Entretien avec Urbain Amègbédji sur le dispositif «Azoli» : « Le grand défi, c’est comment réussir à réduire le dysfonctionnement formation-marché du travail »

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Le dispositif « Azoli », première composante du Projet d’Inclusion des Jeunes (ProDIJ) vise à réduire le chômage et le sous-emploi des jeunes par l’insertion professionnelle dans l’emploi salarié ou dans l’emploi indépendant des peu ou pas instruits. Prévue pour être mise en œuvre sur une durée de cinq (05) ans, cette initiative du gouvernement béninois avec l’appui de la Banque Mondiale est à sa troisième année. Après une insertion professionnelle de 474 jeunes, Urbain Amègbédji, coordonnateur du ProDIJ fait le point des défis et perspectives.

Educ’Action : Grâce au dispositif « Azoli », 474 jeunes ont été insérés dans le monde du travail. Quelles sont vos impressions ?

Urbain S. Amègbédji : Nous ne pouvons qu’être heureux face à ce résultat que nous avons obtenu avec l’entreprise Admec-CTIB et également grâce aux orientations du gouvernement qui nous a donné les moyens de réussir une telle activité. Je suis particulièrement heureux parce que c’est pratiquement la première fois qu’une entreprise, après avoir formé les jeunes, décide de les recruter à 100%. Donc 100% d’insertion professionnelle, nous ne pouvons que saluer cela et constater que l’écosystème, l’environnement économique du Bénin commence à bouger.

474 jeunes insérés, quelle est la suite avec Admec-CTIB ?

Admec-CTIB est vorace et est en train de nous dire qu’elle n’est pas rassasiée. Nous passons déjà à la deuxième cohorte et probablement, selon les prévisions d’Admec-CTIB, nous pourrions aller à une troisième cohorte et tout cela au profit des jeunes peu ou pas instruits qui vont avoir de l’emploi, travailler, se nourrir et être de dignes citoyens pour notre pays.

Le dispositif « Azoli », c’est 05 ans de mise en oeuvre. Vous êtes déjà à 03 ans de mise en oeuvre et l’objectif, c’est 25 000 jeunes. Quelles sont les statistiques ?

Actuellement, nous avons déjà atteint plus de 10 000 et nous sommes persuadés que dans les deux (02) ans à venir, nous atteindrons les 25 000. Nous en avons l’assurance. Grâce non seulement à des entreprises comme Admec-CTIB, mais également à la GDIZ-Bénin où nous avons des recrutements massifs de jeunes au profit des industries de Glo-Djigbé.

Quels sont les défis actuels de l’insertion professionnelle des jeunes ?

Le grand défi, c’est comment réussir à réduire le dysfonctionnement formation-marché du travail. Le problème du chômage chez nous, c’est d’abord au niveau de l’inadéquation entre le marché du travail, c’est-à-dire le besoin des entreprises, les diplômes et les formations que les universités donnent. Donc, tout est mis en œuvre aujourd’hui, pour résorber cette crise, ce déficit. Quand nous aurons réussi à mieux coordonner entre le besoin du marché et la formation, le chômage va se réduire très rapidement. Mais quand je le dis, ce n’est pas en oubliant l’écosystème, c’est-à-dire l’environnement économique. L’emploi ne se décrète pas. Ce sont les conditions économiques qui génèrent les emplois à travers les entreprises. Donc si les entreprises sont à l’aise, respirent bien, elles vont créer des emplois et le chômage va reculer.

Quels sont les challenges que vous devez relever les années à venir ?

C’est de pouvoir trouver des entreprises qui acceptent de jouer le jeu avec nous. Mais je crois que c’est dans leur intérêt. Toutes les fois que les entreprises ont un intérêt, elles vont y aller.
L’autre défi, c’est que les jeunes puissent croire au dispositif. C’est la raison d’ailleurs de cette cérémonie. Pour qu’ils voient les fruits qu’ont porté les jeunes, comme eux, qui ont postulé et ont pu réellement s’insérer et trouver de l’emploi. C’est encore possible pour eux de se décider à le faire aussi en allant sur notre plateforme. Ceci pour que nous puissions trouver les compétences nécessaires pour satisfaire la demande des entreprises, faire des formations appropriées, adaptées et de les insérer directement dans leur entreprise comme des travailleurs.

Propos recueillis par Gloria ADJIVESSODE

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