Pr. Noël GBAGUIDI, titulaire de la Chair UNESCO : « Dynamiser la recherche, en créant un prix de thèse pour les doctorats …. »

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Ancien Directeur de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature, professeur agrégé de droit privé et de sciences criminelles, professeur titulaire et depuis 2011, titulaire de la chair Unesco des droits de la personne et de la démocratie, Noël GBAGUIDI fait partie de la crème universitaire qui contribue quotidienne et qualitativement à la formation d’élites béninois et africains au service des peuples. Avec une grande promptitude et une simplicité éloquente, il s’est prêté à nos questions dans le silence des quatre murs de son bureau à l’Université d’Abomey-Calavi.

Educ’Action : C’est quoi la Chair Unesco, professeur ?

Prof Noël GBAGUIDI : La Chair UNESCO est un centre d’excellence qui forme en formation continue et diplômante, en droit de l’homme, en droit des personnes, et en droit de la démocratie. La chair UNESCO est en même temps l’école doctorale des sciences juridiques et administratives du Bénin. C’est l’institution qui forme tous les docteurs en droit du Bénin. La Chair UNESCO a commencé effectivement en 1997. Ça fait 16 ans qu’on a formé beaucoup de docteurs. En fait, c’est une institution qui est parrainé par l’UNESCO, ce n’est pas une institution de l’UNESCO mais parrainée par l’UNESCO. C’est un centre de formation de l’UAC qui forme normalement à partir de l’ancien 3ème cycle. Nous allons dire aujourd’hui nous recevons des gens en formation diplômante après la maitrise, l’ancienne maitrise qui fait bac + 4. Nous prenons les gens à partir de la 5ème année en droit. C’est l’institution qui a créé le premier DEA en droit. Les premiers docteurs du Bénin en droit sont passés par ici. Nous prenons les gens à partir du DEA, ancien DEA ; aujourd’hui, ils parlent de Master Recherche, nous prenons les gens à partir de l’ancien DESS, aujourd’hui, ils parlent de master professionnel. Nous prenons à partir du master professionnel et master recherche jusqu’au doctorat. Nous ne prenons pas plus bas. Nous avons aussi le management des élections qui est une formation nouvelle créée l’année dernière.

Vous avez dit que la Chair UNESCO est un centre d’excellence. Est-ce que les candidats sont soumis à un test préalable ?
Nécessairement, ah oui ! Nous recrutons sur test. Depuis que je suis arrivé, le test se fait en trois phases. D’abord, il y a la première phase de tamisage. La deuxième phase est une phase écrite et la troisième phase est une phase de sélection. Quand nous recevons en DEA par exemple 150 à 200 candidats, nous prenons 30. Exceptionnellement 31. Au premier tamisage, nous regardons de près les dossiers si effectivement les postulants ont la maîtrise en droit et non en menuiserie ou en maçonnerie. Mais après cela, nous faisons un vrai test. Pour le test nous prenons les 50 premiers. Sur les 50 nous voulons 30. Il y a un panel de professeurs qui siègent et reçoivent les candidats à qui ils posent des questions et en recrutent 30 avec 10 en position d’attente.

Y a-t-il une moyenne exigée ?
Non

Quelles sont les chances des auditeurs de la Chair sur le marché de l’emploi ?
Disons que la réponse ne peut pas être générale, il faut sérier. Nous avons par exemple le DEA des droits de la personne et de la famille. Mais le DEA en lui-même peut vous qualifier à être consultant dans les organisations internationales, dans les ONGs nationales, à être consultants et experts dans la défense des droits de l’homme, dans la gestion de tout projet concernant les droits de l’homme. Normalement, quand on fait un DEA, on a une vocation à faire un doctorat. Quand ils finissent docteurs, ils sont recrutés dans les universités du Bénin comme assistants et puis ils font leur carrière. La Chair a déjà eu des docteurs qui sont agrégés. La jeune génération, je vais dire les 30-40 ans qui sont ici, les 4/5 ont fait la Chair UNESCO que ce soit ici ou à Parakou ou à Tchaorou.
Vous êtes à combien de promotion de docteurs ?
Pour le doctorat, on ne peut pas parler de promotion. Théoriquement c’est 3 ans quelque fois 4 ans ou 5 ans. Mais il y a des gens qui font 6 ans. Ce n’est pas une course contre la montre. C’est une question d’inspiration et d’originalité. Si vous n’avez pas des idées à développer pour apporter quelque chose de neuf, ce n’est pas la peine de faire un doctorat.

Les cours à la Chair sont-ils obligatoirement présentiels ?
Absolument ! Même par visioconférence, on a refusé, par correspondance, on a refusé. Il faut être là. Et nous contrôlons la présence. En DEA, les 4/5 des enseignants viennent de l’extérieur, donc ils viennent en mission d’enseignement. Quand ils viennent, il y en a qui disent, je n’ai que 3 jours à faire au Bénin. Là on dit aux auditeurs, c’est de 8h à 18h tous les jours. Ceux qui peuvent faire une semaine par exemple, on leur donne 5 heures de cours par jour. Mais après, les étudiants sont libres ! Pour les DESS, les étrangers sont plutôt rares. Les ¾ des enseignants des DESS sont des nationaux. Ce sont des professionnels, des gens expérimentés, vu que les DESS et les masters professionnels sont des formations un peu plus pratiques. Donc, nous utilisons beaucoup plus d’administrateurs civils, d’ingénieurs etc. Dans tous les cas, quand un enseignant commence, il finit. C’est 20 heures de cours et c’est bloqué.
Les formations sont payantes ou vous n’avez que des boursiers ?
Nous avons un peu de tout. On a des partenaires qui offrent des bourses. Par exemple tous ceux qui sont en DEA jusqu’à présent sont boursiers à quelques exceptions près. Dans le master management des élections, il y a quelques boursiers. En DESS aussi quelques uns mais là en général, ils paient. Le taux est fixé par le rectorat et varie entre 350 et 500 mille FCFA.

Est-ce que vous avez aussi à la Chair UNESCO, des problèmes de salles de Flux, de manque d’enseignants et de ressources comme partout ailleurs ici à l’UAC ?
Nous avons créé beaucoup de salles et nous avons réaménagé des salles. Non, ici nous n’avons pas ces problèmes. Nous n’avons pas d’étudiants au-delà de 40 et puis les doctorants sont dans les bibliothèques et travaillent. C’est vrai qu’au début du recrutement ils sont nombreux, mais quand nous fixons nos effectifs, nous prenons 30 en DEA et 40 en master professionnelle et en master Recherche.

Voulez-vous nous parler des perspectives de la Chair UNESCO ?
En termes de perspectives, il faut dire que si tout va bien au premier trimestre 2014, nous allons intégrer les nouveaux locaux construits pour abriter la Chair. Au plan pédagogique, nous voulons davantage suivre nos doctorants. Et le suivi des doctorants passe déjà par le suivi en DEA, dans les masters. Ce suivi doit nous permettre déjà de détecter les meilleurs et les préparer à travers les mémoires en veillant à ce que les thèmes de mémoire soient très techniques. Nous allons ensuite leur donner les outils de recherches nécessaires qui vont leur permettre de faire carrière à l’université avec des doctorats pointus et originaux. Nous avons aussi des ambitions pour dynamiser la recherche, créer par exemple un prix de thèse pour les doctorats, encourager nos jeunes collègues à publier, soutenir la recherche, encourager nos collègues à aller plus loin au CAMES puisque c’est aujourd’hui, le meilleur outil de promotion des enseignants

Un message aux doctorants et docteurs.
Oui, ils savent ! Ils doivent aller plus haut, toujours plus haut et être parmi les meilleurs.

 

Propos recueillis par Ulrich Vital AHOTONDJI

 

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