Entretien avec Sessi Tonoukouin, coordonnateur général du festival MIA : « Notre pari est d’amener, les hommes de l’ombre, à la lumière »

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Le festival des Meilleurs Instrumentistes d’Afrique (MIA) est un événement culturel annuel d’expression artistique et de révélation des instrumentistes du continent à travers plusieurs activités. Coordonateur général du festival MIA, Sessi Tonoukouin aborde, à travers cette interview accordée à Educ’Action, les préparatifs et innovations de la 8e édition de l’événement prévue pour se dérouler du 24 novembre au 2 décembre 2023.

Educ’Action : La 8e édition du Festival MIA annonce déjà les couleurs avec l’appel à candidatures lancé le 18 août passé à Abidjan. Pourquoi le choix de la Côte d’Ivoire ?

Sessi Tonoukouin : Merci ! Abidjan, je dirai que c’est un choix fortuit. C’était lié à un événement malheureux où le président du jury international, le professeur Adépo Léon Yapo nous a quittés et on est parti lui rendre un hommage dans son pays, en participant à ses obsèques et profiter pour lancer l’appel à candidatures de la huitième édition. Abidjan était pour nous une façon de lui rendre hommage et de témoigner, à tous ses congénères en Côte d’Ivoire, de ce qu’il a été pour nous. Il a été vraiment un acteur de pointe, un parrain, un frère, un grand frère et un acteur porteur de ce projet.

C’est quoi le festival MIA ?

Le Festival MIA est une activité d’un vaste programme que nous avions initié et qui reste un programme de promotion et de valorisation des instrumentistes du continent. Donc, ce festival est venu comme une activité annuelle, une plateforme d’expression artistique et de révélation des instrumentistes du continent à travers plusieurs activités. Vous voyez un peu sur le continent et dans le monde entier, il y a beaucoup de tribunes qui offrent la visibilité aux artistes-interprètes. Les musiciens sont ceux qui cuisinent véritablement la musique, mais une fois l’artiste sur scène, on oublie tous ceux qui sont des hommes de l’ombre. Notre pari, c’est d’amener justement ces hommes de l’ombre à la lumière, les révéler et les mettre en valeur pour qu’ils soient confiants, pour qu’ils sachent qu’ils font du travail et que leur travail est mérité et reconnu.

En prélude à la tenue de l’édition de cette année du Festival MIA, vous avez effectué récemment une sortie aux côtés de la plateforme NO’O Cultures. De quoi s’agit-il concrètement ?

Cela fait partie de l’innovation de cette édition où nous nous sommes dit qu’on ne peut pas évoluer dans ce secteur sans pour autant prendre en compte des acteurs qui sont les producteurs de contenu. Notre vision, c’est de mettre en place un outil de communication qui permettra justement de partager les éléments pour continuer la sensibilisation et la promotion des instrumentistes en dehors du festival, parce qu’une fois le festival fini en décembre, il y a tout un vide. Comment faire pour que, entre deux éditions, nous ayons de la matière pour continuer la promotion des instrumentistes ? Cette idée nous a amenés à nous rapprocher justement de NO’O cultures, qui est une structure qui travaille sur beaucoup de festivals en termes de formation, de production de poadcast, de renforcement de capacités des producteurs de contenus culturels, de critiques d’art et de musique. L’idée, c’est d’aller vers ces compétences pour qu’ensemble, nous puissions mutualiser nos efforts en vue de renforcer les capacités des acteurs.

A quoi les festivaliers doivent-ils s’attendre du 24 novembre au 2 décembre à Cotonou ?

Pour le menu de cette huitième édition, il y a forcément le concours qui va mettre en compétition les différentes catégories en jeu cette année. C’est la catégorie meilleur guitariste soliste, meilleur pianiste, meilleur instrumentiste à vent et la catégorie meilleure composition 100% live. Donc, c’est à travers ces quatre catégories que nous allons recevoir les candidats ou les nominés qui vont pouvoir prester durant toute la cérémonie devant les membres du jury et ensuite être distingués à la Nuit des orchestres d’Afrique. En dehors du concours, nous avons également la programmation OFF qui est un espace de promotion et de valorisation des instrumentistes qui vont pouvoir s’exprimer, se révéler et être détectés par des acheteurs, des directeurs de festivals qui sont également invités. Cet espace leur permet de se promouvoir et de se révéler au public mais également aux professionnels. En dehors de cet espace de promotion, nous avons le salon de la logistique événementielle et de l’audiovisuel qui est l’espace des autres professionnels de la musique, à savoir justement les producteurs, les maisons de production pour être plus précis. Donc les studios d’enregistrement, les logisticiens de scène, les managers, les distributeurs, les diffuseurs, les chaînes de télévision, les radios vont pouvoir prendre leurs stands. Je les invite à réserver déjà le stand à partir du site internet www.festivalmia.org. Dans la rubrique inscriptions, ils peuvent déjà réserver les stands et nous allons pouvoir recevoir leur demande et leur revenir pour leur donner plus de détails. En dehors de ce salon de la logistique et de l’audiovisuel, nous avons l’atelier de formation en critique d’art qui va pouvoir être fait avec l’association NO’O Cultures.

Où en êtes-vous dans les préparatifs de cette huitième édition du Festival?

Pour une organisation pareille, vous savez que c’est beaucoup de touches. Le comité est à pied d’oeuvre, nous avons clôturé les appels à candidatures et le secrétariat travaille pour pouvoir collationner toutes les candidatures et transmettre au comité de sélection qui va pouvoir donner son résultat. Cela nous permettra d’effectuer une sortie médiatique pour révéler tous ceux qui sont nominés. Nous sommes également en train de parler avec nos différents partenaires, que ce soit des partenaires médias, que ce soit des partenaires financiers ou des partenaires techniques pour continuer à nous appuyer et pour que nous puissions mettre les petits plats dans les grands pour donner le meilleur de nous-mêmes aux festivaliers qui seront conviés sur Cotonou très prochainement.

Quel est votre message pour clore cet entretien ?

C’est l’occasion pour moi de remercier tous les partenaires qui nous ont accompagnés depuis le début de cette aventure jusqu’à aujourd’hui. C’est le moment pour moi de remercier également tous les instrumentistes qui ont cru à l’événement et qui, d’année en année, continuent de postuler, donc de découvrir nos annonces, nos appels à candidatures et qui postulent et qui croient à ce que nous faisons. Je pense que c’est le moment pour nous de les remercier, de leur dire de continuer à nous aider davantage à porter loin le message pour que nous puissions réunir toujours les moyens qu’il faut pour pouvoir tenir le pari. C’est aussi l’occasion pour moi de lancer un appel aux sponsors, à tous ceux qui veulent nous appuyer à pouvoir offrir le meilleur aux festivaliers afin que le festival MIA reste toujours un festival de pointe, un festival de référence à Cotonou et à en Afrique.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE

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