Paralysie du sous-secteur des enseignements maternel et primaire : L’école béninoise et la grève : des sœurs siamoises

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A peine quatre mois de cours dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire. Et déjà, la grève s’invite dans le dispositif éducatif. De 48 heures, ce nouveau débrayage des partenaires sociaux né essentiellement de l’arrêté du ministre Salimane Karimou, sollicitant le retour des inspecteurs pédagogiques retraités dans l’encadrement pédagogique, est passé, depuis la semaine dernière, à 72 heures avec une dose de conséquences très fâcheuses pour le système. Cette nouvelle semaine de cours, a-t-on appris, ne sera pas épargnée, surtout que les parties en apposition n’ont pu raviser leurs positions lors de la dernière rencontre de négociations, le jeudi 26 janvier 2017.

Définitivement à Educ’Action, nous admettons malgré nous, que l’une n’existe sans l’autre. Mieux, on dirait qu’elles ont vu le jour au même moment et qu’elles devraient avoir sûrement le même géniteur. L’école béninoise et la grève. Depuis la lune des temps, on n’est jamais parvenu à créer la scission entre l’une et l’autre. Presque à chaque rentrée scolaire, les germes du débrayage dans le secteur déjà sensible de l’éducation sont latents. Et au premier discours mal prononcé ou agissement mal réfléchis, les partenaires sociaux de l’école trouvent le terrain favorable pour s’extasier. Nous en sommes encore là cette année 2017. C’est à croire que la ‘’Rupture’’ et le ‘’Nouveau Départ’’ n’ont réussi à anticiper les velléités pathogènes des enseignants. Après 48 heures de grève partiellement suivies, les manifestants ont mis le pied sur l’accélérateur, passant rapidement à 72 heures avec la conviction de faire fléchir le ministre Salimane Karimou. A l’occasion de la dernière rencontre des négociations tenue le jeudi 26 janvier, autorité ministérielle et syndicats n’ont pu s’entendre avec pour conséquence, la reconduction de la grève pour 72 heures voire 96 heures cette semaine, selon une source syndicale. Au cœur de l’achoppement, l’arrêté du ministre relatif au retour des inspecteurs pédagogiques retraités dans l’encadrement pédagogique au niveau du sous-secteur des enseignements maternel et primaire. De l’avis des syndicalistes, cette disposition sonne comme une provocation du corps enseignant qui exige l’annulation pure et simple des notes de services et autres arrêtés relatifs au point querellé. Et comme l’occasion fait le larron, ces éducateurs ont couplé ce point de revendication avec l’application des statuts particuliers des enseignants de la maternelle et du primaire, puis le retour à la normale de la situation des directeurs déchargés pour avoir obtenu 00% de taux de réussite à l’examen du Certificat d’Etudes Primaire (CEP 2016). Il est donc à vivre une nouvelle semaine de débrayage de 72 heures au grand dam du système éducatif béninois déjà éclopé et affaibli par la marre des difficultés de tous ordres : mauvaise implémentation de l’Approche Par Compétences au sein du système éducatif, non qualification des enseignants encadreurs, non ou faible motivation du corps enseignant, insuffisance d’infrastructures scolaires et des cadres pédagogiques, démission des parents d’élèves, inconscience doublée de l’irresponsabilité des apprenants, politisation de l’école, etc. Devant l’impasse, il faut tout de même une porte de sortie pour éviter que les apprenants ou candidats au CEP en soient désagréablement les victimes collatérales. Ministre et syndicats doivent pouvoir emboucher la même trompette pour éviter la paralysie absolue de ce sous- secteur qui forge le sous-bassement du dispositif éducatif béninois. Mais à long terme, il faudra créer nécessairement la scission entre l’école et la grève et donc, cesser de donner l’impression que l’une ne peut exister sans l’autre. Les défis du moment au nombre desquels la qualité de l’offre éducative, la formation des enseignants, l’accroissement des infrastructures scolaires, l’attractivité du système éducatif, la disponibilité des manuels scolaires, la réduction du taux d’échec, la résolution de la massification, font appel à un environnement éducatif apaisé basé sur l’écoute et le dialogue des acteurs et membres de la communauté scolaire. Autre approche que celle-là vouera le système à l’échec !

Serge-David ZOUEME

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