Elaboration du Plan sectoriel Post 2015 : De nouvelles reformes audacieuses pour une école de qualité

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Du 26 au 27 Janvier 2017 à Cotonou, les cadres des différents ministères de l’éducation, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) se sont réunis en atelier de réflexions sur les réformes de l’école béninoise. A ces assises, les participants ont échangé et débattu des différentes réformes qui vont être prises en compte dans le processus d’élaboration du prochain Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education au Bénin.

Réunis autour de Abdel Rahamane Baba-Moussa, Secrétaire Technique Permanent du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education (STP-PDDSE), les cadres des différents ministères de l’éducation, les représentants des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), les partenaires sociaux et les Organisations de la Société Civile (OSC) ont passé en revue les différentes reformes en cours et à venir dans le secteur de l’éducation. Du Ministère des Enseignements Maternel et Primaire (MEMP), passant par le Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et la Formation Professionnelle (MESTFP), sans oublier le Ministère de l’Enseignement Supérieur et la Recherche Scientifique (MESRS), les réformes de chaque sous-secteur ont été passées au crible. « Vous aurez donc à mettre sur le tapis les principales réformes nécessaires pour corriger les tares de notre système éducatif, vous aurez à en discuter âprement puis à retenir celles que vous jugerez opportunes pour chaque sous-secteur », s’est exprimé Lucien Kokou, Ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle pour mettre les participants devant leur responsabilité. Dans cette même veine d’idées, il les a invités à adopter un comportement sérieux dans la conduite des travaux. En l’absence de ses collègues des deux autres sous-secteurs, l’autorité ministérielle a expliqué que « cette rencontre va annoncer les couleurs de la phase de simulation financière qui est la deuxième phase importante du processus d’élaboration du Plan Sectoriel de l’Education post 2015 ». Pour le Ministre, « le modèle de simulation financière va permettre d’estimer pour la durée du prochain plan, les coûts nécessaires à la mise en œuvre des réformes prévues et va tenir compte des axes d’orientation largement décrits dans le Programme d’Actions du Gouvernement en ce qui concerne le secteur de l’éducation ». Pour finir ses propos, Lucien Kokou a martelé qu’il s’agira à termes « d’identifier et de valider le scénario qui sera à la fois ambitieux, réaliste, opérationnel et le plus adapté aux besoins de scolarisation des enfants du Bénin et à la vision du gouvernement pour le développement socioéconomique du pays ». En sa qualité de chef de file des Partenaires Techniques et Financiers opérant dans le secteur de l’éducation au Bénin, Sévérine Donnet-Descartes, Représentante-résidente de la Coopération Suisse, a ajouté que, « cet atelier est un moment fort de la feuille de route de l’élaboration du plan sectoriel de l’éducation ». Après avoir fait le tour d’horizon des différentes péripéties qui ont jalonné la première phase de l’élaboration du plan, elle a appelé à la mobilisation de tous pour qu’un plan crédible soit établi d’ici juin 2017.

   Des communications présentées dans chaque sous-secteur de l’éducation…

C’est Abdel Rahamane Baba-Moussa qui a ouvert le bal des communications programmées pour cet atelier. A l’occasion, le STP-PDDSE a planché sur la nouvelle structure du système d’éducation et de formation. De la structure pyramidale, informe-t-il, les projections entrevoient une structure rectangulaire qui donne une place de choix aux alternatives éducatives et à l’éducation non formelle grâce aux dispositifs d’apprentissage. Après différentes observations sur cette première communication, c’est au tour de l’équipe du MEMP de faire une présentation sur les « reformes du MEMP dans le Plan Sectoriel de l’Education post 2015 ». Cette présentation n’a pas manqué d’attirer l’attention des participants qui ont relevé des observations au sujet du niveau de recrutement des enseignants et l’âge d’admission à l’école. Dans le département des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, c’est un ensemble de 21 diapositives de réformes qui a été présenté aux invités à cette rencontre de l’éducation par James Agbo, Directeur de la Programmation et de la Prospective (DPP). A ce niveau, de nombreuses questions ont été soulevées dans le domaine de l’alphabétisation, des personnes vivantes avec un handicap et de la certification des métiers. Benedicta Houétchénou, Directrice de la Programmation et de la Prospective du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a présenté aussi les reformes de son sous-secteur. Ici, le vent des reformes touchent la vie universitaire dans son ensemble, la recherche scientifique et les innovations phares du « Bénin Révélé ».

Des réformes et recommandations formulées…

De nombreuses réformes ont été adoptées et des recommandations également formulées à l’endroit du gouvernement qui doit se prononcer, notamment sur la modification des textes de la loi d’orientation de l’éducation. Au MEMP, les acteurs recommandent la création d’une Direction de l’Innovation et de la Qualité, la mise en place du SIGE et de la carte scolaire, l’intégration de l’anglais, des TICE de l’anglais et des langues nationales, la mise en place d’un dispositif national permanent d’évaluation des acquis des élèves. Au MESTFP, de nombreuses mesures sont envisagées sur le plan pédagogique, didactique et sur la gestion du personnel, le contenu curriculaire. A ce niveau, les cadres de l’école préconisent l’organisation des établissements secondaires avec la séparation claire des lycées d’avec les collèges, l’intégration des TICE et l’introduction du livret scolaire dans le but d’identifier les apprenants du sous-secteur des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle afin de pouvoir les suivre individuellement dans leur cursus. On note dans l’Enseignement Supérieur, la réorganisation du système d’attribution des bourses avec des bourses par cycles Licence-Master-Doctorat, l’amélioration du système de paiement des allocations universitaires où il est envisagé une semestrialisation des bourses et la mensualisation des allocations universitaires, la sélection des nouveaux bacheliers en première année dans les écoles et instituts professionnels des Universités Nationales du Bénin avec un logiciel adapté pour assurer l’équité. La création et l’opérationnalisation d’une Agence pour la Qualité et l’Evaluation (AQE) dans l’enseignement supérieur et de l’Agence Béninoise de la Recherche et de l’Innovation sans oublier celle de la Cité Internationale de l’Innovation et du Savoir. Ce sont-là, entre autres, quelques autres nouveautés proposées pour améliorer la performance du secteur éducatif béninois par les participants présents à cet atelier.

Avis de quelques participants

Lucien Kokou , Ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle

«Je peux vous dire que notre gouvernement veut qu’on cesse de considérer l’éducation comme un milieu social, un secteur pour régler les problèmes sociaux. Notre vision est que l’éducation doit être un secteur qui accompagne le développement de notre pays. Il est question aussi que la vision du gouvernement soit partagée dans ce plan. Nous avons un programme très ambitieux pour renforcer la qualité de l’éducation à tous les niveaux et renforcer la capacité des enseignants. Nous avons des questions auxquelles nous devons répondre et ce nouveau plan veut voir comment mettre en synergie les réformes et faire cet arrimage pour avoir un plan solide. »

Corinna Breitag Heinz , Chargée du projet Pro Educ (Giz, Coopération allemande)

«J’apprécie beaucoup cette initiative parce qu’elle permet à tous les acteurs de mieux comprendre les réformes et d’analyser à quel niveau on peut donner notre appui. Notre projet Pro Educ, s’est inscrit dans la qualité de l’enseignement à travers une amélioration de l’administration pour les trois ans passés. Mais pour la phase à venir, nous attendons les résultats de cette réforme pour harmoniser notre appui-conseil dans l’éducation primaire. Aujourd’hui, j’ai trouvé une vision de l’éducation qui ne veut plus être une pyramide. »

Gilles Yekpon , enseignant à l’UAC

«Il fallait vraiment cet atelier et je crois que c’est un nouvel élan qui doit nous donner envie de nous retrouver périodiquement pour faire le point des différentes réformes que le système est en train d’initier. De plus, avec l’approche PDDSE post 2015, nous avons à travailler avec tous les secteurs de façon inclusive. Non seulement tout le secteur de l’éducation mais aussi les principaux acteurs en descendant jusqu’aux apprenants, apprentis et tout le monde pour avoir un système intégré de développement de notre pays qui puisse s’arrimer au marché de l’emploi. Bientôt le modèle de simulation va se faire et recueillir l’aval des autorités sectorielles que sont les ministres avant d’aller, peut-être, à un séminaire gouvernemental. Cela, pour que la ligne directrice soit tracée afin qu’on sache quel type d’homme, quel type d’apprentissage et quel modèle nous voulons pour que les choses aillent mieux. »

Imorou Tikandé , Inspecteur Général Adjoint du MESRS

«Cet atelier vient harmoniser et coordonner les politiques de manière à ce qu’elles riment avec les orientations du gouvernement. Au niveau de l’enseignement supérieur, il y a plusieurs réformes. D’abord pour l’orientation des nouveaux étudiants, il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites. C’est une commission composée de plusieurs spécialistes qui s’est réunie pour définir les règles de façon claire afin de faire une sélection sans tenir compte de l’appartenance politique et du niveau social des parents. Une autre innovation pour être au grand rendez-vous des universités internationales, c’est la création de l’Institut des classes préparatoires qui est à Savalou. D’ici 2 ans, on aura de bons cadres qui iront continuer leur formation dans les écoles d’ingénieurs. Au niveau du système LMD, les réformes sont en cours pour pouvoir l’opérationnaliser. Pour ce faire, il faut respecter les ratios tels que celui de l’encadrement, de même que la qualité des supports et la quantité de professionnels à intégrer parmi les enseignants de rang magistral. En ce qui concerne les bourses, elles seront données par cycle aux étudiants qui sont méritants. Ainsi, les étudiants qui ont leurs bourses au niveau Licence seront suivis jusqu’à la fin de ce cycle. Il en sera de même au niveau Master et puis au doctorat. Pour le système de passage de la 1ère année en 2ème année dans les facultés classiques, il sera régi par une aide qui sera définie pour pouvoir gérer ce flux d’étudiants. »

Abdel Rahamane Baba-Moussa , STP PDDSE

«J’ai apprécié la participation de l’ensemble des cadres du secteur. Je pense que c’était opportun d’organiser cet atelier pour faire l’arrimage des réformes en cours dans le secteur avec le processus d’élaboration du Plan. Il y avait des questions qui étaient en suspens de la part des experts qui nous accompagnent pour l’élaboration du modèle de simulation financière et ces questions ont trouvé réponses au cours de cet atelier. Nous avons pu constater que la plupart des réformes du gouvernement tiennent bien compte du diagnostic qui a déjà été posé. C’est vraiment une prise en compte des difficultés réelles du système qui a abouti à ces réformes. Nous avons fait l’arrimage entre ces réformes et le Plan ainsi que des suggestions, notamment en ce qui concerne l’alphabétisation et l’éducation non formelle. Nous avons fait des recommandations pour que les réformes qui concernent ces secteurs soient prises en compte, puisque nous voulons une éducation de base holistique. Quelques questions restent encore en suspens et nous allons les soumettre aux ministres. Lorsqu’on aura tranché, je crois qu’on pourra mettre en place un modèle de simulation financière et élaborer le nouveau plan sectoriel post-2015 qui englobe la période du Programme d’Actions du Gouvernement et qui va au-delà puisqu’il fait des projections jusqu’en 2030 qui est l’échéance des ODD. »

Mohamed Aboubakari , Gestionnaire de projet et programme

«Il n’y a qu’un atelier de ce genre qui permet d’avoir les paramètres et les variables nécessaires à introduire dans ce modèle et qui va permettre de voir finalement quelles sont les grandes orientations dans le secteur de l’éducation en lien avec les ODD, spécifiquement l’objectif 4, qui veut qu’à l’horizon 2030, on puisse assurer une éducation de qualité, inclusive, équitable. »

Adjéi KPONON et Edouard KATCHIKPE

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