Jacques Philippe Gbédjéglo Aho, à propos de l’ESEU : « C’est une seconde chance qui est offerte à ceux qui ne réussissent pas au Bac »

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Le principal diplôme pour accéder aux études universitaires est le Baccalauréat. Se limiter à cette seule alternative signifie éloigner de nombreuses personnes des études universitaires. C’est pour donner une deuxième chance à ceux qui sont pris dans le monde professionnel que l’Examen Spécial d’Entrée à l’Université (ESEU) est créé. Jacques Philippe Gbédjéglo Aho, chef service des études et de l’orientation universitaire de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), lève le voile sur cet examen de la 2e chance.

Educ’Action : Présentez-nous l’ESEU.

Jacques Philippe Gbédjéglo Aho : L’ESEU est l’Examen Spécial d’Entrée à l’Université. C’est un test qui est organisé par l’université pour permettre à des personnes n’ayant pas le Bac et qui sont désireuses de poursuivre leurs études à l’université, d’avoir cette chance.

A quand remonte la première édition de ce test à l’université ?

Il faut dire que le texte créant cet examen est un arrêté datant de 1972. C’est dire qu’il y a beaucoup de personnes qui ont eu l’ESEU et qui ont eu un beau cursus académique. Ils sont nombreux à être sur le terrain, à être sur le marché de l’emploi actuellement.

L’ESEU est-il équivalent au Bac ?

On peut dire que c’est un équivalent au Bac puisque, lorsque quelqu’un réussit à cet examen, il peut poursuivre ses études à l’université dans les facultés. Mais l’esprit de ce test, c’est qu’il n’équivaut pas automatiquement au Bac. Dès l’obtention ou dès la réussite à cet examen, on ne peut pas vous délivrer l’équivalence. Dans l’esprit, cet examen est voulu pour que ceux qui l’obtiennent, puissent accéder à l’université afin de poursuivre leurs études universitaires. Dès que vous réussissez à l’ESEU, vous êtes obligés de vous inscrire à l’université pour chercher un premier diplôme. A ce moment seulement, on peut vous donner l’équivalence du Bac. Avant l’avènement du LMD, lorsque quelqu’un réussit à l’ESEU et qu’il va chercher un DUEL (Bac +2), on peut à ce moment-là lui établir une équivalence de l’ESEU avec le Bac. Avec le LMD, il faut aller chercher une Licence. A partir de ce moment, vous pouvez avoir une équivalence du Bac.

Après 51 ans de mise en œuvre, pour vous qui êtes à l’organisation, quel bilan dressez-vous ?

Nous sommes à l’organisation de cet examen depuis quelques années. Nous faisons un bilan satisfaisant. Nombreux sont ceux qui ont passé cet examen et qui ont poursuivi leurs études au point d’avoir le doctorat. Parmi les enseignants de l’université, on peut aussi vérifier qu’il y en a qui sont passés par l’ESEU également. C’est un examen très utile qui a rendu service à beaucoup de nos citoyens béninois. Même au-delà, il y a des étrangers qui ont pris par l’ESEU pour accéder aux études universitaires. Chose qui n’était pas possible faute de ne pas avoir eu le Bac. C’est une seconde chance qui est offerte à tous ceux-là qui ne réussissent définitivement pas au Bac. Mais qui, grâce à ce test mis en place, peuvent aussi accéder à l’université. Ce n’est pas un secret qu’il n’y a pas que l’ESEU qui permet de s’inscrire à l’université. Outre le Bac et l’ESEU, il y a aussi le diplôme de Capacités en Droit (Capa Droit) qui permet de faire les études universitaires. A la différence du Capa droit où vous vous inscrivez et vous faites deux ans d’études à l’issue desquels vous pouvez obtenir 12 de moyenne avant de vous inscrire en 1re année de faculté, l’ESEU quand vous le réussissez, vous vous inscrivez directement. Vous n’avez pas de formation à suivre avant de passer l’ESEU.

Est-ce à dire que mieux vaut fuir le Bac et s’accrocher à l’ESEU ?

Pas du tout ! Le test est fait de façon que cela n’entre pas en concurrence avec le Bac. Nous nous assurons que celui qui veut passer l’ESEU n’est pas candidat au Bac. Nous vérifions cela d’abord. Il y a une attestation de non inscription sur les registres du Bac qui est exigée à l’inscription. C’est l’Office du Bac qui la délivre à chaque candidat à l’ESEU. Parmi les pièces demandées, il faut présenter une attestation justifiant d’années d’expérience professionnelle. C’est pour dire que le test est destiné aux gens qui sont en situation de travail. Ce n’est pas orienté vers les élèves. L’âge minimum pour que la candidature soit acceptée est 25 ans au moins. On ne fait pas concurrence avec le Bac.

Comment cet examen est-il organisé ?

L’ESEU, pour la plupart des options que nous avons, se déroule en deux étapes. La première étape est une épreuve orale. C’est un jury qui reçoit les candidats. C’est une discussion pour jauger le niveau de culture générale des candidats. Cette épreuve orale est éliminatoire. Lorsque le jury, composé d’enseignants de l’université, estime que vous avez le minimum requis pour vous exprimer en français et que vous donnez la preuve d’un minimum en termes de culture générale, vous êtes acceptés.
Après cette épreuve orale, suivent les épreuves écrites. Il s’agit seulement de trois matières. Il y a d’abord le français. Selon les options, vous avez les langues : anglais, allemand, espagnol. Vous avez aussi les matières scientifiques : mathématiques, Physique, Chimie et Technologie (PCT) et Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). Il y a aussi l’histoire et la géographie.
Pour ce qui est de l’option A2, ils ne sont pas concernés par l’épreuve orale. Ils composent directement à l’écrit dans les trois matières de Capa Droit. A l’issue des épreuves écrites, il y a la correction qui est organisée par des enseignants de l’université, mais qui interviennent aussi dans l’enseignement secondaire. Ils ont une vue sur l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. Ils ont une connaissance du programme de Terminale.
Avec l’option A2, nous récupérons ceux qui n’ont pas obtenu les 12 de moyenne à l’issue de la formation de Capacité en Droit pour entrer à l’université. Nous les récupérons et ils peuvent passer directement les épreuves écrites de l’option A2. Lorsqu’ils réussissent, ils peuvent s’inscrire à l’université mais en droit seulement. C’est l’option A2 de l’ESEU.
Après la correction, il y a une délibération et la proclamation des résultats, suivie de l’affichage. Après cela, les lauréats peuvent s’inscrire à l’université en réclamant les titres liés à leur admission à cet examen.

L’ESEU semble être réservé uniquement aux personnes ayant fait les séries générales. Qu’en est-il de ceux qui ont fait l’enseignement et la formation technique et professionnels ?

L’examen est réservé à tous. Le minimum requis c’est le BEPC ou son équivalent comme le CAP de l’enseignement technique.

Nous sommes à quelques jours du prochain examen. Quel est votre message à l’endroit des éventuels candidats ?

Depuis des décennies, l’ESEU permet de s’inscrire à l’université. L’ESEU donne une seconde chance à tous ceux qui le souhaitent, à tous ceux qui sont désireux de poursuivre leurs études universitaires mais qui n’ont pas eu la chance d’obtenir le Bac. L’ESEU est mis en place pour eux afin qu’ils saisissent cette chance de faire leurs études universitaires. Tous ceux qui le souhaitent, pour autant qu’ils se préparent bien, pour autant qu’ils s’exercent bien, peuvent réussir à l’ESEU et s’inscrire à l’université. Il faut préciser que l’ESEU n’est pas un concours. C’est un examen. Cela veut dire que tous ceux qui participent à cet examen et qui travaillent, réussissent toujours. Même s’il est vrai que nous n’avons pas des pourcentages élevés. Tout se fait selon le programme actuel. Il faut reprendre les études, notamment pour ceux qui ont laissé les bancs il y a longtemps. Nous sommes ouverts à ceux qui le souhaitent. S’ils viennent dans nos bureaux, ils auront les anciennes épreuves et leurs corrigé-type. Ils pourront les photocopier afin de s’exercer avec.

Propos recueillis par Adjéi KPONON

La Revue des Titres du Journal Educ’Action du 19/12/2023
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