Hymne à la liberté

  • 0
  • 52 views

Le cher 26 octobre qui nous vient encore, représente une date importante pour moi. Il résonne diversement dans la tête et le cœur de tout un chacun de nous avec des souvenirs divers qui commencent à s’estomper à cause de nos historiens et autres spécialistes occupés à ressasser toutes les autres histoires sauf la nôtre.
Il est aussi vrai que d’autres, pas des moindres, qui ne connaissent que l’immédiateté cherchent à l’ensevelir car, en plus d’autres contingences, ils semblent croire que le meilleur est avec eux.
Mon 26 octobre 1972 a été merveilleux ! A chaque fois que je recherche en moi le plus beau jour de ma vie, c’est celui-là qui me revient. Pendant longtemps, je me suis étonné ayant connu les joies de la paternité, de promotions professionnelles diverses sans oublier quelques tumultueuses amours qui ont jalonné ma longue jeunesse ! Mais alors qu’avait-il de si merveilleux ?
Après bien des années et quelques introspections, j’ai enfin compris que ce jour m’a permis, pour la première fois, d’avoir conscience de ma liberté. En ce jour fatidique et quasi béni du coup d’Etat, j’étais en route pour l’école pour affronter les leçons et autres calculs sans oublier la fameuse dictée des : « phrases détachées ». Et puis, miracle : on me dit qu’il n’y avait pas école. Rentrer à la maison un jour de cours ! Est-ce possible ! J’avais inutilement triplé ma culotte (les puristes comprendront) !
Ce qui m’étonne aujourd’hui, c’est pourquoi en ce moment seulement, cette prise de conscience de ma liberté. Ce coup d’éclat à l’échelle d’un pays m’a libéré pour des raisons différentes. Non ; je n’étais pas révolutionnaire et je ne criais pas « ablodé gbadja ». Mais je n’en pensai pas moins. Mon plaisir voire mon bonheur était intérieur : Je pouvais disposer de ma journée et de mon temps ; mon maitre n’était pas celui du monde et je pouvais me libérer !
Que fis-je de cette journée où la conscience de ma liberté rencontra d’autres différentes par leurs objectifs et ambitions. Le Président Kérékou, ce saint homme de l’histoire béninoise pouvait-il croire qu’il a fait basculer le destin d’un enfant ! Il m’avait fait échapper au parmatois que mon honnête maître maniait avec une dextérité déconcertante pour travailler nos fesses qui refusaient la connaissance ! Ce qui est étonnant ici, c’est cette expérience de la liberté dans cette prise de conscience individuelle. Et pourtant, depuis des années, avant ce moment, j’avais quand même des parcelles de liberté qui ne me disaient rien parce que proposées ou imposées par les vacances ou les week-ends qui ne représentaient, selon moi, que des intermèdes vers l’école et mon tout puissant maitre.
Deux choses ressortent à savoir que le maître n’était pas un dieu inamovible et que je trouverai d’autres opportunités d’exercer, non pas seulement cette liberté individuelle, mais surtout la conscience de cette liberté. Je me surprends alors à constater qu’il y a des évènements qui sont un déclic et vous font prendre conscience de votre soumission et de votre asservissement mais surtout vous invite à vous lever et à agir.La première réponse ici, pour moi, n’est pas de fuir l’école qui est un bien nécessaire mais de l’intégrer et de s’en servir avec discernement et ambition à travers le temps.
En vérité, ce sursaut d’enfant nous concerne tous et devrait devenir le leitmotiv de notre conscience collective en Afrique. Plusieurs situations du moment nous ouvrent les yeux, notre état de dépendance, économique, politique et surtout morale. On pourrait être dominé, dépassé mais jamais complètement et totalement soumis. Ces situations devraient être le déclic pour une prise de conscience non pas seulement de notre école inadaptée, de notre religiosité aliénante, de nos démocraties tourmentées, mais agir. Les soubresauts politico-militaires traduisent le malaise et ne sont pas la solution. Il y a mieux, à savoir que les peuples et leurs élus ont besoin de se parler sans majorité et opposition. Il y a eu les conférences nationales ; elles reviendront un jour sous une forme plus rationnelle, c’est-à-dire moins émotive.
D’aucuns vont me lire et se demander où est le pain et la bière sinon le reste fait de stupre et de déviances diverses. Leur avenir est assuré : Cette race d’autruche est née pour briller dans les quêtes des temples chrétiens et dans les cérémonies au village.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

Atelier du PAM au profit des professionnels des médias du Bénin : Informer et former sur le PNASI et autres initiatives
Prev Post Atelier du PAM au profit des professionnels des médias du Bénin : Informer et former sur le PNASI et autres initiatives
Le Flash Info du 23/10/2023
Next Post Le Flash Info du 23/10/2023

Leave a Comment:

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *