Malgré un début de maîtrise des effectifs dans les salles de classes : L’excellence en milieux scolaire se fait toujours désirer

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Quelques décennies durant, les effectifs des apprenants dans les classes sont incontrôlables. Ce qui a amené beaucoup d’enseignants à développer la haine de la craie. Mais aujourd’hui, les réalités ont changé et ce n’est que quelques zones reculées qui vivent encore ces vieilles réalités qui hypothèquent l’excellence dans ces temples de savoir. En milieux urbains, les effectifs sont beaucoup plus maniables. Ce qui n’est forcément pas le cas en milieux ruraux. Constat de la gestion aux abois des effectifs scolaires, c’est à travers cette petite enquête…

«Notre établissement est un établissement un peu particulier, nous sommes dans une zone résidentielle. A côté de nous, se trouvent l’école Montaigne et le Collège Catholique Père Aupiais. Nous n’avons pas ce problème d’effectif qui dépasse les 60 ou les 75 élèves par classe ». Ce sont les propos introductifs d’Olga Grigorièvna Chouckkova, censeur au ‘‘Ceg Océan’’ pour indexer les vraies réalités des classes à effectif pléthorique dans les Collèges d’enseignement général en même temps qu’elle reconnait qu’il est bien possible de maîtriser effectivement les effectifs pléthoriques dans les établissements publics de Cotonou (milieu urbain).

Que disent les textes ?

Selon l’arrêté n°151 portant fixation des normes de références et stabilisation des effectifs des apprenants dans les établissements d’enseignement secondaire général, technique et de la formation professionnelle, les normes ci-après doivent être respectées. En son article 1, ledit arrêté stipule que « l’effectif minimal, au premier cycle, est de 50 et l’effectif maximal est de 60 en zones urbaines dans les CEGs. Au second cycle en zones urbaines, l’effectif minimal est de 40 et l’effectif maximal est de 50. Quant aux zones rurales, l’effectif minimal, au premier cycle, est de 40 et l’effectif maximal est de 60. Au second cycle, l’effectif minimal est de 30 et l’effectif maximal est de 50. » Des dispositions qui ont de tout temps été foulées aux pieds mais qui depuis quelques années ont commencé par être observées sur le terrain.

Constat de terrain…

A ce que l’on pouvait croire, l’effectif des apprenants dans les classes a connu une baisse assez remarquable. Justin Sessou, directeur du CEG ‘‘Vêdoko’’ confirme le constat. « Chez nous, la plupart des classes n’ont pas un effectif qui dépasse 50. Non, vous ne verrez pas plus de 60 apprenants par classe », lance Justin Sessou pour vite se débarrasser de l’équipe de reportage. Dans le même établissement, l’équipe de reportage a un peu flâné dans la cour pour sonder le terrain. « Dans ma classe, nous sommes 48 élèves », déclare un élève de la classe de seconde qui a préféré requérir l’anonymat. Au CEG ‘‘Le Nokoué’’, le constat est presque identique. « Il n’y a qu’une seule classe littéraire qui est subdivisée en 3 classes dont chacune d’elle contient un effectif de 62, 66 et 67 », explique Zacharie Kokou Hounsa. La marge d’effectifs autorisée n’influence-t-elle pas les corrections des copies ?

Influence des groupes pédagogiques sur les corrections

40 apprenants au moins et 50 au plus ou 50 apprenants au moins et 60 au plus représentent un effectif qui peut influencer les corrections des copies. Il ne s’agit pas seulement de corriger les copies, mais que les enseignants maîtrisent ou connaissent les difficultés que chacun de leurs apprenants éprouvent dans leurs disciplines. « … Normalement, l’effectif d’une classe ne doit pas dépasser 30 élèves. Car, ce groupe pédagogique permet à l’enseignant de parcourir la classe pour découvrir les lacunes et les talents de chaque apprenant », affirme Olga Grigorièvna Chouckkova, censeur au CEG ‘‘Océan’’. Dans certaines classes où la série est moins appréciée par les élèves, l’on observe des effectifs de moins de 30 apprenants. Pourquoi notre système éducatif ne nous permet-t-il pas de vivre cette réalité européenne en vue de jouir d’une bonne éducation intellectuelle, sommes-nous en droit de nous interroger.

La pénurie d’enseignants, facteur non négligeable dans la massification au Secondaire…

Beaucoup de questions se posent par rapport à notre système éducatif. « … si nous n’avons pas de professeurs qualifiés, nous faisons avec le nombre que nous avons. Et c’est cela que nous avons pratiqué cette année avec toutes les trois mutations qui sont venues successivement. Ce qui a fait que nous avions été obligés de réduire les groupes pédagogiques parce que nous n’avons pas de professeurs », explique le censeur du CEG ‘‘Océan’’. Les classes sont attribuées aux professeurs en fonction de leurs diplômes. « Lorsque le diplôme du vacataire ne permet pas de garder deux classes, nous sommes obligés de nous arranger pour que le même professeur encadre, par exemple, la seconde C et D », poursuit-elle. Malgré le respect désormais des textes qui régissent la gestion des effectifs dans les classes à l’enseignement secondaire général au Bénin, la baisse du niveau des apprenants poursuit toujours son chemin.

Nécessité de réviser les textes et de les adapter aux réalités des apprentissages …

Le fait d’avoir 50 apprenants donne déjà de soucis aux enseignants. « Si je donne une interrogation à un effectif de 50 élèves, quand est-ce que j’aurai le temps pour les corriger ? », s’interroge un censeur qui a requis l’anonymat. Par contre, d’autres professeurs ont trouvé des stratégies pour faire réussir leurs élèves. « Par exemple en terminale D, j’ai 34 élèves, je fais interrogation par variante. Donc, les élèves qui sont assis côte-à-côte n’ont pas le même exercice ni le même niveau. L’élève n’est plus obligé de se gêner pour jeter des coups d’œil sur la copie de son voisin », détaille toute déçue Olga Grigorièvna Chouckkova, qui, non seulement déplore le fait mais nourrit des inquiétudes quant à la qualité attendue des évaluations qui doivent sanctionner les apprentissages dans les disciplines exécutées.

Hermann Maurice SAGBOHAN

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