça permet de mieux bâcler les cours et de faire autant de grèves !
Dans ce monde où ces femmes tiennent la popote à coup de sauce de crin-crin, la toute puissance de la rupture est passée par là : on a tout rasé ! on a remis la plupart de ces petites bonnes femmes qui tiennent les familles et paient l’écolage des enfants obligés d’aller à l’école publique, non pas dans les vons mais simplement à la maison. Et c’est pourquoi, pour ces femmes, pour cette humble humanité qui souffre, qui ne vit plus et qui n’a que l’alternative de DIEU ou de la prostitution, il faut inverser les rôles : il faut décréter la journée des hommes et laisser le reste de l’année à ces braves dames pour continuer à éduquer nos enfants.
Mais que c’est dur la quotidienneté de ces femmes utiles ! Que c’est dur de revenir toute fatiguée avant de donner à manger aux enfants et de leur demander d’apprendre leurs leçons. Mais DIEU est grand : notre pays rasé, écrasé par la compétence et la bonne conscience est propre et si ces femmes pouvaient parler, elles diront : AVE CESAR, CELLES QUI VONT MOURIR TE SALUENT.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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