Plus de 54 milliards pour l’enseignement secondaire en 2014 : Ce que cachent les chiffres

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Dans le cadre de la confection du budget de l’Etat exercice 2014, les députés membres de la commission budgétaire reçoivent chaque ministère pour apprécier de près les différents montants alloués aux diverses activités de leurs ministères. Cette tradition qui fait désormais école a consacré le passage au parlement du Ministre de l’Enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle, de la reconversion et de l’insertion des jeunes (MESFTPRIJ), Alassane SOUMANOU, le lundi 11 Novembre dernier. Dans ce dossier conduit notamment avec le directeur de la programmation et de la prospective, Richard Venance GANDAHO, Educ’Action vous propose un décryptage du projet de budget soumis aux députés.

54 milliards 715 millions 535 mille francs CFA, tel est le montant global du projet de budget déposé à l’Assemblée Nationale pour le compte de l’exercice 2014 du MESFTPRIJ. Un ministère qui a pour objectif global de contribuer au développement économique national par la formation des ressources humaines qualifiées et compétitives ; et pour mission la conception, la mise en œuvre et le suivi de la politique générale de l’Etat en matière d’enseignement secondaire, de formation technique et professionnelle, de reconversion et d’insertion des jeunes.

Les grandes lignes du projet de budget 2014

Le projet de budget 2014 s’élève à 54 milliards 715 millions 535 mille francs CFA et se présente en trois paliers :
1- Dépenses de personnel 78, 21% du budget total
2- Le fonctionnement hors salaire : environ 12% du budget total
3- Les dépenses en investissement : environ 10% du budget total
La totalité des 54milliards proviennent des ressources propres de l’Etat. Les autres années, le Bénin avait bénéficié des ressources de la Banque islamique de développement (BID) dans le cadre d’un projet qui est venu à terme. Il faut néanmoins préciser que les ministères de l’éducation ont un cadre commun de financement du secteur de l’éducation. Il y a des partenaires qui se sont regroupés pour constituer un pot commun pour financer le secteur de l’éducation. Ce pot commun est administré par le Ministère des enseignements maternel et primaire qui en est le chef de fil. Donc les ressources dont bénéficie le MESFTPRIJ ne sont pas directement transcrites dans le budget. Aujourd’hui, c’est le partenariat mondial pour l’éducation (PME) qui aide le secteur. « Nous attendons un appui en terme de construction d’infrastructures, nous aurons au moins 48 modules de 4 salles de classes, qui seront construits dans 23 communes du Bénin. Ces communes ont été ciblées en fonction du faible niveau de la scolarisation des filles qu’on remarque encore au niveau de ces communes. (Statistique INSAE). Ce sont donc des ressources dont nous bénéficions mais qui ne sont pas directement inscrites dans notre budget », a indiqué le DPP. Il poursuit : « Les chinois sont en train de nous construire un gigantesque lycée à Akassato. Le lycée d’amitié sino béninois. C’est un joyau. Quand ce serait fini, vous allez voir. C’est un don du peuple chinois. » Tous ces éléments viennent donc en appoint au budget de l’Etat.
Selon Richard Venance GANDAHO, DPP du MESFTPRIJ, « le budget n’est que l’expression chiffrée d’une politique et en tant que tel, il apparaît important de clarifier un certain nombre de choses pour faciliter la compréhension du commun des béninois. »

Qu’est-ce qui se cache derrière les chiffres ?

Dans son développement le DPP a expliqué que depuis un certain temps, le Bénin a changé son approche en termes d’élaboration de budget. Entre temps le budget était conçu selon une approche classique qui est tablée uniquement sur les moyens. Désormais, l’élaboration du budget suit l’approche programme. Cette approche part des objectifs, des résultats à atteindre et définit les moyens qu’il faut pour atteindre les résultats escomptés.
Parlant d’approche programme, le DPP a rappelé que le MESFTPRIJ s’appuie sur trois programmes à savoir : le programme consacré au développement de l’enseignement secondaire général, le programme consacré au développement de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’insertion des Jeunes et le troisième programme, est le programme transversal de développement de l’administration générale.
Les chiffres du budget 2014 sont donc axés sur l’ensemble de ces programmes, lesquels programmes sont la déclinaison des différents documents de planification stratégique.

Le budget 2014 est en progression par rapport à 2013

Si le budget 2013 était de 52 milliards 860 millions 20mille FCFA, le projet de budget de l’enseignement secondaire pour la gestion 2014 est de 54milliards 715 millions 535 mille. On peut aisément noter qu’il y a une sensible amélioration d’un peu moins de 2 milliards. Cette augmentation du budget de 2014 par rapport au budget 2013 est essentiellement l’incidence des charges salariales. En effet, pour pallier le manque criard de personnel enseignant dans les établissements, l’Etat a décidé de recruter 1500 enseignants pour pourvoir aux postes des nouveaux établissements créés. Il faut rappeler qu’au cours de l’année 2013, l’Etat a géré 42000 vacataires contre à peine 10.000 enseignants, APE. Ce recrutement vise aussi à inverser cette tendance et à doter l’Etat d’un personnel enseignant qualifié et professionnel.

L’atteinte de l’OMD3, une préoccupation

Lors de sa présentation au Parlement, le Ministre Alassane SOUMANOU a indiqué que dans le cadre de l’accélération des OMD, le budget 2014 prévoit poursuivre plusieurs actions pour intervenir au niveau de l’OMD 3 : « promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ». La cellule genre du ministère est dotée d’un budget de 6 millions cinq cent mille pour définir et mettre en œuvre des stratégies afin de réduire les disparités. Dans le même ordre d’idées, une allocation de deux milliards dix-neuf millions huit cent quatre vingt dix neuf est prévue pour la poursuite de la mise en œuvre de la mesure d’exonération des frais de scolarité des filles au 1er cycle de l’enseignement secondaire. L’objectif, a rappelé le DPP, « c’est faire en sorte que toutes les filles finissent leur scolarité de base en atteignant au moins le niveau de la classe de 3ème ». Plusieurs autres actions sont aussi prévues pour maintenir les filles à l’école, les protéger et réduire les pesanteurs socioculturelles.

Faible taux de consommation des budgets sectoriels de l’Etat

Il est souvent reproché aux ministères du Bénin le faible taux de consommation de leur budget. Alors même que les problèmes sont énormes à régler, on se surprend de constater que les budgets ne sont jamais consommés à 100%. Le Ministère de l’enseignement secondaire n’échappe pas à ce triste constat. Pour le DPP, « au niveau du ministère de l’enseignement secondaire, des efforts sont faits dans la consommation du budget. A la date du 30 septembre 2013, on était déjà à 82, 48% pour le fonctionnement. »
Bien souvent, c’est la mobilisation des ressources extérieures qui freine la consommation à 100% des budgets, a indiqué le DPP GANDAHO. « La mobilisation des ressources extérieures répond à plusieurs normes, il y a des procédures parce que ce sont de grosses dépenses. Il faut faire des dossiers d’appel d’offres. Il y a des critères, il faut élaborer des dossiers. Vous connaissez tout l’arsenal qui est mis en place pour gérer les marchés publics dans notre pays. Quand vous finissez, il faut voir le partenaire qui va vérifier et donner son avis de non objection avant l’étape suivante. C’est tout cela qui joue contre nous. » Le ministre a affirmé en ce qui concerne le budget 2013, qu’il est à 71, 73% de consommation globale à cette date.

Confection du budget, un processus itératif

Plusieurs personnes se demandent comment le budget d’un ministère est élaboré. Le DPP GANDAHO explique que c’est une synergie d’actions qui donne le budget. Le processus commence depuis le début de l’année. « L’aboutissement du budget 2014 a commencé depuis mars 2013 », a-t-il affirmé. Il continue : « nous travaillons avec le ministère de l’économie et des finances, le ministère du développement qui nous a accompagné à travers différents ateliers et formations pour définir les orientations du pays, quel est l’environnement économique, à quoi peut-on s’attendre en termes de mobilisation de ressources. Quelles sont les axes prioritaires de chaque ministère en fonction de nos différents documents de stratégies et en fonction des programmes qui sont en cours. Le PIP, le programme d’investissement public, quel est le contenu et quelles sont les grandes orientations, les axes de développement et les priorités à dégager pour 2014. Lesquelles priorités doivent être en arrimage avec les objectifs du millénaire pour le développement. Nous avons même défini au cours de l’année 2013, un cadre d’accélération des OMD pour le projet de budget 2014. Nous sommes allés jusqu’à faire un assainissement de notre portefeuille. Tout çà fait partie du processus d’élaboration du budget. Ensemble donc, nous avons travaillé jusqu’à aboutir à ce qu’on appelle le cadre de dépense à moyen terme qui définit les allocations. C’est en nous inspirant de ce CDMT que nous présentons les dépenses. »
L’élaboration du budget est, de fait, un processus vraiment itératif et très long. Il y a plusieurs séances ensuite. Séance de pré arbitrage du budget d’abord à l’interne avec les gestionnaires de crédits, les acteurs à divers niveaux puis, avec le ministère de l’économie et des finances et le ministère du développement pour ce qui concerne le programme d’investissement public. Plusieurs séances au cours desquelles, l’avancement des projets, et les perspectives sont discutés.

Un passage réussi au parlement

Après tous ces efforts pour l’élaboration du budget, le ministre et son cabinet, pour répondre aux exigences constitutionnelles, se sont rendus au Parlement et ont planché devant la commission budgétaire. Une séance réussie, à en croire le DPP GANDAHO : « Il fallait être là pour s’en rendre compte. C’était l’unanimité. L’éducation est et doit être une priorité de l’ETAT. Les députés l’ont encore réaffirmé. Le ministre est un homme qui a plein d’initiatives et les honorables députés l’ont reconnu comme tel. Ils ont reconnu avec nous que les allocations au ministère de l’enseignement secondaire ne sont pas suffisantes pour relever les nombreux défis. Mais l’Etat fait ce qu’il peut puisque nous ne sommes pas les seuls.» donc, « les honorables députés ont reconnu la noblesse de notre secteur, ils ont reconnu la nécessité d’avoir plus de ressources pour atteindre les objectifs. Ils sont d’accord que ce que nous faisons mérite d’être appuyer », a-t-il conclu.

Les défis du MESFTPRIJ

En dépit des divers montants alloués au MESFTPRIJ dans le projet de budget 2014, les défis d’enseignants de qualité, d’infrastructures, de formation technique et professionnelle, de diversification de l’offre de formation subsistent et nécessitent davantage de moyens. L’Etat a certes fait des efforts, mais ils sont loin de combler les attentes de ce département clé qui, rappelons le, a pour objectif global de contribuer au développement économique national par la formation des ressources humaines qualifiées et compétitives. Néanmoins, le DPP et son équipe restent engagés pour aller de l’avant : « En dépit de ces ressources insuffisantes, nous nous sommes engagés à travers une répartition équitable, et efficiente pour pouvoir utiliser ces ressources pour atteindre le maximum d’objectifs, relever le maximum de défis pour répondre présent au rendez-vous de 2015 et post 2015.»

 

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