Mise en œuvre de la SN-EFTP au Bénin : Gouvernement et PTF mettent la main à la pâte pour des réalisations concrètes

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L’ambition du gouvernement béninois traduite par la Stratégie Nationale de l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels a pris son envol. Plusieurs réalisations ont été déjà faites, d’autres en cours de réalisation pour accueillir les apprenants dans les différentes filières de nos lycées et centres de formation.

Convoyer 70% des apprenants béninois dans l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) contre 30% dans l’enseignement secondaire. C’est l’ambition nourrie et entretenue par le président Patrice Talon dès son arrivée au pouvoir. Cette ambition émane du diagnostic très peu reluisant posé sur le secteur de l’enseignement et de l’employabilité des jeunes diplômés. Envoyer donc le plus grand nombre d’apprenant dans l’EFTP constituerait la solution adéquate à la récurrente question de l’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi. La concrétisation de cette ambition nécessite que le gouvernement prenne un certain nombre de dispositions à savoir la construction de nouveaux lycées, la réhabilitation et la reconstruction des anciens lycées et collèges, la formation de nouveaux professeurs en nombre suffisant, la création de nouvelle filière de formation, etc. Tout ceci est consigné dans la Stratégie Nationale de l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (SN-ETFP) adoptée en 2019 par l’ensemble des acteurs du monde éducatif et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF). Depuis lors, des évolutions ont été remarquées, des actions sont posées et des diligences accomplies pour la concrétisation de ce rêve ambitieux.

La SN-EFTP pour le renforcement de l’employabilité des jeunes.

Le renforcement du capital humain est essentiel pour le développement du Bénin. Promouvoir une éducation de base de qualité et l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (EFTP), constitue un pilier fondamental sur lequel le gouvernement doit s’appuyer pour ledit renforcement. La stratégie Nationale de l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (SN-EFTP) de décembre 2019, aura donc un rôle primordial à jouer, car, « elle vise à développer chez les jeunes en âge de travailler, y compris les personnes à besoins spécifiques, des compétences demandées par le marché du travail et de l’emploi afin de contribuer à l’atteinte d’une croissance économique stable, durable et inclusive ». L’opérationnalisation de cette dernière repose sur la formation de professionnels épanouis et aptes à répondre aux besoins d’une économie stable, durable et inclusive. Comme objectifs spécifiques visés par la SN-EFTP, il s’agira d’améliorer les conditions d’accès et les performances de l’enseignement et la formation techniques et professionnels ; de développer un système efficace de veille pour l’amélioration continue de l’employabilité des formés de l’EFTP ; de développer une gouvernance plus inclusive, efficace et efficiente.
L’atteinte de ces objectifs exige la mise en œuvre de la restructuration de la couverture en offres d’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels, la construction et l’alignement des curricula de formation initiale et continue aux créneaux porteurs et l’animation des programmes de formation par des enseignants qualifiés et des professionnels. A cet effet, 30 Lycées Techniques Agricoles (LTA) seront mis en place à savoir 20 nouveaux et 10 anciens à reconstruire. 8 écoles des métiers seront créées. Le gouvernement va procéder à la construction/réhabilitation, l’équipement et la spécialisation de 16 Lycées Techniques Professionnels. Aussi aura-t-il l’élaboration et la mise en œuvre de diverses réformes relatives à la gouvernance, à la qualité et à la performance du sous-secteur de l’EFTP. A tout ceci s’ajoute la mise en formation de 24 élèves professeurs de différentes spécialités d’EFTP à l’Académie de Versailles en France. Ce sont là autant de programmes définis par le gouvernement qui sont d’ailleurs en cours de réalisation. Leur mise en œuvre, faut-il le rappeler, est confiée à l’Agence du Développement de l’Enseignement Technique (ADET) avec l’appui des partenaires techniques et financiers.

Construction et offres de formation

La construction et la réfection ou réhabilitation des Lycées Techniques Agricoles (LTA) et des Ecoles des Métiers sont indispensables à la réalisation de cette stratégie. Pour ce faire, chaque lycée sera construit sur des milliers d’hectares (ha) mis à disposition dans les communes bénéficiaires. Pour ce qui concerne les LTA, ils seront conçus comme suit : un premier espace d’une superficie de 50 ha au moins va abriter les infrastructures administratives, pédagogiques de formation théorique ainsi que des ateliers d’apprentissage du métier. Un second espace s’étend sur une superficie de 1 000 ha pour abriter toutes les composantes de l’exploitation agricole avec toutes les unités de production basées sur les chaînes de valeurs du Pôle de Développement Agricole (PDA) dont le Lycée relève. La construction des lycées est financée par les PTF. 10 des lycées seront financés par la Banque Mondiale, 12 par l’Agence Française de Développement, 4 par le Budget national, 2 par KFW et 2 par la Banque Africaine de Développement. Dans chacun de ces lycées, on va retrouver des formations en Productions céréalières et légumineuses ; en Horticulture vivrière et ornementale ; en Arboriculture fruitière forestière et produits non ligneux ; en Production de plantes à fibres et textiles ; Production de plantes oléagineuses ; en Production de racines et tubercules ; en Aviculture, cuniculture et autres élevages non conventionnels ; en Elevage de bovins et petits ruminants ; en Elevage porcins ; en Production halieutique ; en Conservation et transformation des produits agricoles ; en Maintenance des matériels et machines agricoles.
Quant aux écoles des Métiers, elles vont assurer la formation des techniciens supérieurs, des techniciens et des ouvriers qualifiés, compétents et performants pour les besoins de l’économie béninoise et de la sous-région. Des apprenants seront donc accueillis que ce soit en formation initiale, duale ou continue, qui vont leur permettre d’avoir une formation technique et professionnelle de qualité intégrant la dimension du numérique en vue de doter l’économie béninoise d’ouvriers et de techniciens qualifiés et compétents. Les apprenants y seront formés à trois types de diplômes : le Diplôme de Technicien au Métier (DTM), équivalant à un baccalauréat professionnel, accessible après la classe de troisième pour un cycle de trois années d’étude ; le Diplôme de Technicien Supérieur au Métier (DTSM) équivalant à un Bac + 2, accessible après un DTM ou un Baccalauréat général ; des formations qualifiantes et d’accompagnement modulaires ou de courte durée pour la reconversion et l’insertion des jeunes et des adultes, notamment sur des compétences spécifiques. Au nombre des écoles prévues par la stratégie, 7 seront financées par la Banque Mondiale.
En ce qui concerne les Lycées Techniques Professionnels (LTP), l’Etat entend disposer d’établissements d’EFTP modernes suffisamment équipés et dont la fonction est de développer chez les apprenants, des compétences pour l’emploi dans les secteurs économiques prioritaires de l’économie béninoise et pour la sous-région. Ainsi, les 16 anciens LTP seront spécialisés dans des secteurs économiques, reconstruits et équipés afin que soient implantés des offres de formation en adéquation avec les besoins et les évolutions du marché de travail, etc. Ces 16 LTP vont d’une part, former et certifier des ouvriers qualifiés et des techniciens dans un dispositif de formation initiale pour l’obtention respectivement du Certificat d’Aptitude Professionnel (CAP) et du Diplôme de Technicien au Métier (DTM) ; assurer toutes les formations dans les métiers apparentés préparant aux différents Certificats de Qualification au Métier (CQM) et Professionnelle (CQP). D’autre part, ils vont offrir des formations qualifiantes et d’accompagnements modulaires ou de courte durée pour l’insertion des jeunes et des adultes, notamment sur les compétences spécifiques ; être suffisamment pourvus en matériels et équipements de leur domaines de formation ; et utiliser les centres de ressources des Ecoles des Métiers relevant des mêmes secteurs économiques.

Les activités réalisées ou en cours de réalisation

Dans la mise en œuvre de cette stratégie, plusieurs pas sont déjà posés et d’autres en cours de réalisation. Au niveau des Ecoles des Métiers, on note que les Etudes techniques et architecturales sont en cours avec l’APS déjà disponible, l’APD en cours de finalisation, le DAOI en cours d’élaboration. De même, les curricula sont en cours d’élaboration avec toutes les parties prenantes. Pour revenir au LTA, la Banque Africaine de Développement et KFW ont démarré la construction de 2 lycées chacun. Il y a également qu’au niveau des études techniques et architecturales, l’Avant Projet Sommaire (APS) de l’ensemble des 30 LTA est réalisé de même que l’Avant Projet Détaillé (APD). Le DAOI est en cours d’élaboration et de finalisation tandis que les premiers DAO seront probablement lancés en décembre 2023. Il y a le recrutement et la mise en formation à l’UNA de 666 AME au profit des LTA. Les curricula de formation que ces enseignants vont dérouler sont également en cours d’élaboration.
Somme toute, l’Enseignement et la Formation Technique et Professionnels ont de beaux jours devant eux pour la mise à disposition de mains d’œuvre compétentes pouvant assurer le développement du Bénin à tous les égards.

Estelle DJIGRI

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