Dodji Mahouignito Djehouty Olou, astrobiologiste et philosophe : « Il faut un système éducatif qui favorise la créativité et l’innovation à tous les niveaux »

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Le Bénin a son monsieur fusée ! Il s’appelle Dodji Mahouignito Djehouty Olou. Docteur en astrobiologie et philosophie, il est auteur de 189 ouvrages pluridisciplinaires, de deux découvertes de formules mathématiques de décompositions et de divisions nommées Olou 1 et Olou 2, reconnues et juridiquement protégées sous le numéro EN1258965. Aujourd’hui, Educ’Action vous envoie à la découverte d’un chercheur passionné et investi dans l’aéronautique, préoccupé par la renaissance africaine sous toutes ses formes.

Educ’Action : Un Béninois dans l’aéronautique, comment en êtes-vous arrivez là ?

Dodji Mahouignito Djehouty Olou : Je suis dans l’aéronautique depuis 2010. J’ai, pendant une dizaine d’années, mené des recherches sous la direction de Florence Raulin Cerceau, maître de Conférences, docteure en Astronomie et techniques spatiales au Muséum d’histoire naturelle de Paris, et de Gervais Kissezounon, maître de Conférences lui aussi et philosophe des sciences à l’université d’Abomey-Calavi au Bénin. Je suis auteur de « Panspermie et théories de la pluralité des mondes », thèse de doctorat pluridisciplinaire de philosophie et d’exo/astrobiologie doublement soutenue à l’Université d’Abomey-Calavi.
L’astrobiologie ou l’exobiologie étudie la taille des planètes, leurs compositions chimiques, leurs distances par rapport à leurs étoiles afin d’estimer la possibilité de survie d’un organisme vivant sur une planète autre que la terre. L’exobiologie (ou Astrobiologie) est une science qui étudie la vie dans l’univers, les conditions et les processus qui ont permis l’émergence du vivant sur notre planète, et ont pu ou pourraient le permettre ailleurs.

Quels sont vos résultats, vos réalisations aujourd’hui en matière d’aéronautique ?

À ce jour, j’ai effectué environ 50 essais de propulsion de fusées pouvant potentiellement être des missiles sans compter ceux liés aux fusées pneumatiques. Sur mon mur, les images et vidéos révèlent une constante amélioration dans les essais, des plus récents aux premiers. J’accompagne mes publications souvent de véritables cours de technologies militaires. Les missiles et fusées ne sont plus des mythes pour mes étudiants ou internautes. Leur secret, structure, fonctionnement.
Mon premier objectif est de sensibiliser la jeunesse africaine à ces technologies, notamment dans les écoles. Voilà pourquoi, j’ai organisé le 26 juillet 2023 un atelier d’aéronautique pour des jeunes de 7 à 15 ans dont le but est la découverte et la fabrication des fusées hydropneumatiques, qui fonctionnent à base d’eau et d’air. Je m’intéresse aussi à la fabrication des drones.Tout comme pour les technologies des télescopes, des missiles et des fusées, je compte encore aller beaucoup plus loin afin de développer des drones sécuritaires, agricoles et qui pourraient également s’adapter à d’autres domaines encore inexplorés. Il est vrai que cela exige un certain financement mais ma détermination est grande.

Avec ces expériences, quels regards portez-vous sur l’état de la science au Bénin ?

Il serait plus juste de parler de renaissance scientifique plutôt que de développement scientifique, car pour l’Afrique, il s’agit plutôt pour elle de retrouver sa puissance scientifique d’autrefois. À une époque où tous les autres peuples vivaient encore dans la barbarie, l’Afrique rayonnait dans l’innovation. À l’époque où nos ancêtres bâtissaient des pyramides, des temples et des châteaux-forts, les indo-européens vivaient encore dans des grottes. C’est ce que démontre la science actuelle. Les travaux des savants Cheikh Anta Diop, Kalala Omotunde ou encore du Sesh Coovi Rekhmirė l’ont clairement attesté. Maintenant, pour ce qui concerne la renaissance scientifique particulièrement au Bénin, il faut dire qu’elle demeure encore très timide car le système éducatif actuellement en place favorise difficilement l’innovation et la mise en valeur de nos jeunes talents. Il est donc nécessaire de revenir à un système éducatif qui favorise beaucoup plus la créativité et l’innovation à tous les niveaux.

Est-ce à dire que l’Afrique a une histoire en matière d’aéronautique ?

L’Afrique est le berceau de l’aéronautique. Les idéologues et pseudo-historiens occidentaux ont leur version falsifiée de l’histoire. Nous, historiens panafricains, avons la nôtre basée sur des preuves concrètes et non des spéculations idéologiques. La notion d’avion n’est pas une invention contemporaine. Elle fut inventée en Afrique dans la vallée nubienne et égyptienne du Nil à l’époque pharaonique. Cette maquette qui se trouverait aujourd’hui au musée de la NASA a été découverte dans une tombe en 1898 à Saqqarah en Egypte. C’est un objet ailé daté de 200 ans avant Jésus Christ. Les études en 1969 du Dr Khalil Messiha ont clairement montré qu’elle a une forme aérodynamique comparable à nos planeurs modernes : une queue verticale et non horizontale, avec comme inscription « don d’Amon, le dieu du vent ». Il pèse 39 grammes, fait 14 centimètres de longueur pour 18 cm d’envergure. Ses ailes sont en dièdre inverse ce qui procure une grande stabilité en vol et est parfaitement centré car son centre de gravité se situe au tiers de la corde de l’aile. Cette maquette d’avion peut donc voler comme l’ont démontré les répliques en balsa qui ont été faites. Cet objet est maintenant étiqueté comme maquette d’avion. On voit bien dans la réalité un hélicoptère dans le temple d’Abydos (construit par Séthi 1er. On est en plein dans l’Égypte ‘‘classique’’, Séthi étant le père de Ramsès II).

Avez-vous des preuves, des témoignages de cette vision historico-scientifique de l’Afrique ?

L’Afrique est le berceau des sciences. Voici quelques témoignages grecs concernant l’éducation des savants grecs en Afrique. Plutarque dans Traité d’Isis et d’Osiris (Sand, Paris, 1995, 34) affirme : « C’est, pense-t-on, pour l’avoir appris des Egyptiens, qu’Homère et Thalès posaient l’eau comme le principe et l’origine de toutes choses ». Dans La géométrie avec les yeux (2017, p.99, Plutarque, Solon, 2), Yvo Jacquier, cite Plutarque : « Thalès, à ce qu’on prétend, et Hippocrate de Chios, le mathématicien, ont fait du commerce ; et Platon couvrit ses frais de voyage en vendant de l’huile en Egypte ».
Diogène Laërce, cité par G. Colli dans La sagesse grecque, volume II, traduit par P. Gabellone et M. Lorimy (édition de L’éclat, Paris, 1991, p.125) souligne : « Il (Thalès de Milet) n’eut point de maître, excepté le fait que lors de son séjour en Egypte, il vécut auprès des prêtres. » Proclus dans son Commentaire sur le premier livre des Eléments d’Euclidedit : « De même, est-ce chez les Egyptiens que fut inventée la géométrie. Thalès fut le premier Grec à rapporter d’Egypte cette matière à spéculation. » (Paul ver Eecke, Desclée de Brouwer, Bruges, 1948, 65 11).
Isocrate dans Busiris : « Pythagore de Samos, venu en Egypte et s’étant fait le disciple des gens de là-bas, fut le premier à rapporter en Grèce toute philosophie. » A propos de Pythagore, Diodore de Sicile écrivait dans Bibliothèque historique : « Pythagore a appris des Egyptiens sa doctrine sur la parole sacrée, la géométrie, les nombres et aussi la transmission de l’âme qui passe en toute espèce animale. » (Hachette, Paris, 2014, livre 1). Plutarque écrit : « On dit qu’Eudoxe fut instruit par Conuphis de Memphis, Solon par Sonchis de Saïs, Pythagore par Eunuphis l’Héliopolitain ». (Traité sur Isis et Osiris, Sand, Paris, 1995). Jamblique aussi écrit : « Pythagore acquit en Egypte la science pour laquelle on le considère en général comme savant. » (Vie de Pythagore, éd. Les belles lettres, Paris, 1996). « Aussi, l’Égypte a-t-elle été le berceau des arts mathématiques », affirme Aristote dans Métaphysique. Et Hérodote dans Enquêtes dit : « C’est à mon avis en Égypte qu’est née la géométrie et c’est de là qu’elle vint en Grèce. » Homère dans L’Yliade indique : « Zeus, accompagné du cortège des dieux dans la sainte Éthiopie reçoit les prières car les prières des éthiopiens sont réputées être de tout temps les plus agréables aux dieux de l’Olympe. »

Quel est votre mot de la fin ?

C’est dire que l’Afrique fut longtemps la première puissance dans tous les domaines. Elle doit aujourd’hui retrouver sa place et sortir de son dogmatisme religieux qui a résulté de notre colonisation culturelle. La culture africaine est profondément scientifique, nous disait le grand savant Kalala Omotunde à la suite de l’immense savant Cheikh Anta Diop qui nous invitait déjà à être armés de science jusqu’aux dents. J’invite la jeunesse africaine à s’armer de science car seule la science libérera notre continent. C’est en Afrique que tout a commencé (physique, chimie, mathématiques, philosophie, astronomie, biologie, architecture ou encore médecine).

Propos recueillis par Adjéi KPONON

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