Cours d’Histoire-géographie au Secondaire : La dominance de l’histoire étrangère relevée

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L’histoire-géographie est une matière dispensée dans l’enseignement secondaire à travers plusieurs notions indispensables pour la culture générale des apprenants. Seulement, l’enseignement de cette matière est confronté à quelques faiblesses qui entravent son bon déroulement.

Permettre à l’apprenant d’avoir une connaissance, un bagage intellectuel conséquent sur l’histoire de son pays de même que sur l’histoire et la géographie des autres pays. C’est tout l’intérêt que visent les autorités éducatives en inscrivant au programme, la discipline qui est l’Histoire et la Géographie. Pour atteindre cet objectif rappelé par l’enseignant d’Histoire-Géographie, Mathias Fitchito Dossa, plusieurs notions sont abordées et enseignées aux apprenants. Ces notions varient selon le niveau d’étude de ce dernier. Présentes dans tous les cycles de l’enseignement mais à des degrés différents, l’Histoire et la Géographie sont plus approfondies dans l’enseignement secondaire.
Au CM1 et au CM2, Bignon a été peu ou prou habituée à l’histoire des royaumes d’Afrique, en particulier ceux du Bénin à savoir le royaume de Hogbonou, de Djougou, de Parakou, de Danhomey, d’Allada, etc. Désormais collégienne depuis cette année scolaire 2023-2024, Bignon rencontre d’autres notions en classe de 6e. « Dans notre première Situation d’Apprentissage (SA) en histoire, notre professeur nous a parlé des hommes préhistoriques », renseigne la nouvelle collégienne qui ira dorénavant de notion en notion jusqu’en Terminale.

Tout pour faciliter la connaissance de l’histoire des pays ainsi que leur situation géographique

Dans l’après-midi du vendredi 3 novembre 2023, l’enseignant d’Histoire et Géographie, Mathias Fitchito Dossa vient de dispenser son dernier cours de la semaine. Malmené par toute la fatigue accumulée au cours de cette semaine qui va doucement à sa fin, l’enseignant vêtu d’une chemise blanche bien repassée, a, malgré tout, trouvé la force de parler de cette matière dont il est passionné. Ses premiers mots attestent que très peu d’apprenants ont de difficultés dans la compréhension de cette matière qu’est l’Histoire-géographie. Plusieurs le témoigneront d’ailleurs. « L’Histoire-géographie, ce sont des leçons. Donc si un élève apprend au jour le jour ses leçons, il n’y a pas de raison pour qu’il ne s’en sorte pas », a dit Christophe, élève en 2nde A. Un parent d’élève interrogé un peu plus tôt sur cette matière, dira : « Je peux comprendre que mon enfant ait des difficultés en maths et en PCT étant donné que ce sont des matières scientifiques avec des formules plus ou moins denses. Mais en Histoire et géographie, c’est impossible. Cela veut dire qu’il n’apprend pas ses leçons », dira le parent d’élève.
Apprendre ses leçons, signifie pour l’apprenant d’assimiler les différentes notions apprises en classe. Abordant ces notions, Mathias Fitchito Dossa a énuméré celles développées dans chaque classe au secondaire. Pêle-mêle, on retient qu’en histoire, de la 6e en Terminale, les apprenants sont instruits sur la Préhistoire ; la Religion ; la civilisation égyptienne ; les organisations économiques et politiques des empires en Afrique de l’Ouest : cas du Ghana ; la traite transatlantique ; la découverte de l’Amérique ; les droits de l’homme, les génocides ; l’évolution du mouvement ouvrier avec les découvertes et inventions ; l’impérialisme ; la CEDEAO ; les moyens et méthodes d’études en histoire africaine ; la résolution de la 1re guerre mondiale de 1919 à 1939 ; l’histoire du monde de 1939 à nos jours ; l’organisation d’un pays à économie dominée : cas du Bénin ; l’organisation d’un pays à économie dominante : cas des Etats unis ou du Japon ; la décolonisation en Afrique : cas du Dahomey ; la Chine et le Brésil. En géographie, il s’agit pour les apprenants de découvrir le milieu de vie ; l’importance économique des milieux intertropicaux ; les milieux tempérés ; les climats : importance et richesse ; la démographie au Bénin ; méthode et moyen d’étude en géographie ; pour ne citer que ces notions.

L’insuffisance de l’histoire du Bénin déplorée

Ils sont nombreux à regretter le fait que les programmes d’histoire tels que conçus font plus de place aux histoires des autres pays qu’à celle du Bénin. L’enseignant d’histoire et géographie fait d’ailleurs partie de ces personnes. « Oui je confirme et je fais partie de ceux qui pensent que l’histoire du Bénin n’est pas assez développée, parce que dans la majorité des classes de 6e en Terminale, il n’y a qu’une seule SA qui soit réellement consacrée au Bénin », regrette l’enseignant. Ce dernier aurait souhaité que les histoires sur les royaumes de Dahomey, d’Allada, de Parakou, de Nikki, de Djougou et autres soient approfondies au secondaire pour que les apprenants soient bien imprégnés de leur propre histoire avant celle des autres. « Bon on nous dit que l’histoire des autres pays nous pousse à prendre l’exemple sur ces derniers pour nous développer mais ce n’est pas une raison convaincante à mon niveau. », estime l’enseignant Fitchito Dossa.

Difficultés liées au manque de matériels et insuffisance de quota horaire

L’enseignement de l’Histoire-géographie ne se fait pas sans difficultés dans les établissements secondaires. Enseignant depuis des années, Mathias Fitchito Dossa a eu le temps de noter quelques difficultés qui entravent le bon déroulement des cours. « Le quota horaire affecté à cette matière est vraiment insuffisant. Ce sont des heures émiettées », a fait savoir l’enseignant avec des exemples à l’appui. Comme exemple, le plus palpable, l’enseignant renseigne que pendant que les apprenants des séries D ont 8 heures de cours en SVT comme matière principale, ceux des séries littéraires ayant l’Histoire-géographie comme matière principale en sont à 5 heures de temps par semaine. Ce qui réduit considérablement le temps de travail, d’explication et d’exercice. En plus du quota horaire, le matériel didactique fait défaut. « Qui dit histoire-géographie, dit matériels didactiques à savoir les documents, les cartes schématiques, les globes terrestres. Mais force est de constater que nous sommes dans des établissements où on n’a pas toujours toutes ces choses à notre disposition », a exposé l’enseignant. Le fait d’interdire aux enseignants d’imposer quelques documents que ce soit aux apprenants est l’autre difficulté que rencontrent les enseignants. Car, sans support, martèle l’enseignant, l’apprenant ne peut pas vraiment réussir dans une matière.
De leur côté, les apprenants sont confrontés à des difficultés comme par exemple, l’incapacité à se procurer de photocopies, parfois même des cahiers de cours. Autre chose, les apprenants des séries scientifiques banalisent cette matière prétextant que c’est une matière secondaire.

Un changement des programmes s’impose

Pour améliorer l’enseignement de l’histoire et géographie dans les établissements secondaires, il est important de revoir le programme. C’est le point de vue de l’enseignant Mathias qui invite les inspecteurs à une relecture des notions afin d’y insérer davantage des notions typiquement liées au Bénin. « Il est vrai qu’on a besoin des notions des autres pays mais je souhaite qu’on y mette plus d’accent sur le Bénin, parce qu’il faut bien connaître son histoire avant de chercher à connaître celle des autres », implore l’enseignant qui insiste également sur l’aspect du quota horaire. Il exhorte donc les inspecteurs à revoir également le quota horaire attribué à cette discipline pour donner la même chance à tous les apprenants. Aussi, pense-t-il, il faudrait que le gouvernement fasse l’effort de doter réellement les établissements de matériels didactiques ainsi que de bibliothèque numérique surtout pour permettre aux apprenants de faire des recherches.

Réalisation : Estelle DJIGRI

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