Laboratoires dans les collèges : L’administration scolaire plaide pour une subvention

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L’indisponibilité des intrants pour effectuer des expérimentations constitue l’une des difficultés rencontrées dans les laboratoires scolaires au Bénin. Dans une démarche de doléance, l’administration scolaire plaide pour la subvention des intrants.

Les laboratoires jouent un rôle important dans le fonctionnement des établissements d’autant plus que les activités qui s’y déroulent, accélèrent l’acquisition du savoir chez les apprenants. Malheureusement, dans la majorité des Collèges d’Enseignement Général (CEG) sillonnés, cette infrastructure est inexistante. Les quelques rares qui existent, sont confrontés à plusieurs difficultés.

L’accès au laboratoire comme difficulté

« Nous avons un laboratoire dans notre établissement mais nous n’y accédons jamais. Peut-être parce qu’il n’y a rien dedans », suppose un élève de la classe de 1re D. Un autre élève de la Terminale B confie : « Avec ma série, je ne sais pas si les pratiques en laboratoire sont indispensables pour nous. Néanmoins, je ne vois jamais mes camarades des autres séries allés au labo. Le labo ne fonctionne pas. » Autrement, l’accès au laboratoire, constitue en lui-même une difficulté. Le professeur certifié des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT), Jiress Adokpossou, dira clairement que « dans notre collège, nous avons une difficulté qui est liée à l’accès au laboratoire ». A cette première difficulté, l’enseignant va ajouter la vétusté du matériel de laboratoire. Un autre enseignant des Sciences Physique, chimie et Technologie (PCT) en fonction au CEG Dantokpa qui a requis l’anonymat, reconnaît pour sa part que le manque de formation des enseignants pour les pratiques en laboratoire est une autre difficulté. L’une comme l’autre, ces difficultés ne sont pas sans conséquences. Elles entraînent la baisse du niveau des apprenants, confie l’enseignant de SPCT.

Des doléances pour des laboratoires fonctionnels

Le regard sérieux et à la fois inquiet, Patient Gnitona, le directeur du CEG1 de Natitingou constate : « La dernière fois, les apprenants de la Terminale D ont fabriqué du savon sous la supervision de leur enseignant de PCT. C’est eux-mêmes qui ont acheté les ingrédients alors que c’était à l’école de le faire. A la fin des études, certains peuvent s’investir dans cette activité et gagner leur vie. S’il n’y a pas la pratique dans la formation, c’est dire que les enfants seront formés à moitié. Négliger les laboratoires, c’est faire une formation au rabais. On continuera à former des chômeurs alors qu’il faut former des gens qui vont se prendre en charge. C’est l’objectif de l’APC. » Pour lui, ce rêve n’est pas impossible à réaliser. Il faut pour cela satisfaire certaines doléances.
Notre principale doléance, souligne-t-il, c’est que l’Etat envoie un laborantin et qu’il subventionne aussi l’achat des produits de laboratoire pour diminuer les charges de l’établissement. On pourrait aussi réhabiliter les laboratoires pour les rendre plus fonctionnels. Cela va contribuer à la pratique chez les enfants, ajoute-t-il. L’autre chose, c’est que l’Etat mette en place un mécanisme pour combler le gap occasionné par la différence sur les frais de scolarité entre les établissements du nord et du sud.
L’enseignant du CEG Dantokpa qui a requis l’anonymat, émet comme doléance, que l’Etat équipe les laboratoires existants, de matériels de la nouvelle génération avec une formation des enseignants pouvant enseigner dans ces laboratoires.
De son côté, l’enseignant des SVT, Jiress Adokpossou plaide pour que soient construits, des laboratoires dans tous les CEG. Mieux, il insiste sur le fait que ces laboratoires soient équipés, d’une part pour motiver les apprenants. D’autre part, pour rendre plus concret l’apprentissage. Pour avoir constaté que généralement les laboratoires servent finalement de salle de cours dans plusieurs CEG, plutôt que de servir pour les pratiques, le professeur certifié des SVT propose que des salles de classes soient construites afin de libérer totalement les laboratoires pour les travaux pratiques.

Réalisation : Estelle DJIGRI
& Adjei KPONON

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