Dr Henry Tchokponhoué, à propos de la gestion de l’IUT Parakou : « En moins de trois ans, nous avons doté l’institut d’un bloc administratif »

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Créé la même année que la deuxième université pluridisciplinaire du Bénin, l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de l’Université de Parakou compte environ six cent (600) apprenants. Il est dirigé par Dr Henry A. Tchokponhoué qui entend apporter des innovations dans la gestion de l’établissement de formation professionnelle pour faire face aux défis de l’employabilité des jeunes. A sa rencontre, ce jeudi 17 mars 2022, l’homme du changement a confié au journal Educ’Action, ses ambitions et ses défis, tout en faisant la lumière sur les filières et les débouchés de l’IUT. Bonne lecture !

Educ’Action : Présentez-nous l’institut dont vous êtes le directeur.

Dr Henry Tchokponhoué : L’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de l’Université de Parakou est créé en 2001, la même année que l’Université de Parakou. Depuis sa création, c’est une entité de formation professionnelle. Autrement dit, tous ceux qui sortent de l’institut sont immédiatement utilisables. Les employeurs éventuels n’auront plus à initier d’autres formations à leur endroit avant de commencer à les utiliser parce qu’il s’agit d’une formation professionnelle dans laquelle des praticiens interviennent. Ce n’est pas que de la théorie.

Quelles sont les filières disponibles à l’IUT de Parakou ?

Aujourd’hui, l’institut compte en Licence professionnelle six (06) filières. Nous avons la Gestion des entreprises, la Gestion des transports-logistiques, la Gestion commerciale, la Gestion des banques, l’Informatique de gestion et enfin la Gestion des ressources humaines. Il y a aussi le Master professionnel et là, nous avons d’autres filières comme Comptabilité contrôle et audit qui forme, non seulement des comptables et des financiers mais aussi des auditeurs. Nous avons aussi la filière Administration et ingénierie des ressources humaines dont la destination est surtout l’administration, les entreprises, toute structure capable d’utiliser les ressources humaines. En plus de cela, nous avons la filière Gestion des transports-logistiques niveau 2. Nous avons également en Informatique de gestion, deux autres spécialités (Système d’information et d’aide à la décision et Génie logiciel et intégration d’application).

Quels sont les défis que vous comptez relever à l’IUT ?

Quand j’ai pris service le 1er février 2019 dans mon discours, j’ai bien dit qu’il y aura des grincements de dents. Je disais aux chers enseignants et au personnel administratif de m’accompagner malgré ces grincements de dents parce que, à commencer par le bloc administratif de l’IUT, en toute honnêteté, si vous jetez un coup d’œil, vous allez constater que ce n’est pas un bloc administratif. Je me suis assigné comme mission de tout faire pour doter l’IUT d’un bloc administratif moderne. Voilà aujourd’hui, c’est devenu une réalité en moins de trois ans. C’est sur fond propre, quand bien même il n’y a pas d’effectifs. Cela montre effectivement qu’à un homme, correspond une vision et tant que l’homme a une vision, rien ne pourra l’empêcher d’atteindre les objectifs fixés. Avec le bloc administratif, l’objectif n’est pas encore atteint à 100% parce que j’avais prévu un batiment R+2. Il faut forcément des salles de cours adaptées à l’étage pour permettre que, dès que les enfants commencent avec les matières de spécialité, qu’il n’y ait plus de bousculade pour qu’on dise mutualisation de gauche à droite.
L’autre mission que je me suis assigné, c’est de faire en sorte que l’IUT soit doté des enseignants de rang A. Heureusement, cela a commencé. Au dernier concours d’agrégation, l’IUT a pu enregistrer un enseignant de rang A. Je crois que d’ici le mois de juillet prochain, s’il plaît à Dieu, nous aurons encore d’autres enseignants de rang A. Aujourd’hui, je suis aussi en train de réfléchir pour que l’Institut ait son propre moyen de transport pour organiser les sorties pédagogiques. Cela se faisait avant, mais faute de moyens, nous n’arrivons plus à les organiser.

Pourquoi avez-vous dit qu’il y aura des grincements de dents dans votre discours lors de votre prise de fonction ?

Je l’ai dit parce que le mode de gestion va changer et effectivement cela a changé. Même à la maison, lorsque vous voulez construire, il n’y a pas de raison que vous ne délayez pas du gari. Il est vrai que l’Institut n’est pas ma maison, mais je vous ai dit tout à l’heure qu’il n’y a pas d’effectif. C’est l’effectif qui va amener les ressources financières. Je compte planifier le peu de ressources que nous avons, les gérer de façon rationnelle pour atteindre les objectifs. Entre autres objectifs, nous avions la construction du bloc administratif.

Aujourd’hui, comment l’IUT se positionne dans l’environnement socio-professionnel ?

Faites le tour des différentes entreprises de la place, vous allez constater qu’en majorité, ce sont les étudiants sortis de l’IUT qui occupent certains postes. Dans les ministères, vous allez aussi constater le phénomène. Quand vous prenez par exemple, la filière Gestion des banques, je vous envoie dans l’une des banques de Parakou, vous allez voir deux ou bien trois de nos anciens étudiants. Pas seulement à Parakou, vous pouvez faire escale à Bohicon pour faire le même constat. L’objectif que nous nous fixons, c’est que pour les concours d’entrée dans la fonction publique, si c’est cinq places ou bien dix places que l’Etat propose, il faut que les cinq premières places, et pourquoi pas les dix places, soient occupées entièrement par les apprenants de l’IUT. C’est dire que la formation n’est pas au rabais ici. Ce qui fait qu’il y a des étudiants qui fuient quand on démarre les cours. Il n’y a pas de jeu de pousse-pousse à l’IUT. Ils abandonnent parce qu’ils n’arrivent pas à supporter les calculs.

Quels dispositifs l’IUT met en place pour accompagner l’insertion socio-professionnelle des étudiants ?

Il y a les stages et d’ailleurs vous ne pouvez pas soutenir sans faire de stage. Il y a au moins trois mois de stage pour le semestre 6 et c’est après ça que l’apprenant est autorisé à déposer son mémoire pour la soutenance. En Licence 1, les stages sont libres ainsi qu’en Licence 2. Mais à partir de Licence 3 semestre 6, notamment, tous les étudiants vont en stage. C’est une obligation et il y a un suivi. Ils vont dans les entreprises au cours des trois mois et il y a un ou deux enseignants qui doivent passer pour voir ce qui se fait dans la structure, quelle est l’appréciation des maîtres de stage. Avant qu’ils n’aillent en entreprise, nous avons une journée de sensibilisation à leur endroit. Nous leur disons le comportement à adopter, ce qu’il faut faire pour avoir la main.

Qu’en est-il du partenariat avec les entreprises ?

Je crois, en terme de partenariat, l’IUT a l’obligation d’être en bon terme avec les structures de la place, surtout qu’à la fin en Licence 3, les étudiants doivent aller faire le stage. Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas pas de partenariat. L’IUT est ouvert et développe un très bon rapport avec les chefs d’entreprises. Même en terme de partenariat international, l’IUT de Parakou est en partenariat avec l’IUT de Toulon par exemple.

Propos recueillis par Jean-Luc EZIN (Coll.)

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