LA BIVALENCE DES ENSEIGNANTS AU PREMIER CYCLE DU SECONDAIRE GENERAL AU BENIN

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Dans le cadre de la réforme du collège, il est prévu de mettre en place des « Collèges de proximité ». Pour mieux mettre en œuvre cette réforme, le Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (MESTFP) avec l’appui financier du Projet Partenariat Mondial pour l’Education (PPME3), s’active dans la révision des curricula des Ecoles Normales Supérieures pour la bivalence dans les établissements du secondaire général.

Le Bénin est en marche vers la concrétisation des objectifs des phases 2 et 3 de la vision Alafia 2025 selon laquelle il s’agira de « Bâtir un système éducatif et de formation qui vise la croissance économique au service du développement (2011-2020), la restauration des valeurs sociales et la reconquête de l’environnement extérieur (2021-2025). »

Conformément aux décisions d’Inchéon sur l’education, le Partenariat Mondial pour l’Education accompagne le gouvernement béninois à améliorer le système éducatif en matière de performance de ses acteurs. La décision du Gouvernement de faire un retour à la bivalence des enseignants du premier cycle du secondaire a suscité et suscite encore plusieurs questionnements parmi lesquels on peut noter : quelle est l’origine de cette initiative ? Pour quelle raison et pour quoi encore la bivalence ? De quoi s’agit-il réellement ? Quelle est la plus-value que l’on peut espérer d’une telle initiative et comment va-t-elle se faire ?
Pourtant, cette decision salutaire n’est pas sortie du néant et n’est qu’une formalisation des actions menées depuis des décennies.

LA BIVALENCE, UNE NOSTALGIE DES ANNEES 1980 ?

En interrogeant l’histoire, il apparait que la question de la bivalence n’est pas une nouveauté. Entre-temps, l’enseignant pouvait, à lui seul, enseigner au moins deux disciplines et ce, suivant les « similitudes existantes » entre ces disciplines. Il pouvait enseigner le binôme Maths-Physique ou Maths-Biologie ou encore Anglais-Espagnol, Français-Histoire et Géographie. Pour ne faire que ces rappels.

Mais au fil du temps, l’enseignement au secondaire a cessé d’être bivalent. Chaque enseignant, désormais, n’enseigne qu’une discipline, ce qui a drastiquement élevé le nombre d’enseignants à mettre à la disposition des écoles, créant ainsi des failles dans le système éducatif. En dépit des mesures prises pour pallier le mal, la problématique des effectifs pléthoriques, dans les établissements d’enseignement publics, est devenu un sujet très préoccupant qui nourrit des perspectives d’une revue du système pour « construire un système éducatif et de formation à partir du modèle de société désiré et des valeurs qui en sont les piliers culturels pour que l’éducation et la formation soient effectivement au service du développement et de l’épanouissement humain. » comme inscrit dans Bénin Alafia 2025.

LA BIVALENCE, QU’EST-CE ? POUR QUOI ET POURQUOI ?

La bivalence se dit d’une personne qui a la particularité de pouvoir mener à bien deux fonctions différentes. De ce fait, parler de bivalence des enseignants revient à dire que le même enseignant aura deux disciplines à enseigner avec une discipline dominante. Toutefois, il peut y avoir des cas où l’enseignant devra enseigner trois disciplines composites comme Physique-Chimie-Technologie.
Plusieurs raisons motivent le retour à cette initiative, selon ceux qui l’avaient pratiquée. Ils estiment que c’est une mesure qui pourra, si elle est bien appliquée, aplanir les difficultés auxquelles l’école, au secondaire, est confrontée.

En effet, la gratuité de l’école a été, entre autres, l’un des facteurs exogènes qui a contribué au taux élevé de scolarisation sans, pour autant, régler les questions de disponibilité d’enseignants et cellesdes compétences en matière d’enseignement-apprentissage.

Nul ne doute que les matières transversales comme les mathématiques et le français exigent un nombre important d’enseignants. Malheureusement, dans le contexte actuel, peu de gens en sont des professionnels. Cette situation crée des deficits à combler.

Par ailleurs, l’admission à la retraite de la majorité des enseignants, notamment, dans ces disciplines, l’amenuisement des ressources et notamment la nécessaire interdisciplinarité pour s’accorder avec la mondialisation, la globalisation et le monde du numérique contraignent les nations à opter pour un renforcement, voire une formation des professionnels du métier d’enseignant dans plusieurs branches en vue d’élargir leurs champs de connaissances et gérer à la fois les problèmes liés à la couverture des quotas horaires et la disponibilité des enseignants.

DE QUOI S’AGIT-IL REELLEMENT ?

En référence au cursus scolaire de l’éducation de base défini dans la nouvelle architecture du système éducatif du Plan Sectoriel de l’Education (PSE) post 2015, il est question entre autres : « d’assurer aux enfants de 3 à 15 ans, une éducation de base de qualité ». Au nombre des stratégies à développer pour l’atteinte de cet objectif, il est question de doter les Ecoles Normales Supérieures (ENS) de curricula, pour la formation initiale à la bivalence des enseignants en Mathématiques-Informatique et Informatique-Mathématiques, Français-Anglais et Anglais-Français, Histoire et Géographie-Français, Sciences de la Vie et de la Terre et en Physique-Chimie et Technologie.

Pour asseoir ce dispositif avec les nouvelles orientations de l’éducation, le MESFTP s’inscrit dans une démarche inclusive et participative. Cette nouvelle approche systémique interministérielle (MESTFP- MESRS) nécessite des ateliers d’harmonisation, d’appropriation des phases consensuelles de la démarche d’élaboration des curricula, autant à l’Université qu’au secondaire, afin que les produits finis soient recevables des deux côtés.

A cet effet, plusieurs spécialistes ont été identifiées en vue de l’atteinte des résultats : des méthodologues, des didacticiens, des enseignants expérimentés, des enseignants bivalents en situation de classe, des inspecteurs de l’enseignement secondaire, des conseillers pédagogiques, des professeurs d’université, des personnes ressources du sous-secteur de l’éducation. Leur travail consiste, entre autres, à élaborer un guide unique de méthodologie d’élaboration des curricula pour la formation des enseignants bivalents.

QUELLE EST LA PLUS-VALUE DE CETTE INITIATIVE ?

Il y a, dans cette initiative, bien des bénéfices à gagner autant par l’Etat, les enseignants que par les apprenants :

 Intérêts pour l’Etat
La réussite de cette initiative portée par le Partenariat Mondial pour l’Education aux côtés du Gouvernement béninois offre dorénavant la garantie d’avoir :
• la possibilité de mettre à disposition, pour le supérieur et pour le secondaire, un canevas harmonisé d’élaboration des curricula ;
• un arrimage des orientations universitaires avec les connaissances construites au secondaire ;
• la performance dans la prestation des enseignants qui, au sortir des ENS, seront plus outillés tant en pédagogie qu’en didactique ;
• la double responsabilisation de l’enseignant pour régler, à n’en point douter, les problèmes de déficits d’enseignants…

 Intérêts pour les enseignants
• une meilleure organisation de sa personne en tant qu’enseignant bivalent ;
• le développement de l’esprit de curiosité et d’auto-formation en vue du renforcement de ses capacités personnelles…

 Intérêts pour les apprenants
• des apprenants qui souffriront de moins en moins des problèmes liés à l’absence d’enseignants ;
• des apprenants qui vont développer leur curiosité afin de répondre valablement aux préoccupations pédagogiques de leurs enseignants…

Blaise C. DJIHOUESSI
&
Jean-Euloge G. ADETONA

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Comments 3
  • Brunel

    Pufffff, le Bénin fait toujours un pat en avant et 10 en arrière. Sinon pourquoi encore cette affaire de bivalance en ce 21è siècle. Je croyais que le ministre actuel est venu apporter du nouveau mais malheureusement il est venu faire la promotion de bivalance. Moi personnellement je n’ai jamais été fièr de notre système éducatif. Chaque ministre vient pour rétrograder les peu d’efforts fournis. Mais quand tu lis leur parcours tu risques de mettre un espoir de réforme en eux… En tout cas tout ce brille n’est pas de l’or. Vous pouvez même apporter trivalence , polyvalence quadivanlence même decavalence. C’est votre système éducatif, faite en ce que vous voulez. C’est le peuple qui en souffrent. Mais à brebis tendu c’est Dieu qui modifie le vent🙄🙄🙄🙄🙄🙄🙄🙄🙄🙄

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    4 août 2021
  • GANHOUNOUTO

    Franchement cette bivalence ne permet pas du tout de résoudre le problème de l’enseignement de nos jours.”Autre temps autres moeurs”dit on c’est du révolu.Que le gouvernement envoie en formation les enseignants qui sont sur le terrain et leur detent d’un quota horaire hebdomadaire raisonnable Les avantages sus cités ne contribueront en rien à l’amélioration du système éducatif béninois

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    4 août 2021
  • AGUEHOUNDE Mouhoutar

    C’est une approche mais dire que c’est une solution pour l’insuffisance d’enseignants.
    Je ne crois pas, car les enseignants fonctionnent suivant des cota horaires.
    Si un enseignement de SVT veut enseigner PCT il doit laisser des classes en SVT . Ainsi le problème de manque d’enseignants persisterait toujours.
    * Pourquoi ne pas orienter Les étudiants vers ces matières avec des accompagnements possibles ?
    * Assurer les autudiants que la formation se fait dans les règles de l’art et non au bon vouloir des professeurs formateurs.
    * Être à cheval entre deux matières ne permettrait pas l’efficacité de l’enseignant.
    * si non comment comprendre qu’un étudiant qui ne réussit pas ses études les universités du Bénin s’en sort brillamment à l’extérieur.
    Nb: faisons une politique qui incite les enseignants à se cultiver d’avantage.

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    4 août 2021

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