Etat de santé du système éducatif béninois : Acteurs et usagers de l’Ecole apprécient

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Tapis dans l’opinion, les acteurs et usagers de l’Ecole ont leur avis sur l’état de santé du système éducatif béninois. Ils se prononcent ici à travers ce vox populi réalisé par Educ’Action dans la ville de Cotonou. Lisez !

Jules Nouwakpo, professeur des langues étrangères appliquées

« L’insatisfaction ne va pas nous amener à avoir la tête au bord du découragement »

«Je vais simplement dire que nous sommes dans un monde qui est caractérisé par une imperfection. C’est pour cette raison que le philosophe Jean Paul Sartre a eu à dire : ‘’plutôt que de définir l’homme, les penseurs philosophiques n’ont fait que le caractérisé depuis lors jusqu’à nos jours’’.Nous avons connu beaucoup de programmes. On nous a parlé de l’Ecole Nouvelle, d’Approche Par Compétences, de Programme Par Objectif dans ce pays. Il y a eu aussi l’Ecole Révolutionnaire, sans oublier le Programme Intermédiaire. Tout cela montre que le monde est à la recherche de la perfection et c’est cela qui nous amène à revoir les choses, à parfaire, à rénover et à innover. Peut-être que demain, il aura encore un autre programme en dehors de l’APC, on ne sait jamais. C’est ce qui justifie par exemple la proposition du Président Patrice Talon qui dit que le système éducatif souffre un peu parce que le monde scolaire est purement académique depuis tout ce temps jusqu’à aujourd’hui. Cela ne permet pas aux diplômés de trouver à faire. Dès lors qu’il y a problème, il n’y a pas satisfaction. Maintenant, cette insatisfaction ne va pas nous amener à avoir la tête au bord du découragement. »

Hippolyte Ahouandjinou, enseignant du primaire

« Nous constatons que les matériels nécessaires ne sont pas utilisés dans les différentes classes »

«Je pense que l’éducation que nous apportons aux enfants aujourd’hui, c’est une éducation à revoir en ce sens que les moyens que nous utilisons ne sont pas adéquats. La maison utilise parfois la chicotte alors que l’école n’utilise plus la chicotte. Le châtiment corporel est interdit depuis 1975, mais nous constatons qu’il y a certains parents qui continuent avec la pratique du châtiment corporel. Cela empêche les enfants d’être dans le même système puisqu’à la maison, ils sont dans les enclos comme des animaux mais à l’école, ils trouvent l’espace de contact et s’explosent avec leurs pairs. A l’école, nous sommes confrontés par le fait qu’on ne peut pas faire usage du bâton. Donc sur cette difficulté, il faudrait que l’Etat essaye de voir dans quelle mesure pouvoir accompagner les parents et pour faire asseoir une éducation équilibrée et de qualité. Le système éducatif n’est plus un système où tout est réglé par le bâton, c’est maintenant un système dans lequel l’enfant participe à l’instauration de la connaissance qu’il devrait avoir à la fin de son cursus scolaire. On ne l’oblige plus à connaître ce qu’il ne devrait pas connaître. Pour finir, je dirai que l’ancien système vise à former des élèves perroquets, mais le nouveau programme forme des enfants capables au soir de leur apprentissage d’être autonomes et de se prendre en charge. Je pense que le système qui est instauré est un bon système, mais il reste l’application réelle dans les classes. Est-ce que les enseignants qui interviennent dans les différentes classes ont la capacité, tous les outils nécessaires pour accompagner les enfants ? Les différents acteurs comme les conseillers pédagogiques et les inspecteurs sont interpellés pour que les élèves puissent être à l’aise pour travailler. Le programme a été proposé, mais nous constatons que les matériels nécessaires ne sont pas utilisés dans les différentes classes. Comme l’a dit quelqu’un, nous ne formons pas des gens à la création de l’emploi, mais nous formons des gens qui ont le diplôme et qui doivent être à la recherche de l’emploi. Donc, l’Etat doit repenser maintenant la stratégie à mettre en place au niveau de chaque école pour permettre l’apprentissage et la participation de chaque apprenant. »

James Agbo, coordonnateur du projet SEnS

« L’école est en marche, déjà que les résultats, ses dernières années, sont un peu satisfaisants »

«Par rapport au devenir des apprenants sur la base des formations requises, je pense que nous sommes satisfaits en partie par rapport aux différentes formations, aux différents curricula qui sont en train d’être élaborés et mis en place actuellement. C’est vrai que nous sommes actuellement à l’ère des réformes ; le gouvernement qui est conscient de l’avenir des enfants est, en train d’engager beaucoup de réformes. Il y a des reformes sur les curricula des formations et actuellement, il y a une volonté de pouvoir inverser la tendance entre l’enseignement secondaire général et l’enseignement technique et la formation professionnelle. Nous avions vu que lorsque les apprenants sortent de leur formation au niveau de l’enseignement secondaire général, il y a beaucoup qui n’arrivent pas à trouver de l’emploi, donc la formation professionnelle est le secteur pourvoyeur et le gouvernement a compris qu’il faut une stratégie de développement de la formation technique. Ce qui est en cours actuellement. Il y a une réforme qui accompagne tout cela et qui va permettre l’essor du système éducatif. Je pense que cette école est en marche avec une note satisfaction, déjà que les résultats qu’on a eu ces dernières années sont des résultats un peu satisfaisants. »

Réalisation : Médard EDOH (Stag)

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