Nouvelles conditions de restauration des étudiants à l’UAC : Institutions Spécialisées et étudiants équitablement traités

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La directrice du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales d’Abomey-Calavi (Cous-Ac), Ghislaine Fagbohoun, a procédé à la mise en service des restaurants universitaires le lundi 6 février 2017. Trois jours après l’ouverture, le journal Educ’Action a effectué une descente sur le terrain pour constater les nouvelles conditions de restauration des étudiants suite au retrait des Institutions Spécialisés (IS) de la gestion des restaurations universitaires.

11 heures, c’est la deuxième tranche d’ouverture des restaurants universitaires pour le service de déjeuner aux étudiants. A cette heure de la journée, les amphithéâtres se vident et les restaurants se remplissent. De l’affluence stagnante qui se remarquait par le passé aux alentours des restaurants de l’Université d’Abomey-Calavi, c’est plutôt un rang mobile que nous avons observé le mercredi 6 février 2017 dans notre parcours du restau U, passant par le restau BID jusqu’au restau ENAM. Devant l’entrée de chaque restaurant sillonné, un agent de sécurité privé est posté pour vérifier la carte d’étudiant et le ticket de 150 F CFA qui donne accès au repas de la mi-journée. « Contrairement à l’année passée, le service est maintenant rapide parce que nous ne sommes plus perturbés par les responsables des Institutions Spécialisées. L’année passée, quand tu viens au restaurant en tant que simple étudiant, quand tu n’es pas dans une Institution Spécialisée, tu attends que tes camarades qui font partie du CODE, de la Police Universitaire ou de la COGEHRES finissent de manger d’abord avant que tu n’ailles manger », informe Elvis Vodounou, étudiant en première année à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG) qui vient de terminer son repas au restau BID. Alban, étudiant à la FAST et ancien membre d’une Institution Spécialisée dont il a choisi de taire le nom, a tenu des services plusieurs fois au niveau des trois restaurants du campus. Selon ses explications, les étudiants qui fréquentent les restaurants universitaires ne sont pas logés au même rang, il y a parmi eux des privilégiés. « Au niveau des restaurants, nous avons une hiérarchisation dans le passage. Les responsables d’Institutions Spécialisées sont privilégiés d’abord, ensuite les membres et enfin les simples étudiants », renseigne-t-il, ajoutant également que cela est souvent la source des multiples bagarres qui s’observent régulièrement au niveau des restaurants universitaires parce que certains étudiants n’acceptent pas cette hiérarchisation qu’ils estiment discriminatoire.

La suspension des Institutions Spécialisées de la gestion des restaurants …

Comité d’Ordre et de Discipline des Etudiants (CODE), Comité de Gestion de l’Hygiène des Restaurants (COGEHRES), la Police Universitaire. Ce sont quelques Institutions Spécialisées autrefois associées par le Cous-Ac dans le contrôle des entrées et l’hygiène des repas dans la gestion des restaurants universitaires. Cette année, les services de ces Institutions Spécialisées sont exercés par les bonnes dames et des agents de sécurité privés postés à l’entrée des trois restaurants. Joint au téléphone pour apprécier cette nouvelle réforme dans la gestion de la restauration universitaire, Maurice Houngbégnon, président de la Police Universitaire déclare : « vous n’êtes pas sans savoir que le gouvernement a pris un arrêté interdisant toutes activités sur le campus aux organisations estudiantines. Puisque les Institutions Spécialisées dépendent des organisations estudiantines, la directrice actuelle du Cous-Ac nous a mis dans le même lot. Nous n’avons donc pas été associés cette année dans la gestion des restaurants ». Dans le rang des étudiants, la situation est diversement appréciée. Pour Cadnel Dossou-Yovo, étudiant en deuxième année de Physique-Chimie, le retrait des Institutions Spécialisées au niveau des restaurants universitaires est salutaire parce que d’une heure de temps qu’il fallait faire par le passé dans les rangs avant de manger, c’est désormais passé à environ un quart d’heure au niveau du restau U et moins au niveau des deux autres restaurants de l’université. « Quand on ouvre les restaurants, vous entrez et vous vous servez. Il n’y a plus quelqu’un pour vous dire tu dois attendre pour que ce responsable passe d’abord. Quand toi-même tu remarques que c’est plein à l’intérieur, tu peux t’arrêter un moment et dès que c’est un peu vide, tu rentres pour te servir », se réjouit-il. Considéré désormais comme un simple étudiant malgré son appartenance à une Institution Spécialisée, Rosdane a fait le rang comme tous les autres étudiants pour accéder au Restau U de l’université, ce mercredi. A sa sortie, il donne ses impressions sur le service qui a désormais changé de mains. « J’ai remarqué qu’il y a une vraie diminution de la quantité du repas. Si les membres des Institutions spécialisées étaient toujours en service, ils allaient défendre la cause des étudiants en demandant que la quantité soit augmentée », affirme-t-il, tout fâché pour exprimer à chaud ses sentiments. C’est seulement en cas de rupture, poursuit-il, qu’on ne peut pas demander une augmentation de la quantité du mets afin de pouvoir servir tous les camarades qui attendent leur tour. « La surveillance de l’entrée des restaurants par les vigiles ne résout pas un grand problème. Cela peut toujours entraîner des bagarres quand ces vigiles vont vouloir s’interposer à une réaction des étudiants sur l’augmentation de la quantité des repas par exemple », prévient-il avant d’ajouter que les Institutions Spécialisées jouent un grand rôle dans la surveillance de l’hygiène des repas et le maintien d’un environnement sain à l’intérieur des restaurants. Avis que ne partage pas Elvis Vodounou, qui, soutient que le retrait des Institutions Spécialisées n’entache en rien le maintien du cadre dans les restaurants. « Quand un étudiant finit de manger, il prend son plat et débarrasse la table des débris. S’il ne le fait pas, les bonnes dames les ramènent à l’ordre où elles-mêmes s’en chargent. Avec cela, je ne crois pas que le rôle du COGEHRES est encore important », estime l’étudiant qui souhaite également que les Organisateurs Généraux (OG), chargés de guider l’entrée des étudiants dans les bus soient également radiés.

Edouard KATCHIKPE

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