Le contenu de l’Education Sociale à l’école primaire au Bénin : Une occasion manquée pour apprendre aux écoliers à devenir dans un monde qui va à 100 à l’heure

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Quels sont les pouvoirs qui existent ?
Quelle est l’institution qui anime le pouvoir exécutif ?
Quelle est l’institution qui anime le pouvoir législatif ?
De quoi est composé le relief du Bénin ?
Quelles sont les limites naturelles du Bénin ?
Quels sont les éléments qui déterminent le climat ?
En quelle année et par qui a été fondé l’empire du Ghana ?
En quelle année et par qui a été fondé l’empire du Mali ?
Quelle est l’institution qui organise les élections au Bénin ?
Quelle est l’institution qui proclame les résultats définitifs des élections législatives et présidentielles au Bénin1 ?
Voilà quelques questions que l’on peut lire sur une épreuve de ES (Education Sociale) au Niveau 3 de l’enseignement primaire au Bénin. Je me sens tout de suite interpellée pour une kyrielle de raisons, dont j’exprime les plus urgentes, sous forme de questionnements.
Lorsque l’on évoque la culture générale, à quoi cela vous fait-il penser ? Sur Google, on lit ceci : « Développement de certaines facultés de l’esprit par des exercices intellectuels appropriés. C’est l’ensemble des connaissances acquises ».
Mon autre question est celle-ci : Le programme de ES de l’école primaire au Bénin est-il conçu pour enseigner la culture générale, ou bien les savoirs nécessaires à la construction progressive du citoyen de demain2 ? Ou encore : Quels sont les objectifs didactiques globaux visés par le programme national de l’enseignement primaire au Bénin ? Pour le cas échéant, en ES ? Puis, pour faire court : Quel type d’hommes et de femmes sortiront de cette école, pour quel monde3 ?
Pour progresser dans la vie, il faut s’inspirer de modèles de réussite. D’ores et déjà, je puis affirmer que dans les cultures traditionnelles africaines, et je parle sous le contrôle de grands penseurs qui continuent de vivre par leurs pensées : Jomo Kenyatta, Birago Diop, Cheikh Anta Diop, Cheikh Hamidou Kane, etc.
Dans le recueil de recherches en Sciences de l’éducation, publié sous la direction de Dasen et de Akkari, intitulé Pédagogies et Pédagogues du Sud 4, l’individu appartient à une famille, une communauté, une société : le cadre éco-culturel. Il est éduqué par tous les ainés. L’instinct grégaire, la relation avec la matrice, la terre-mère et les ancêtres (esprits), la cosmologie et la religion dominent cet apprentissage informel. Depuis la niche développementale, le microsystème, le processus d’apprentissage évolue au mésosystème pour s’épanouir dans le macrosystème (contexte écologique, socio-politique et culturel).
Dans une recherche intitulée L’éducation dans les couvents vodous du Bénin (Hounkpè, 2005)5 aborde un aspect des conflits générés par l’école en Afrique noire francophone. Les Africains ont connu et connaissent encore ce malaise lié à l’école en tant que structure bouleversante et peu respectueuse de l’identité culturelle, de même que de l’intégrité de l’enfant. C’est une approche qui permet d’appréhender le conflit omniprésent entre école moderne, famille et éducation traditionnelle. Cheikh Hamidou Kane (1961) en fait le sujet de son roman L’Aventure Ambiguë. À l’instar d’autres prosateurs négro-africains, comme Ferdinand Oyono dans son roman Une vie de boy, ou bien Seydou Badian, dans son roman Sous l’orage. Ken Bugul l’aborde amplement dans son roman Le Baobab fou 6 (1983).
Aminata Traoré, dans son ouvrage Le viol de l’imaginaire, (2002) abonde dans le même sens que les auteurs suscités en évoquant ses souvenirs scolaires en Afrique, le Mali des années 1950, mais surtout la hantise de sa mère, femme traditionnelle qui voit sa fille fréquenter une structure qui ne lui inspire aucune confiance : l’école des Blancs.
Si je me permets de rappeler les pensées de ces femmes et hommes de plumes sur l’épineuse et intarissable question de l’école et de ce qu’elle a fait des cultures africaines, c’est pour mieux faire cerner mes inquiétudes face au but réel des programmes actuels à l’école primaire. Quels lendemains réserve-t-on à des écoliers qui en sont encore à ce stade au XXIe siècle ?
Si nous sommes d’accord que les programmes actuellement en vigueur se réclament des pédagogies actives, je puis conclure qu’il y a une sorte d’incohérence, voire de contradiction entre les résultats attendus et les contenus qui doivent pourtant porter le projet pour l’atteinte de résultats probants. Il y a un problème.
En termes plus simples, on ne peut pas rester dans une classe de quatre murs pour apprendre les institutions de la République aux enfants, si tel est le désir de leur faire connaître les institutions de leur pays – encore que je n’en vois pas l’urgence et l’intérêt à ce stade. La vérité des pédagogies actives, plus expérientielles que directives, voudrait qu’on organise des excursions pédagogiques avec des objectifs bien tracés. Les écoliers rencontreront et discuteront avec les présidents de ces institutions incontournables de la République. Ensuite, ces autorités leur expliqueront leurs rôles dans la République.
De ces brassages entre les écoliers et les hauts cadres de cette Nation, il devra découler des leçons de vie, de savoir vivre, de savoir vivre ensemble. En l’espace d’une matinée, des scénettes pourraient être montées par les institutrices et instituteurs accompagnants, pour que les enfants intègrent l’essentiel à savoir. Surtout, le gain de telle sortie pédagogique devra être l’amour de la Patrie, planté dans le cœur de chaque enfant, pour des lendemains meilleurs.
Il urge de remédier à ces biais qui posent beaucoup de dommages à la Nation.
Depuis quelques temps, des vidéos circulent dans les forums whatsapp et l’on y découvre deux cultures, deux systèmes éducatifs : l’Asie d’un côté et l’Afrique noire de l’autre. Ceux qui ont vu cette vidéo, comme moi, ont décelé certainement le ton sarcastique de ces images qui parlent des maux qui minent encore l’éducation nationale sous les tropiques, sans utiliser des mots. Tandis que des écoliers asiatiques sont concentrés sur la construction d’un échafaud ou d’un édifice en bois alambiqué, complexe et très laborieux, sur la première vidéo ; sur la seconde, on distingue des écoliers d’Afrique noire en tenue uniforme kaki, en train de se rosser copieusement, encouragés par leurs camarades, derrière une salle de classe, tels des champions désordonnés et désorganisés, sur un ring de compétition de boxe, dépourvu d’arbitre.
Quels sont les besoins spécifiques en pédagogie qui demandent à exister dans une telle circonstance ?
C’est un appel, un cri de détresse, un SOS à une relecture pressante des programmes. Il se dégage la soif d’activités sportives de la part de ces enfants pleins d’énergie, convertie en énergie négative, face à l’oisiveté et à un défaut d’éducation. Le manque d’éducation à la culture de la paix, à concrétiser en ES morale et en ES civisme, se fait sentir également : « Lorsque mes camarades se battent que dois-je faire ? » « Je dois aller appeler un adulte, un maître ou une maîtresse, si je ne peux pas les séparer ». Lorsque l’adulte vient, ce ne sera pas pour enfoncer le clou, en cédant aussi à la violence. Attitude réflexe de beaucoup de personnes. Martin Luther King disait : « La haine ne supprime pas la haine. Seul l’amour y parviendra. » Que faire pour instaurer l’amour à ce stade de conflit ? L’adulte doit penser à des stratégies de résolutions pacifiques de conflit.
Il pourrait les faire travailler ensemble, après les avoir aidés à réguler leurs émotions. Ils doivent s’exprimer par des mots articulés, car ils sont dotés de langage, qui est un trésor bien plus précieux que tout l’or du monde. Ils doivent se dire ce qui les a froissés et se présenter mutuellement des excuses sincères. Ce comportement s’appelle la PAIX.
Lorsque l’on la cultive très tôt, on a des adultes formidables, humbles, empathiques, sensibles. C’est très différent des adultes belliqueux, despotes, arrogants, trop imbus de leurs petits êtres, qui ne savent jamais se remettre en question. Ceux que le psychothérapeute de la communication non-violente, Thomas d’Ansembourg appelle les ‘‘je’’ et pas les ‘‘nous’’.
A ce niveau, je puis dire sans risque de me tromper que l’école n’a pas trouvé, à ce jour, la meilleure pédagogie sociale pour enseigner les rapports sociaux. La base est faussée de partout. La responsabilité incombe aux familles, aux enseignants, à l’école en tant qu’Institution et à sa pédagogie travestie et trahie comme une mascarade.
Voilà, à mon humble avis, comment je perçois un apprentissage efficient et efficace en ES (Education Sociale, avec ses embranchements : morale, civisme, histoire et géographie).

 

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