Financement de l’éducation post 2015 : Acteurs et partenaires de l’Ecole entre propositions et contributions

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Le Secrétariat Technique Permanent du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education (STP-PDDSE) a réuni les acteurs et partenaires de l’éducation au Bénin dans le cadre d’un atelier de consultation sur le modèle de simulation financière du Plan Sectoriel de l’Education (PSE) post 2015. La rencontre s’est tenue le vendredi 12 mai dernier dans la salle des fêtes des tours administratives de Cotonou.

Deux communications ont servi de trame au déroulement de cette rencontre. La première, présentée par Abdel Rahamane Baba-Moussa, a porté sur la nouvelle architecture du système éducatif. Il a évoqué à cet effet, les différents niveaux de cette nouvelle architecture qui quitte la forme pyramidale pour devenir rectangulaire. L’enjeu, selon lui, est que cette nouvelle architecture prend en compte tous les pans, tant formel que non formel, de l’éducation au Bénin. En outre, l’éducation de base est désormais de 10 ans qu’elle soit formelle ou non formelle. Il a aussi rebondi sur les passerelles qui permettent de passer d’une branche à l’autre tout en aboutissant à des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. L’autre communication a été l’affaire de Raoul Attohoun. Elle a porté sur la présentation du modèle de simulation financière du PSE post 2015. Au cours de sa communication, il est revenu sur l’ensemble des ressources à mobiliser et à dépenser dans chaque sous-secteur. Outre les domaines traditionnels que sont le préscolaire, le primaire, le secondaire général et technique, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, Raoul Attohoun a fait la lumière sur le financement des sous-secteurs de l’alphabétisation, de l’éducation inclusive et de l’éducation alternative. Dans la phase de questions-réponses, les participants ont pointé du doigt les questions relatives au taux d’encadrement à chaque niveau, la prise en compte des personnes en situation de handicap dans leur accès à l’éducation mais plus particulièrement l’impérieuse nécessité de créer une ligne budgétaire les concernant dans le modèle de simulation financière. En outre, les chiffres évoqués au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ont suscité beaucoup d’intérêt tout comme certains participants qui ont fait des propositions sur la durée du plan. Au terme des échanges, Abdel Rahamane Baba-Moussa, le STP-PDDSE, a salué la présence effective et remarquée des cadres du ministère des finances. Il a, par ailleurs, exhorté les participants présents ou représentés à la rencontre, à fournir toutes informations utiles pour combler certaines lignes en panne de statistiques fiables.

Impressions de quelques participants

Paul Essè Iko , Secrétaire Général de la CSTB

«J’ai émis les réserves de ma confédération parce que c’est une architecture qui est contestée. D’abord, avant d’aller à une telle architecture, il faut avoir discuté et s’être mis d’accord sur la philosophie de l’éducation. Quel type d’homme voulons-nous former ? J’ai posé le problème des programmes enseignés à l’école. »

Gilbert Migan , Consultant à la Coopération Suisse

«Nous sommes à la deuxième étape de l’élaboration du plan sectoriel de l’éducation post 2015 qui est le modèle de simulation. A la fin de l’élaboration du modèle, nous saurons ce que le gouvernement peut mettre dans le nouveau plan et le gap sera comblé par les PTF. Nous avons sorti le scénario 0 qui est en train d’être discuté avec les cadres techniques pour qu’ils puisent apporter leurs contributions par rapport aux hypothèses que nous avons posées. Par exemple, nous avons choisi 4 ans pour entrer à la Maternelle et 6 ans au Primaire. Selon l’avis de tout le monde, on verra ce qu’il faut faire dans le modèle afin de voir les coûts. La Coopération Suisse joue le rôle que le Partenariat Mondial pour l’Education (PME) nous a donné à savoir celui d’agent partenaire. A ce titre, nous suivons les activités qui se font et nous mettons les ressources à disposition pour que le processus ne soit pas bloqué. »

Mohamed Madougou , Coordonnateur du Programme de renforcement des capacités pour une éducation durable à la représentation de l’UNESCO au Bénin

«L’UNESCO a été invitée à cette rencontre compte-tenu de sa participation dans le secteur de l’éducation. Pour nous, prendre part à un atelier pour la vulgarisation d’un modèle de simulation est intéressant d’autant que cela nous permet de voir quelles sont les projections en termes de flux des élèves partant de 2015 à 2030 et ensuite de voir quelles sont les ressources qu’il va falloir injecter pour atteindre les objectifs. Nous sommes satisfaits du modèle de simulation mais aucun modèle n’est parfait. Il appartiendra aux acteurs chargés de sa mise en œuvre d’être un peu plus conséquents et à l’étape d’évaluation, on pourra aviser. »

Paul Loko , Directeur exécutif du Conseil des Activités Educatives du Bénin (CAEB)

«Mes impressions sont bonnes au sortir de cette rencontre car, nous suivons ce travail depuis un certain moment. Ce travail nous permet de voir quels sont les besoins réels de notre système éducatif et comment satisfaire ces besoins ? Quels moyens mobiliser pour atteindre les objectifs post 2015 du système éducatif béninois ? Nous attendons dans ce modèle que le gouvernement puisse investir dans la construction et l’accès aux centres de recherche et de documentation afin que les enfants puissent acquérir des compétences. L’autre chose, c’est que le partenariat public-privé soit une réalité. Il faut ouvrir les écoles aux entreprises. Ainsi, nos enfants ne sortiront pas des écoles avec des théories mais également avec certaines connaissances pratiques et des expériences. »

Florence Sehlin , Chargée de communication à l’ONG Racines

«J’ai suivi toutes les présentations avec beaucoup d’intérêt et je constate que de nombreux paramètres ont été pris en compte pour améliorer le système éducatif béninois. Les ambitions sont très grandes et les propositions sont bonnes. Mais je crois que ceux qui sont en chômage n’ont pas été pris en compte. Qu’est-ce qu’il faut faire d’eux ? Comment les réorienter dans d’autres secteurs pour qu’ils trouvent à faire ? A cet effet, je compte me rapprocher du STP-PDDSE afin de faire des propositions parce qu’il est important de se rapprocher des entreprises pour recenser leurs besoins. C’est à partir de cela qu’il faut concevoir les curricula de formation et les compétences qu’il faut pour les jeunes. L’autre chose aussi, c’est qu’il faille faire des prévisions sur trois ans. On pourra faire des évaluations après chaque triennale afin de corriger et d’améliorer. Nous allons prier pour que le gouvernement prenne ces propositions en considération et travailler pour que les objectifs soient atteints. »

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