Circonscription Scolaire de Cotonou 2 : 16 écoles cambriolées de 2016 à ce jour

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Des cambrioleurs ont pris d’assaut des écoles maternelles et primaires logées dans la Circonscription Scolaire de Cotonou 2. Depuis 2016, ces hors la loi ont emporté d’importants articles de 16 écoles de la maternelle et du primaire.

L’insécurité est grandissante dans les écoles qui sont sous la juridiction de l’inspecteur Dodji Azondjèdo, le chef de la Circonscription Scolaire de Cotonou 2. Le cambriolage d’écoles maternelles comme primaires s’est banalisé à Akpakpa, depuis l’année 2016. Selon nos investigations, des cambriolages ont visé 16 écoles maternelles et primaires de 2016 à 2024.
Nous sommes le jeudi 21 mars 2024, à l’École Maternelle Publique (EMP) N’vènamédé, dans le 1er arrondissement de Cotonou. Cette école de 4 sections est dirigée par Edwige Adandé Kinti, épouse Sagbohan. Dotée d’une clôture qui est, cependant, très basse, l’école est visitée dans la nuit du mercredi 22 novembre 2023, par des voleurs. Matériels emportés : les robinets. « Nous avons constaté le vol des robinets de 5 dispositifs de lavage des mains, le jeudi 23 novembre 2023. C’est donc dans la nuit du mercredi 22 novembre que les voleurs ont opéré. J’ai fait le constat à mon arrivée à l’école. Ils ont défoncé les seaux qui sont vraiment irrécupérables », fait savoir Edwige Adandé Kinti, nommée directrice de l’EMP N’vènamédé en 2016. Elle n’est plus tranquille depuis le constat de ces vols dans son école. « Nous avons remarqué du sang dans les plastiques. C’est tout comme s’ils ont eu du mal à défoncer les robinets. Ils se sont blessés parce qu’ils ont forcé les robinets. Nous avons aussi vu des traces de pieds », précise-t-elle avant d’ajouter qu’elle ne dort plus correctement la nuit à la maison.
Cap est mis sur l’EMP Suru-Léré, toujours dans le 1er arrondissement de Cotonou. Vénise Falola Djogbénou dirige l’établissement. Comme à l’EMP N’vènamédé, les voleurs ont arraché les robinets du dispositif de lavage des mains. Mieux, ils ont défoncé le compteur de la SONEB et le robinet, empêchant ainsi les usagers de cette école de s’en servir. Dans les écoles primaires publiques, les larrons s’offrent aussi le même plaisir. C’est le cas de l’École Primaire Publique (EPP) Gankpodo.

EPP Gankpodo, des vols estimés à 354 000 FCFA

Le cambriolage est devenu une tradition à l’EPP Gankpodo, logée dans le 2e arrondissement de Cotonou. Nous sommes toujours le jeudi 21 mars 2024. Il est 10h08 minutes, c’est la recréation. Ici, les écoliers sont dans la cour de l’école. Rufin Godfroy Akpata est le directeur de ce lieu de savoir. Il nous déclare : « J’ai constaté que mon bureau a été cambriolé, le 21 novembre 2021. Pratiquement dans la même période, en septembre lors de la pré-rentrée 2022-2023, j’ai remarqué que les classes ont été démunies de leur installation électrique pour la première fois. » Persévérant dans leur sale besogne, les coupables ne se sont pas arrêtés là. Ils sont revenus à la charge une semaine après. Selon le directeur, ils ont défoncé la porte en fer de son bureau, emportant ainsi 35 décodables de Cours Préparatoires, 56 cahiers d’activité de français, une somme de 64 500F cfa destinée aux frais de dossiers pour le Certificat d’Etudes Primaires (CEP) et son enveloppe personnelle. « Quand j’ai fait l’estimation de tout ce qui avait été volé, cela avoisine 354 000F cfa », déduit-il. Cette année scolaire 2023-2024, les désœuvrés ont encore fait parler d’eux en commettant un autre forfait. « Récemment encore, du retour des congés de détente, en début du mois de mars, j’ai constaté qu’ils sont venus enlever deux robinets de l’installation de la SONEB », affirme Rufin Godfroy Akpata arguant que : « Cela pose le problème de gardien dans nos écoles ». Le reporter de Educ’Action a rallié le Complexe Scolaire Akpakpa-Centre non loin de la Circonscription Scolaire de Cotonou 2.

Un dommage approximatif de 2.500.000 F à l’EPP Akpakpa-Centre/D

2 500 000 Fcfa. C’est le dommage approximatif créé par les cambrioleurs au regard de l’estimation financière faite par Jean Djohoun, le directeur de l’Ecole Primaire Publique Akpakpa-Centre groupe D. A l’exemple des écoles citées plus haut, le groupe D du Complexe Scolaire Akpakpa-Centre est victime du vol. « Nous avons été cambriolés le 13 janvier 2023. Tout ce qui est en fer dans le hall a été ramassé. Ils ont pris une mallette pédagogique, une bouteille à gaz, le brasseur de mon bureau. C’était pour la première fois », constate le directeur Jean Djohoun. Mais c’était loin d’être la dernière fois. La même scène se reproduit très vite. Les cambrioleurs ont rallié à nouveau le même groupe. Cette fois-ci, les conséquences de leur passage sont bien lourdes. « Ils sont revenus pour défoncer la fenêtre de mon bureau pour y avoir accès. Ils ont emporté l’ordinateur portatif, des ouvrages pédagogiques que sont 13 manuels de français, 12 manuels de mathématiques de CP, des guides de français », indique le directeur du groupe D. Un tour dans les classes, nous avons constaté des douilles sans ampoules et des armoires vidées. « Même dans les classes, ils ont enlevé 18 ampoules d’éclairage, 19 boîtes de couture pour enfant etc. » Ce qui est encore plus grave, précise le directeur, ils se sont rendus dans le bâtiment en construction pour ramasser des barres de fer.

La démarche des directeurs couplée à leur cri de cœur

Le dénominateur commun de ces écoles que nous avons sillonnées est le défaut d’un service de gardiennage. Le gardien occasionnel du Complexe Scolaire Akpakpa-centre n’arrive pas à sécuriser les lieux. Et pour cause, cette école est vaste au point où une seule personne ne peut veiller sur les biens et les matériels de ce lieu de savoir. Les directeurs et directrices, après constat des articles et matériels emportés, n’ont pas manqué de mener des démarches. « Quand j’ai constaté les faits, ma première réaction a été de convoquer le bureau APE et tout le personnel jusqu’aux vendeuses de la cantine. J’ai appelé le commissaire du 2e arrondissement. Nous avons envoyé plusieurs fois les rapports à la mairie. Le chef du deuxième arrondissement est informé régulièrement, de même que le commissaire », notifie Rufin Godfroy Akpata. Aussi plaide-t-il pour que chaque école soit dotée d’un gardien. Même plaidoirie du côté de Jean Djohoun, le directeur de l’EPP Akpakpa-Centre/D qui soutient qu’il faut des gardiens pour leur complexe. « J’ai déposé une plainte au commissariat, j’ai aussi fait le compte-rendu au chef de la Circonscription Scolaire de Cotonou 2. Je l’ai également envoyé au chef du 1er arrondissement de Ladji, ainsi qu’au maire de Cotonou », dira, pour sa part, Edwige Adandé Kinti, la directrice de l’EMP N’vènamédé. Le silence des autorités éducatives et communales devient inquiétant malgré les courriers adressés à leur endroit pour restaurer la quiétude dans les écoles.

Enock GUIDJIME

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