Devenir médecin : Le seul métier à l’université qui nécessite de longues et passionnantes études

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Parmi les corps de métiers qui existent au Bénin et ailleurs, il y a un qui s’occupe notamment de l’espèce humaine au plan sanitaire. Comme science, la médecine s’éclate en plusieurs composantes appelées disciplines ou spécialités. Gildas AGODOKPESSI est médecin spécialiste des maladies respiratoires. Il est par ailleurs enseignant de pneumotisologie à la Faculté des Sciences de la Santé. Avec lui, allons à la découverte de la médecine et de ses entrailles.

Educ’Action : Comment définir la médecine ?

Dr Gildas AGODOKPESSI : la médecine, c’est tout simplement une science dont le but est de soigner, de porter des soins à la personne malade mais également de prévenir toutes les maladies qui peuvent survenir à l’homme.

Qui peut devenir médecin ?
Bien évidemment pour devenir médecin, il faut déjà avoir un certain parcours scolaire et ensuite, il faut avoir la volonté et troisièmement, on peut être également médecin sans exercer. Donc, il faut avoir une certaine vocation pour faire le travail. Revenons à présent sur chacun des éléments. Le premier élément, le parcours. Idéalement, il faut faire un Bac scientifique, ailleurs on parle de Bas S, ici c’est le Bac D, c’est le Bac C. il faut avoir fait des sciences naturelles, beaucoup de biologie, beaucoup de physiques et de chimie, contrairement à ce que les gens pensent. Et après un Bac scientifique, il faut aller dans une faculté de médecine pour sortir médecin. De mon temps, c’était un concours mais actuellement, il y a une sélection qui se fait en tenant compte des moyennes obtenues au Bac. Et ce sont les plus méritants sur la liste qui vont en Fac de médecine. Bien évidemment, il y a également la voie des tests au niveau des écoles où ceux qui ont les moyens pour payer leur formation vont s’inscrire et passent aussi un test pour y entrer. Le parcours, il est de sept (07) ans avec un certain minimum d’exigences parce que là, c’est pratiquement le seul métier à l’université où on met autant de temps pour avoir un produit fini de qualité. Donc ça nécessite beaucoup d’endurance au travail.

Quelles sont les écoles de formation en médecine qu’il existe au Bénin ?
Au Bénin, il y a plusieurs écoles de formation en médecine. Il y a la faculté de médecine de Cotonou qui existe et qui est créée depuis 1971. Les premiers médecins sont sortis en 1978, 1979. Il y a depuis 2001, la faculté de médecine de Parakou qui forme les médecins de la première année jusqu’à l’obtention du doctorat. Et il y a également la faculté de médecine de Porto-Novo qui est créée, il y a deux ans mais qui a un régime un peu particulier parce que là, la première promotion a commencé à partir de la cinquième année et qui va descendre progressivement jusqu’à la première année. Donc nous avons trois grandes facultés de médecine qui existent au Bénin et qui forment les médecins.

Pourquoi l’Etat n’étend pas la formation des médecins au secteur privé ? Y a-t-il une raison particulière à ça ? Si oui, laquelle ?
Je crois que la raison la plus évidente qui est là, c’est que quand on forme un médecin, on lui donne une capacité à soigner. Et dans cette capacité à soigner, il y a une conséquence bien évidente : la vie ou la mort. Autrement dit, il s’agit de mettre un pouvoir dans les mains de quelqu’un dont la finalité sera de décider du choix de vie ou de mort de quelqu’un. Donc vous comprenez qu’il faut l’encadrer de toutes les précautions. Deuxièmement, je crois que dans notre pays, peut-être que c’est parce qu’on n’a pas encore un certain privé assez développé parce qu’il s’agit là de formation à la fois théorique et pratique. Donc ça suppose qu’après avoir reçu un certain nombre de formations théoriques, que les gens aient un terrain d’application. Or la plupart du temps, il n’y a pas encore de structures privées dignes de ce nom qui puissent les accueillir. C’est sûr que les gens travaillent certainement dans l’ombre et dans quelques années à l’instar d’autres pays, nous allons avoir peut-être des privés qui forment mais là ce sera toujours sous la guidance des autorités au niveau sanitaire.

Combien d’années faut-il après les sept années rigoureuses de formation pour aller à la spécialisation en ce qui concerne d’abord les maladies respiratoires dont vous en êtes spécialiste, ensuite pour les autres composantes de la médecine ?
Effectivement quand on finit les sept ans de médecine, il faut aller à la spécialisation. Mais là aussi, la tendance est à la réflexion pour la globalisation dans le cadre du système LMD. La médecine n’obéissait pas à ce système-là. Mais dans ce cadre, une réflexion est en cours pour voir si on ne pourrait pas faire huit ans pour un certain nombre de raisons qui sont propres à l’enseignement de médecine. Après les sept années en médecine pour le moment, vous sortez médecin généraliste. Donc vous êtes un praticien de santé. Vous avez une vue globale sur tout. Mais vous comprenez, le corps humain est assez complexe. Et la précision fait qu’il faut choisir un domaine de spécialité dans lequel vous êtes très pointu où vous donnez des soins spécialisés. Donc la durée moyenne des spécialisations varie de deux ans à cinq ans en général. Il y a des spécialités qu’on fait en deux ans mais la plupart des spécialités qui concerne les spécialités cliniques c’est-à-dire pour soigner directement les gens durent en moyenne quatre à cinq ans. Donc au bout des sept années, vous entrez encore, on vous forme. C’est généralement une formation aussi bien théorique mais également par compagnonnage aux côtés des experts dans le domaine et vous acquerrez également des compétences qui vont vous permettre de soigner les gens. Donc les spécialités en général durent quatre à cinq ans et vous permettent d’être plus spécialistes. Donc au départ vous êtes généralistes, vous soignez un peu de tout mais quand vous avez choisi d’être spécialiste des maladies respiratoires, vous êtes plus pointilleux. Pour mon cas, mes études de spécialité ont duré quatre ans. J’ai fait ma médecine de base à la faculté de médecine de Cotonou. Mais pour ma spécialisation, les maladies respiratoires n’existant pas à Cotonou, j’ai dû sortir de Cotonou pour aller par exemple à Dakar où j’ai fait ma formation de spécialité.

Toutes les trois facultés de médecine au Bénin forment-elles en spécialisation ou faut-il toujours sortir de Cotonou ?
Concernant les trois facultés, il y a celle de Parakou qui est la jeune faculté qui ne forme pas encore en spécialité, ni moins celle de Porto-Novo qui est née plus récemment. Mais la faculté de médecine de Cotonou forme en spécialité. Et je crois qu’il y a une vingtaine de spécialités qui se font sur place. Mais pour les autres spécialités qui ne sont pas disponibles, il faut aller à l’étranger. C’était le cas par exemple dans mon cas, des maladies respiratoires. Mais il y a un certain nombre de spécialités par exemple la chirurgie viscérale, la chirurgie orthopédique, la médecine interne, la neurologie, la santé publique… qui se font sur place. Mais pour les autres où on n’a pas de compétences ou le plateau technique pour le faire, il faut aller forcément à l’étranger pour le faire.

Un message à l’adresse de tous les jeunes qui caressent de devenir un jour médecin ou médecin spécialiste ?
Pour moi en tout cas, c’est peut-être le plus beau métier parce que j’y suis. Je les invite. Mais bien évidemment, il faut savoir que c’est un métier dont l’apprentissage exige beaucoup de sacrifice. Et comme on le dit, c’est des études longues. Donc il ne faut pas avoir peur. Mais généralement quand on est conscient et consciencieux, et qu’on a envie de le faire et comme je le disais quand on a un certain nombre de pré requis, notamment des études secondaires avec un Bac scientifique, et qu’on arrive à décrocher l’inscription, cela se passe généralement bien et c’est quand même un métier assez passionnant puisque tous les jours, vous apprenez.

Propos recueillis par Romuald D. LOGBO

 

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