Mathieu Monnou au sujet de l’intolérance sur les axes routiers : « Il faut avoir de l’indulgence pour les enfants en leur cédant le passage »

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Depuis 2006, date de sa naissance, l’Ong ‘‘Education routière en milieu scolaire intervention rapide’’ fait de la sauvegarde des vies des écoliers, élèves et enseignants dont les écoles ou collèges sont situés aux bordures des voies à grande circulation, sa priorité. En effet, elle œuvre pour la prévention des accidents en milieu scolaire sur l’ensemble du territoire national. Pour mieux connaître la vie et les activités de cette Ong, allons à sa découverte dans les lignes qui suivent avec son président Mathieu Dossou Monnou, ingénieur des Services Techniques des Travaux Publics, Spécialiste en Sécurité Routière.

Educ’Action : Que peut-on entendre par Ong ‘‘Education routière en milieu scolaire intervention rapide’’ ?

Mathieu Monnou : Comme son nom l’indique, c’est une Ong qui a été créée depuis 2006 suite au constat que notre pays, le Bénin est sérieusement confronté aux problèmes de l’éducation routière surtout au niveau des usagers les plus vulnérables que sont les écoliers, les élèves et les vieilles personnes. Depuis 2006 que cette Ong a été créée, ce n’est pas que nous faisons le travail de l’Etat à sa place parce que l’Etat en fait déjà beaucoup mais il y a tellement d’écoles dans notre République que nous sommes obligés de venir en aide à l’Etat. C’est pour cela que l’Ong est née et nous aidons et formons les écoliers et même les enseignants sur la sécurité routière en milieu scolaire pour qu’ils sachent comment quitter la maison pour l’école et l’école pour la maison en toute sécurité.

Quels sont les principaux objectifs de l’Ong ‘‘Education routière en milieu scolaire intervention rapide ?
Le principal objectif à atteindre par cette Ong, c’est de réduire sensiblement le taux d’accident de la route lié aux enfants, aux écoliers et aux élèves parce que vous n’êtes pas sans savoir que la localisation d’abord des écoles pose beaucoup de problèmes. Il y a certains établissements qui sont construits juste aux abords des voies à grande circulation et quand les élèves quittent les cours, quand ils quittent même ces établissements-là, ils se retrouvent nez à nez avec les autres usagers que sont les motocyclistes, les conducteurs de véhicules de poids légers et les véhicules poids lourds. Donc, il faut toujours les sensibiliser et leur apprendre les moyens de s’auto sécuriser au grand bonheur des parents d’élèves que nous sommes tous.

Quelles sont les actions phares menées par l’Ong depuis sa création à nos jours ?
Depuis sa création, nous avons déjà parcouru tous les établissements qui sont situés le long des grands axes comme Abomey, Bohicon, Kétou, Illara…Nous sommes à présent à Cotonou et dans beaucoup d’autres établissements comme le Ceg Vèdoko, le Collège des cheminots pour ne citer que ceux-là. Nous sommes également présents sur certaines radios partenaires pour sensibiliser au mieux les élèves, les écoliers et les enseignants sur la conduite à tenir dans nos rues.

L’Ong ‘‘Education routière en milieu scolaire intervention rapide’’ est-elle limitée à une portion géographique ou couvre-t-elle l’ensemble du pays ?
Nous œuvrons sur toute l’étendue du territoire national. De la naissance de l’Ong à ce jour, nous avons déjà parcouru beaucoup d’écoles et d’établissements pour sensibiliser et former les écoliers, les élèves et les enseignants dans tout le Bénin.

Quelles sont les perspectives de l’Ong ‘‘Education routière en milieu scolaire intervention rapide’’ pour l’année 2014 ?
C’est d’abord que nous sommes en train d’aider l’Etat pour la réduction du taux d’accident de la route en général et en milieu scolaire en particulier. C’est d’ailleurs là, notre cible et notre raison d’être. Mais nous sommes actuellement en train de sensibiliser tous les autres acteurs surtout les zémidjans et les autres conducteurs de motos suite à un phénomène qui se fait récurrent. Sensibilisation sur laquelle nous mettrons particulièrement l’accent cette année pour atteindre nos objectifs en enrayant ce phénomène nouveau qui si, rien n’est fait, risquer d’entraver ce qui a été fait jusque là. Il s’agit en effet, d’un fait nouveau que nous observons depuis peu. En effet, il nous est donné de constater que beaucoup d’usagers ignorent les passages courtés, le sens même des passages courtés et quand ils voient les écoliers, les élèves s’attrouper pour pouvoir traverser au niveau des passages courtés, ils ne s’arrêtent pas ; pas même au niveau des feux tricolores, beaucoup ignorent que quand le feu est au rouge, qu’ils soient motocyclistes, cyclistes, conducteurs de véhicules légers ou lourds doivent s’arrêter pour laisser passer au moins les piétons. Ils n’appliquent pas cette règle de la route non pas par refus de l’appliquer mais simplement par ignorance. Et c’est ce à quoi nous travaillons actuellement et sur lequel nous allons davantage mettre l’accent au cours des sensibilisations pour cette année. Et nous avons pour ambition à cet effet, de sensibiliser le plus grand nombre parce que vous n’êtes pas sans savoir que les élèves, les écoliers…les enfants d’aujourd’hui sont l’avenir de demain et il faut les protéger.

Quel est le discours de l’Ong à l’adresse de sa cible au cours des sensibilisations?
Je voudrais tout d’abord demander l’indulgence des autres usagers de la route. Je leur demande de faire beaucoup attention parce que la remarque est que quand vous prenez par exemple un écolier ou un élève et vous lui demandez comment il faut aller à l’école, comment il faut y revenir, comment il faut traverser la route en toute sécurité, il vous répond comme cela se doit et la leçon est bien sue : je dois regarder à gauche et à droite et voir s’il n’y a pas un danger imminent qui vient, avant de traverser la route. C’est bon ! Mais cela ne suffit pas c’est-à-dire au niveau des autres acteurs même quand le pauvre élève au bord de la route veut traverser et regarde à gauche et à droite, les autres usagers ne s’arrêtent pas. C’est pourquoi je voudrais demander aux autres usagers d’avoir l’indulgence, la pitié pour ces enfants-là en leur cédant souvent le passage pour qu’ils traversent la route, pour qu’ils aillent à l’école, pour qu’ils quittent la maison pour l’école et l’école pour la maison en toute sécurité. A l’endroit des élèves, je voudrais leur rappeler que la route est partagée et chacun a son couloir de marche. Autant les autres usagers ont leur couloir de circulation, autant eux-mêmes ils ont leur piste, leur couloir pour marcher tranquillement. Je leur demande également de faire beaucoup attention parce que la rue n’est pas un terrain de jeu. Que ceux qui ont les moyens de porter des habits clairvoyants pour qu’à leur sortie des cours les soirs après 19h, qu’ils se laissent voir tranquillement, puissent se les procurer et se les vêtir. Je voudrais enfin leur demander de beaucoup se ménager au cours des congés en sachant que leurs parents comptent beaucoup sur eux parce qu’ils sont l’avenir de demain. Donc, de beaucoup faire attention et d’être beaucoup plus prudents sur nos routes en sachant prêter attention au minimum que leur enseignent les enseignants qui font déjà beaucoup trop sur l’éducation routière en milieu scolaire. Nous, nous sommes justes là pour le complément. A l’endroit des parents d’élèves, je voudrais leur dire aussi que la prévention routière commence déjà à la maison. Quand les enfants veulent quitter la maison pour l’école, il faut toujours les sensibiliser et leur donner au moins le minimum de notions concernant le code standard de la route en ce qui concerne les traversées c’est-à-dire si vous voulez traverser , faites beaucoup attention, dans le meilleur des cas, traversez toujours en groupe et il faut toujours traverser le plus rapidement possible nos axes routiers.

Un message à l’endroit des autorités en charge de l’éducation au Bénin ?
A l’endroit des autorités en charge des questions de l’éducation dans notre pays, je voudrais leur demander d’avoir un clin d’œil sur les Ong qui sont dans la sécurité routière, notamment la sécurité routière en milieu scolaire. Je leur tire d’ores et déjà un coup de chapeau parce qu’elles ne nous oublient souvent pas. Donc, je voudrais attirer leur attention sur le fait que le travail est fait à leur niveau mais si elles peuvent déjà mettre un accent particulier sur l’aide à apporter à ces Ongs qui s’occupent de l’éducation routière en milieu scolaire comme les nôtres, le Bénin en sortirait vraiment grandi.

 

Propos recueillis par Romuald Domar LOGBO

 

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