Le DOB Alphonse da Silva à propos du BAC 2017 : « Les candidats composent le 17 juin »

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Les organisations se suivent mais ne se ressemblent pas. De l’organisation d’un concours à l’organisation d’un examen, il n’y a qu’un pas. C’est justement ce pas que la Direction de l’Office du Baccalauréat envisage de franchir par l’organisation du baccalauréat 2017 en marche. En faisant d’une pierre deux coups, le Directeur de l’Office du Baccalauréat (DOB) apprécie le dernier concours de recrutement des 7033 enseignants pour le compte de la fonction publique. Il profite des colonnes de votre journal Educ’Action pour se prononcer sur les préparatifs du baccalauréat 2017 en même temps qu’il lève un coin de voile sur ses innovations majeures.

 

 

Educ’Action : Comment avez-vous réussi à organiser un concours sans polémiques, le dernier en date pour le recrutement de 7033 enseignants par l’Etat ?

Alphonse da Silva : Il n’y a pas de secret de réussite, c’est la rigueur et la transparence dans l’organisation de tout examen ou concours. Le conseil des ministres nous a sollicités avec mes collègues DEC. Nous avons eu plusieurs rencontres préparatoires, nous avons établi la liste docimologique pour les matières, les épreuves, etc. A la phase de confidentialité, l’Office du Baccalauréat a apporté son expertise dans l’informatisation du système. Sans informatisation, il y a ce qu’on appelle le tripatouillage. En toute modestie je dois dire que la DRAE (Direction du Recrutement des Agents de l’Etat) a vraiment joué son rôle. Nous l’avons assistée dans ses réformes et c’est ce qui a donné les résultats que vous voyez.

Des précisions sur les phases auxquelles votre direction a pris part ?

Nous étions présents à toutes les phases. De l’enrôlement des candidats à la liste des candidats puis la phase de vérification des contestations, nous avons revu certaines choses à la norme. Et à la phase de déroulement des examens le 10 décembre, nous étions à Abomey pour le lancement avec le ministre en charge de l’enseignement et la ministre du travail. Après cela, il y a eu le retour des copies de tous les départements. Après l’étape de l’informatisation, les copies ont été organisées en lots puis la phase de secrétariat a commencé. Nous avons aussi pris part à cela. Au niveau de la correction qui a suivi, nous avons fait appel aux meilleures compétences pour corriger les copies pour cette première organisation de concours sous la Rupture. Lorsque nous avons délibéré le 28 décembre dernier, personne n’y croyait, car, nous avons tout fait dans la confidentialité jusqu’à la délibération qui a eu lieu avec la proclamation des résultats. Je crois que le secret d’une réussite, c’est la rigueur et savoir associer des compétences.

Avez-vous bon espoir que la sollicitation de l’expertise de votre direction pour l’organisation des concours nationaux va s’inscrire dans la durée ?

Je pense que c’est une très bonne chose. Il faut maintenir le cap désormais pour qu’on puisse organiser des concours très clairs et délibérer en peu de temps pour libérer les candidats. Nous allons apporter notre modeste contribution. De même, les DEC ont aussi contribué par leurs conseils et leurs manières de faire.

Entre la date de composition et de délibération il y a 18 jours. Qu’est-ce qui a été fait pour que cela aille si vite ?

Nous nous sommes donné des contraintes. Nous avons fixé ce délai lors de nos premières rencontres avec les DEC, avec la ministre et la DRAE. Nous nous sommes dit que nous devons démontrer que c’est le nouveau départ, c’est un concours de type nouveau parce qu’il fallait effacer le passé. Nous nous sommes pliés en quatre en travaillant de jour comme de nuit pour avoir ce résultat-là. C’est le fruit du travail, de la volonté de bien faire et de la transparence. Les gens nous ont mis la pression, peut-être par naïveté, mais il faut être ferme dans ce genre d’entreprise.

C’est surprenant qu’à un concours national d’une telle importance que le gouvernement laisse les directions techniques délibérer et proclamer les résultats. Comment avez-vous obtenu cela du gouvernement ?

C’est le gouvernement qui a impulsé cette dynamique et cela a rencontré notre adhésion parce que, comme je le disais : laissez-nous organiser les concours et nous allons effectivement révéler le concours. Ce qui a été fait au bout de deux semaines. Le gouvernement a joué son rôle et les membres du gouvernement étaient préoccupés y compris ceux qui n’étaient pas du domaine de l’éducation. Je tire le chapeau au DRAE, Monsieur Nobimè, qui est venu à notre école en toute humilité.

Etes-vous convaincu d’avoir recruté de la qualité pour l’école béninoise ?

Tout à fait ! Ceux qui ont été recrutés sont des gens qui ont le BAPES, le CAPES, la maîtrise, donc qui sont faits pour l’enseignement. Le concours a été rigoureux et je crois que c’est de la bonne matière.

D’une organisation d’un concours à celui d’un examen, il n’y a qu’un pas. Où en êtes-vous par rapport aux préparatifs du Baccalauréat 2017 ?

Nous avons commencé depuis octobre. Le registre des inscriptions est ouvert depuis décembre et les inscriptions prendront fin le 27 janvier à 18h précises. Nous avons commencé aussi les préparatifs au niveau informatique, de la conception et du tri des sujets et au niveau des informations confidentielles. Nous sommes déjà lancés sur le Baccalauréat 2017 qui aura lieu certainement le 17 juin prochain pour obéir à la directive de l’UEMOA qui cadre les dates des examens du Baccalauréat dans une période bien déterminée.

Quelle est l’innovation majeure dans la conduite du Baccalauréat de cette année ?

Il y a des aménagements que nous avons apportés. Par exemple, la liste des surveillants et des correcteurs sera proposée par les chefs d’établissement. Il y aura une séance départementale pour toiletter cela puis une séance nationale avec les inspecteurs. Par ailleurs, les surveillants et les chefs d’établissement s’inscrivent en ligne. De la même manière, le paiement des frais se fait à la banque pour la traçabilité des fonds.

Lorsqu’on parle d’inscription en ligne, est-ce qu’à ce niveau il n’y a pas de risques ?

L’inscription physique et l’inscription en ligne se font simultanément. Et après, on confronte les informations fournies.

Auparavant il fallait passer le BEPC avant de passer le BAC, finalement qu’est-ce qui est retenu ?

Nous nous sommes entendus avec le ministère de l’enseignement secondaire. Cette année, pour les candidats officiels il n’y a pas de BEPC compte tenu du taux de réussite particulièrement faible du BEPC 2016. Pour les candidats libres, cela est toujours exigé. Mais ce n’est pas une prime à la paresse. Je crois que les choses seront revues par la suite.

Avez-vous des messages particuliers à l’endroit du gouvernement, des candidats et parents de candidats ou pour vos collègues ?

Les candidats doivent se mettre au travail, laisser les divertissements et ne pas tricher. Ils doivent aller au cours et suivre attentivement. Le BAC n’est pas un concours, c’est un examen et il faut seulement la moyenne pour réussir. A l’égard de mes collègues enseignants qui sont à féliciter, il faut qu’ils tiennent la dragée haute pour corriger les taux particulièrement faibles du Bac 2017. Les parents d’élèves doivent apporter leur appui à leurs progénitures pour qu’effectivement les candidats (leurs enfants) puissent bien travailler, aller aux cours et ne pas les submerger par d’autres tâches telles que aller au marché ou au champ dans les zones reculées de notre pays. A partir du mois d’avril, il faut laisser les candidats commencer à préparer le Baccalauréat. Quant aux correcteurs, ils savent ce qu’il faut faire, car, il y a des règles bien précises. Nous allons toujours maintenir le cap contre la fraude. Nous avons un arrêté interministériel qui réprime les fraudes et fautes à l’occasion des examens du Baccalauréat. Nous serons de plus en plus fermes, car, il faut que le Bac béninois soit un exemple et nous devons aller de l’avant puisque nous apportons aussi notre expertise à nos collègues de la sous-région. Donc, il faut que nous maintenions toujours le cap.

Quels sont vos vœux pour cette nouvelle année ?

Je formule mes vœux de bonne santé, de bonheur et de créativité. Je formule ces vœux aussi à l’ensemble des citoyens du pays et aux enseignants. La santé surtout et puis tout viendra avec la perspicacité. Et surtout ne pas tricher et ne pas frauder.

Propos recueillis par Romuald D. LOGBO

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