Change-moi la lame !

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J’écris généralement trois types de chroniques : la première, la plus difficile est celle qui cherche à faire de la prospective. Cela signifie que je voudrais attirer l’attention et analyser une situation qui n’a pas nécessairement de solution à court terme. Et pourtant, c’est de cette prospective que sortent les idées qui dirigent le monde. Ainsi, quand se pose le problème de refaire notre histoire et sortir de la falsification culturelle. Ceux qui lisent ces théories refusent de s’investir, ne serait-ce que par une initiative : Ils ne croient pas en eux même, car si insignifiants ! Ce qui n’est pas vrai !
Le deuxième, c’est l’intérêt porté à un problème éducatif qui nous interpelle et que nous voulons résoudre avec un peu d’effort. C’est généralement, une recherche-action. Même là, ce n’est pas évident car le formatage imposé à nos techniciens les empêche de sortir d’un certain canevas. Ainsi, lorsqu’on évoque la possibilité de revoir nos programmes d’études, beaucoup de pédagogues pensent avec une quasi conviction que cela n’est pas possible à court terme. Et pourtant, les problèmes sont nombreux. Reconnaissons qu’on réfléchit beaucoup mais sans casser le plafond de verre qui nous empêche de mieux avancer. L’ETFP par exemple est une belle initiative en cours mais que de défis : beaucoup d’expériences pas réussies depuis quelques décennies ; une confiance ombilicale aux spécialistes étrangers dans l’approche et le financement ; une ambition énorme ! Et surtout, le plus fantastique, la même initiative est dupliquée dans plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne. Et c’est cette uniformisation qui questionne.
Avant de revenir à cela, je voudrais rappeler le troisième type de chronique qui est souvent une sorte d’introspection où un sujet est mis en scène et étale ses états d’âme. Cette vision intimiste exhale souvent un mal être et surtout « un piège sans fin ».
Le problème qui m’interpelle ici est celui de l’uniformisation et de la duplication. Il s’agit de lui appliquer une vision prospective. Il est clair que l’on répète les mêmes choses et les mêmes initiatives dans les pays africains au sud du Sahara. Je voudrais constater et juste comprendre pourquoi ?
Lorsqu’on examine cette situation, on se rend compte que les groupes d’influence ont déjà su orienter et canaliser la plupart des sociétés occidentales qui font exactement ce qu’on leur dit avec une certitude béate qu’ils sont des races heureuse et supérieure. Ces peuples occidentaux abrutis qui ont complétement une fausse conscience d’eux-mêmes, s’accrochent à n’importe quel idéal sauf à l’essentiel ! Ce sont des êtres qui n’ont plus de sens ni de conscience. Je ne juge pas ; je constate et malheureusement vous ne me croyez pas !
Nous vivons la même chose autrement en Afrique subsaharienne. Nous sommes un peuple pluriel et multiforme avec des spécificités relevant de nos cultures. C’est vrai ; on nous a endormi et exploité mais nous résistons plus, actuellement. Partout en Afrique subsaharienne, on répète les mêmes théories, expériences ou idéologies. Les exemples sont légion. Commençons par celle qui est en cours un peu partout actuellement. Deux semaines pour lutter contre les violences faites aux femmes. Ceci se passe actuellement dans la plupart des pays francophones ! La promotion de l’ETFP est autant partagée au Niger qu’au Sénégal, au Togo. Idem pour la mise en place d’instituts de la femme. De la même façon, l’homosexualité à connu une promotion dans les mêmes zones. Maintenant, contrairement, à ce que la majorité pense, elle a aujourd’hui pignon sur rue avec la plupart des institutions étrangères de nos pays qui financent les activités.
La liste est très longue. Pourquoi cette duplication et cette uniformisation dans des sociétés qui ont des spécificités. Cela ne nous permet pas de réfléchir pour initier des projets plus spécifiques et plus constructifs pour nos sociétés. On propose ou impose une initiative qui a été pensée ailleurs. On l’accompagne d’une cagnotte insuffisante avec à l’appui, la nécessité d’écrire pendant une bonne période des documents illisibles qui doivent être absolument validés par des consultants étrangers. C’est vrai que cela participe de la qualité mais, c’est évident : depuis les indépendances, cela ne marche pas ! Changeons la lame !
Maintenant, la plupart des lecteurs vont poser la question de savoir comment ? Quelle est la solution magique du chroniqueur pour sortir de cette cache misère ! C’est ensemble et seulement ensemble que nous ferons le saut vers notre véritable histoire.

Maoudi Comlanvi JOHNSON,
Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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