La vie de l’école deux mois après la rentrée : Entre difficultés et évaluations

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Cela fait presque deux mois déjà que l’école béninoise a rouvert ses portes pour le compte de l’année scolaire 2013-2014. Dans le septentrion, ce laps de temps est partagé entre difficultés, indiscipline et intenses activités pédagogiques.

C’est un secret de polichinelle que depuis le 3 octobre dernier, la reprise des activités pédagogiques dans les écoles, collèges et lycées du Bénin est effective. Seulement, deux lunes ont suffi pour que l’école dans la partie septentrionale révèle, au grand dam de ses usagers, ses tares. Dans la plupart des établissements sillonnés, les problèmes sont presque identiques. Insuffisance de salles de classe et de mobiliers scolaires, manque criard du personnel d’encadrement, insuffisance d’intrants didactiques et pédagogiques constituent le lot quotidien des apprenants, enseignants et parents d’élèves, qui, face à ces difficultés récurrentes, s’en remettent à la providence gouvernementale. Si dans les établissements secondaires, des mesures palliatives s’offrent aux chefs d’établissements surtout par rapport au manque criard d’enseignant, à travers le recrutement des vacataires, dans les écoles maternelles et primaires, c’est toute une autre réalité. L’école des enseignants communautaires étant révolue, les classes sans maître sont désormais soit jumelées ou soit confiées à des stagiaires en quête d’un parchemin professionnel. Ailleurs, les apprenants sont répartis dans les cours de même niveau. A Karimama par exemple, la pratique de la classe multigrade qui consiste à mettre ensemble, dans une même salle de classe des apprenants de différents cours constitue le remède à la pénurie d’enseignants qualifiés. Conséquence, les salles de classe sont bondées d’élèves. Tels des esclaves lors de l’odieux commerce transatlantique, dans les bateaux des négriers, plus de 80 voire 100 écoliers à la quête du savoir sont entassés dans une même salle de cours. Les efforts du gouvernement se révèlent comme une goutte d’eau dans la mer, les problèmes du système éducatif étant monstrueux. A quand alors la thérapie de choc pour une véritable école de qualité au Bénin ? Peut-être les probables prochains états généraux de l’éducation permettront de sortir de l’auberge.

Le rendez-vous de l’espérance

Ces difficultés qui, il faut le souligner ne datent pas d’aujourd’hui, n’émoussent en rien l’ardeur des enseignantes et enseignants. Tant bien que mal, sur fond de sacerdoce, ils s’acquittent quotidiennement de leur tâche républicaine. La preuve, dans la plupart des établissements secondaires publics, le compte à rebours a commencé. L’heure est aux premières évaluations du premier semestre. La semaine écoulée, à l’instar des apprenants du Lycée Mathieu Bouké de Parakou, ils sont par milliers des autres collèges des départements du Borgou et de l’Alibori à plancher. Les établissements privés emballés dans le système de trimestre ne dérobent pas à cette exigence pédagogique. Après les compositions hebdomadaires, les élèves du Collège privé Roger Lafia ont composent dans la semaine du lundi 25 novembre pour le compte de la première série des évaluations sommatives du premier trimestre. Si au Lycée des jeunes Borgou-Alibori les dés sont jetés, il faut encore attendre le 9 décembre au CEG Goumori dans Banikoara pour voir se dérouler ces évaluations. Dans les écoles primaires, après les évaluations mensuelles de Novembre, ce n’est qu’au début du mois prochain que les écoliers seront soumis aux épreuves de la première évaluation certificative de l’année scolaire. Cahin-caha, les activités pédagogiques se déroulent dans la quasi totalité des écoles du septentrion. L’espoir est donc permis.

L’Indiscipline galopante

Au même moment, l’indiscipline gagne du terrain dans les collèges et lycées du Borgou-Alibori. Aux éternels problèmes d’escalade de mur, d’exercices non faits, de bavardage, de flânerie, de retard et d’absence au cours etc., les surveillants généraux des établissements secondaires doivent aujourd’hui faire face (avancée technologique oblige) à l’utilisation du téléphone portable. Il ne se passe plus de jour sans que le téléphone portable d’un élève ne soit saisi. En dépit des dispositions de l’article 10 du règlement intérieur des établissements secondaires à régime externat qui en interdit l’usage, nombreux sont encore les élèves qui vont au cours avec les téléphones portables ; foulant ainsi au pied ces dispositions. Au CEG Banikanni à Parakou, plus de vingt téléphones portables ont été saisis et détruits entre le 3 octobre et le 10 novembre passé. A en croire M. André Dimon, directeur de ce lieu du savoir, la plupart des élèves prit en flagrant délit étaient en train de savourer des films pornographiques préenregistrés sur leurs téléphones. Toute chose, martèle-t-il, qu’on ne pourrait autoriser dans un centre d’éducation. Dans ces conditions, les téléphones saisis sont systématiquement plongés dans un seau d’eau prévu à cet effet. Débordés par ces cas d’indiscipline répétés, certains surveillants généraux ne tardent pas à recourir aux châtiments corporels, pourtant interdits.

Maurice FADEGNON (Borgou/Alibori)

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