Il a dit marchandisation !

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Waou ! On croirait à une poussée syntaxique, un peu comme la récompense légitime d’un exploit intellectuel. Les faits parfois édifient avec une bonne dose d’incertitudes. A travers les lignes et pages du légendaire document « Agenda pour un Bénin nouveau », l’homme de 2006 a peint le visage d’un pays apocalyptique avec un vent de pessimisme. Dans un diagnostic amer de la situation sociopolitique d’alors, il indiquait à raison : « Il existe un décalage réel et persistant entre les professions de foi et la pratique des uns et des autres. La vie politique nationale est marquée par un fossé de plus en plus profond entre la classe politique et la société civile d’une part, l’exacerbation du clientélisme, notamment la marchandisation du vote et des postes de responsabilité politiques et administratifs d’autre part. L’administration est gangrenée par la politisation, la corruption et la concussion, résultats de la désertion de l’éthique et de la banalisation de la chose publique. Elle se caractérise par de faibles performances que traduit l’insatisfaction persistante des usagers… ». Des mots forts pour jeter à la figure surtout des pervers et incrédules de la mal-gouvernance de cette époque, les maux qui restreignent notre progrès. De vous à moi, bientôt 10 ans après, devons-nous être fiers ? Je me suis longtemps refusé de parler politique ; j’ai même fait ce pari, sachant que rien d’aussi affligeant m’y obligerait. Permettez mon intrusion dans votre maison des longs discours, des grandes rhétoriques. La marchandisation du vote et des postes de responsabilité politiques et administratifs est toujours d’actualité et l’exacerbation du clientélisme répond présent. Qui pourra me dire les fondements du gel des élections à la CCIB ? La politique s’est invitée dans l’écurie des opérateurs économiques, privant tout un pays d’aubaines. La réussite professionnelle dans l’administration surtout publique rime avec les parrainages politiques ou sa capacité à se livrer avec persistance et éloquence au culte de personnalité. Un peu comme un jeune rossignol, on chante tout, on dit tout, à la limite on se retrouve des traits ethniques et même des liens familiaux avec le seigneur, le seul décideur par qui on croit assurer sa survie. Un fait nouveau qui tristement se généralise et bat des records, les marches forcées de remerciement. Elles sont en passe de devenir le sésame pour briguer un poste de responsabilité. Aussitôt promu qu’on ne tarde à battre pavés voire aérodrome, avec derrière un groupe d’individus corrompus, pour crier « Alléluia, je peux enfin me mettre plein les poches !» Le clientélisme s’est davantage enraciné avec une mauvaise prime à la compétence. Les plus valeureux éloignés du système de la marchandisation sont laissés pour compte, inexploités dans des bureaux asséchés. Et c’est justement leur sort. On aurait souhaité que le seigneur crée la révolution en désarmant aussitôt les promus qui s’offrent des moments de plaisir aux travers des marches sordides et crasseuses. Mais ne rien dire pour arrêter la saignée suppose qu’on y consent !

Serge-David ZOUEME

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