Enfin, la Rentrée des langues nationales !

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Alea Jacta est ! Les dés sont jetés ! Les langues nationales ou plus exactement six langues nationales feront leur rentrée scolaire 2013-2014. Les aires sociolinguistiques adja, baatonum, ditamari, dendi, fon, et yoruba, seront au rendez-vous du savoir dans les 30 écoles expérimentales dès la semaine prochaine. Le Conseil des Ministres du Mercredi 29 mai 2013 en a décidé ainsi, au grand bonheur des populations qui en rêvaient depuis des lustres. Même s’il aura fallu l’initiative Ecoles et Langues Nationales (ELAN-AFRIQUE) pour booster les velléités, il vaut mieux tard que jamais dit l’adage ! C’est pourtant triste de constater que ce que le Bénin a compris depuis 1965, qu’il a pris la souveraine initiative de mettre en œuvre à travers divers actes dans le temps, et que la mesquinerie et la béninoiserie ont rangé au placard, refait surface aujourd’hui avec un côté international qui s’impose à huit pays d’Afrique subsaharienne dont le Bénin !
La rentrée 2008-2009 aurait pu connaître de l’introduction des langues nationales dans le système formel parce que tout concourrait à cette rentrée sans anicroche, le tableau des localités identifiées pour l’expérimentation avec les différentes langues induites, le matériel didactique à utiliser par les enseignants, guide, syllabaire, livre de lecture, lexique etc., bref, le panel technique était déjà plus ou moins calibré !
Malheureusement, le Bénin des bonnes idées et des mauvaises pratiques venait, une fois de plus, de confirmer les opinions reçues en mettant en sursis la rentrée de Novembre 2008.
Et c’est seulement en 2012 avec l’Organisation International de la Francophonie, partenaire privilégié de ELAN que subitement les dirigeants béninois comprennent qu’ils étaient sur la bonne voie.
Cela prouve à suffisance, le manque de vision, de suivi et de volonté qui caractérisent les pouvoirs publics dans certains domaines de la vie nationale. Point n’est besoin de revenir ici sur l’Atlas des bénéfices que peut tirer une Nation du fait d’instruire ses populations dans leurs langues. La Chine, le Japon, la Corée, l’Inde en sont des illustrations palpables. Quelle contribution au développement peut-on espérer de peuples analphabètes qui ne se sentent en rien concernés par la gestion des affaires publiques ? Qu’attend-on d’un peuple ignorant qui, à défaut d’être associé aux questions de développement, est manipulé par des politiciens en quête de suffrage pour mieux piller les ressources nationales.
Dans un contexte globalisé où chacun apporte sa spécificité pour enrichir la diversité mondiale, devrait-on attendre l’aide extérieure pour des questions de langues et cultures, pour des questions de souveraineté ?
Si chacun de nous pouvait comprendre qu’il porte au creux de ses mains la clé qui ouvre les portes des grands destins de ce monde, alors on ne se posera plus la question de savoir ce que l’Etat nous apporte, mas ce que nous, par notre travail, notre détermination et notre engagement, nous apportons au rayonnement national et international de notre pays.

Ulrich Vital AHOTONDJI

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