Dr Komlan Adikè, à propos des enfants non impliqués dans les affaires les concernant : « Ils développent un complexe d’infériorité et manquent de confiance en eux »

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Malgré les actions menées dans le cadre de la protection de l’enfant, il est à noter que des enfants ne sont pas consultés dans la prise des décisions les concernant. Cet état de chose n’est pas sans effets néfastes sur la vie des enfants. Le Dr Komlan Adikè, coordonnateur du Centre d’Accueil de Protection d’Enfants (CAPE) du Foyer Don Bosco à Porto-Novo et point focal Droit et Protection de ladite structure, se prononce sur la question. Bonne lecture !

Educ’Action : Que pensez-vous des décisions qui sont prises en faveur des enfants en vue de leur protection ?

Dr Komlan Adikè : Les décisions prises en faveur des enfants en vue de leur protection visent plus que jamais à garantir leurs besoins et leurs droits quels que soient les niveaux de décisions. Les décisions sont prises pour assurer continuellement les droits de l’enfant consignés dans la Convention des Droits de l’Enfant (CDE).

Il est constaté que les enfants ne sont pas consultés dans la prise des décisions les concernant. Que pensez-vous de la chose ?

La participation des enfants dans les décisions les concernant est l’un des principes directeurs de la Convention des Droits de l’Enfant (CDE). Elle constitue un droit transversal garanti par ladite Convention. La participation des enfants dans les affaires les concernant aura de l’impact non pas seulement sur le processus décisionnel, mais aussi sur leur avenir immédiat et lointain. Mais malheureusement, force est de constater que les enfants sont moins consultés dans la prise des décisions les concernant. Il faut noter que les enfants sont certes consultés mais à des degrés différents et à des niveaux donnés. Mais la non-implication systématique des enfants dans les affaires les concernant est une attitude peu recommandée des parents et le manque de professionnalisme des acteurs de protection respectivement dans l’univers familial et professionnel.

Selon vous, pourquoi les acteurs agissent de la sorte ?

Plusieurs raisons justifient cet état de chose. Il s’agit de l’ignorance des textes de lois protégeant les enfants, de la méconnaissance des droits de l’Enfant, des pesanteurs socio-culturelles, du poids de la tradition et de la croyance, de la préservation des intérêts personnels des adultes surtout de leurs idées, de leur autorité, de leur pouvoir, de leur positon, etc. ou encore de la peur des adultes de perdre leurs idées, leur autorité, leur pouvoir, etc. Nous pouvonsciter le manque de culture ou d’éducation impliquant les enfants dans les affaires les concernant, la non-considération de l’enfant comme sujet de Droit qui doit être nécessairement impliqué dans les décisions le concernant, l’ignorance de l’importance du dialogue parent-enfant. Selon certains adultes, impliquer les enfants dans les affaires le concernant est une perte de temps.

Quelles sont les conséquences néfastes de cette situation ?

Les conséquences de la non-participation de l’enfant sont nombreuses. A chaque fois qu’un enfant n’a pas exprimé ses opinions, ses souhaits et ses sentiments dans les affaires le concernant, il trouve moins la pertinente des propositions faites par les parents ou les acteurs de la protection. On assiste alors au refus de l’enfant d’obtempérer aux décisions prises par les parents ou les acteurs ou encore l’enfant se sent moins épanouie quand il n’est pas impliqué dans les décisions les concernant. Un enfant qui n’est pas associé aux affaires le concernant manque de confiance en lui et se sous-estime. Il développe un complexe d’infériorité. C’est un enfant qui se dévalorise. L’enfant non-impliqué dans les affaires le concernant aujourd’hui est un mauvais parent pour demain et un citoyen qui se retranche dans le mutisme.

Que faire pour inverser la tendance ?

Plusieurs démarches sont possibles. Il faut promouvoir le dialogue parent-enfant/acteur-enfant, sensibiliser dans les langues nationales sur les textes régissant la protection de l’enfant surtout sur les décisions de leur participation, faire des affiches avec des messages sur l’importance de l’implication des enfants dans les affaires les concernant, réaliser des émissions inter actives avec des radios communautaires sur la nécessité de la participation des enfants à des décisions les concernant.

Que dire pour conclure l’entretien ?

Un enfant impliqué dans les affaires les concernant acquiert des compétences, il développe entre autres sa capacité à discuter et à négocier. Un enfant associé dans les décisions qui le concerne acquiert de nouvelles connaissances. Un enfant consulté dans les affaires les concernant acquiert des valeurs indispensables pour affronter la société, par exemple, la confiance en soi, l’estime de soi, l’autonomie, la responsabilité.
La participation de l’enfant dans les affaires le concernant aujourd’hui contribue à l’acquisition des connaissances, compétences, des attitudes et des comportements appropriés pour la société de demain.

Propos recueillis par Enock GUIDJIME

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