Entretien avec Samuel Awonhoun, fabricant du Djembé : « Au Bénin, c’est à Adjarra que les premiers Djembé ont été fabriqués… »

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Samuel Awonhoun est un fabricant du Djembé. Dans son atelier situé à environ 10 mètres de l’entrée principale du Centre de Promotion de l’Artisanat (CPA) au cœur de la ville de Cotonou, nous lui avions rendu une visite surprise le vendredi dernier. Absorbé par la fabrication d’un Djembé mesurant environ 50 cm, l’artisan a accepté éclairer notre lanterne au sujet des contours de la fabrication de cet instrument de percussion africain. La quintessence de l’entretien.

Educ’Action : Monsieur Samuel Awonhoun, dites-nous comment devient-on fabricant du Djembé ?

Awonhoun : Je me réjouis de l’intérêt que vous accordez à ma petite personne et au travail que je fais. Effectivement, je suis un fabricant de tam-tam, en l’occurrence le Djembé. Comme tout autre métier, la fabrication du Djembé s’apprend. Pour cela, une personne qui veut faire carrière dans ce métier doit forcément se faire former dans un atelier d’apprentissage ou par un particulier. Moi, j’ai été formé ici à Cotonou avant de m’installer aujourd’hui à mon propre compte.

Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur le Djembé, cet instrument qui a traversé des générations ?
La fabrication du Djembé n’est pas venue des Béninois. Les premiers fabricants du tambour sont d’origine Burkinabé. C’est bien après que le Ghana, le Mali, le Sénégal et le Bénin se sont intéressés à la chose. Dans notre pays, c’est à Adjarra que les premiers Djembé ont été fabriqués. Mais Aujourd’hui, nous sommes nombreux a exercer cette activité.
Comment fabrique-t-on le Djembé ?
La fabrication du Djembé se situe à deux niveaux. Le modèle fabriqué à Adjarra utilise des bois fragiles. Mais ce que moi je fabrique à partir du modèle des Burkinabé est réalisé à base de bois dur. C’est au niveau du bois que se retrouve la différence. Le Djembé fabriqué à base du bois dur a une longue durée de vie que celui fabriqué avec le bois fragile. Pour fabriquer le Djembé, nous utilisons principalement le bois de l’Iroko, de l’acajou, de l’acacia ou du cola, le fer, la hache et la corde et aussi les peaux des animaux à savoir la chèvre ou l’antilope. L’essentiel du travail consiste à tailler le bois, le modeler en lui donnant une jolie forme. Travailler ensuite la peau sèche de l’animal, puis couvrir la grande surface du tambour à l’aide de la peau, l’entourer du fer et attacher les fils par la suite.

Vous êtes dans ce métier depuis quand ?
J’ai commencé par exercer cette activité depuis l’âge de 17 ans, donc depuis mon enfance. Aujourd’hui, j’ai 33 ans. Faites vous-même le calcul pour trouver le nombre d’années que j’ai passées dans ce métier.

Combien ça coûte le Djimbé ?
Ça dépend de la qualité et de la taille. Le Djembé que je fabrique, le modèle du Burkina-Faso coûte 45.000F CFA. C’est le prix du plus grand. Le moyen coûte 35.000F, le petit 20.000F et le tout petit 10.000F.

 

Propos recueillis par E. K.

 

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