Préoccupée par la ruine de l’école béninoise : La CSTB entre diagnostics et solutions pour sauver les meubles

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La Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB), de concert avec les acteurs du système éducatif et Organisations Non Gouvernementales ont organisé un forum pour faire l’état des lieux du système éducatif avant de proposer des solutions pour sortir l’éducation de l’ornière. C’était le mardi 6 septembre 2016 en présence des syndiqués dans l’enceinte de la bourse du travail à Cotonou.

«Face à la ruine constatée de l’école au Bénin, quelles solutions adéquates pour en sortir? ».C’est autour de ce thème que les instituteurs, enseignants, professeurs et syndicats affiliés à la CSTB ont mené leurs réflexions. Lesquelles réflexions se sont focalisées sur l’état des lieux du système éducatif du primaire au supérieur. Paul Essè Iko, secrétaire général de la CSTB, dans son allocution d’ouverture, tire à boulets rouges sur les conditions dans lesquelles les apprenants et enseignants travaillent : « des enseignants de la maternelle, du primaire, du secondaire dénudés du minimum et cherchant à joindre les deux bouts sans le peu de matériel, ni didactique, ni de simple commodité pour produire (tables, bancs, bureaux, tableaux noirs etc.) se débrouillent tout simplement dans des maisons délabrées ou sous les arbres » se désole Paul Essè Iko. Par ailleurs, il a aussi touché du doigt la crise actuelle qui secoue l’Université d’Abomey-Calavi, la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH) avant de peindre un tableau sombre de l’école béninoise : « … nous dirons très sombre, les résultats ne peuvent être catastrophiques et c’est ce constat qui force plus d‘uns à ouvrir aujourd’hui les yeux et à crier de plus en plus : elle est ruinée, elle est ruinée ; elle est foutue, nous sommes foutus », déclare tout déçu le secrétaire général de la CSTB. Propos approuvés par Joseph Aimasse, communicateur du primaire qui n’a pas manqué de retracer les difficultés auxquelles sont exposés, enseignants et apprenants. Au nombre de celles-ci, le manque du personnel enseignant dans les classes couplées avec le contenu des programmes d’études, objet de critiques. Il rappelle, par ailleurs, à l’attention des autorités gouvernementales, qu’au moins 60 % des écoliers du primaire reprendront la classe de CM2 dès la rentrée scolaire 2016-2017. Abondant dans le même sens que Joseph Aimassè, Michel Hodonou, communicateur chargé du secondaire, va laisser entendre que les états des lieux au secondaire ne sont pas différents de ceux du primaire : «plus de 70 % des classes de nos lycées et collèges sont tenus par nos enseignants qui délaissent le public pour le privée », a-t-il déclaré. Il poursuit en concluant que ‘’notre école est une usine à produire des chômeurs ‘’. Fulgence Afouda, secrétaire du Syndicat Autonome de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur(SYNARES), prenant la parole, lève un coin de voile sur la crise universitaire de la FLASH avant de se prononcer sur le manque criard d’enseignants en qualité et en quantité à la Faculté des Droits et Sciences politiques (FADESP), la Faculté des Sciences Techniques(FAST), la Faculté des Sciences Economiques et Gestion(FASEG) sans oublier la FLASH. Il poursuit, par ailleurs, en déplorant l’absence d’infrastructures dans les universités publiques qui plombe la mise en œuvre du LMD. Les trois communicateurs n’ont pas été que critiques dans leur exposé des problèmes qui minent le secteur éducatif pour chacun des ordres dont ils ont assuré la communication. Ils ont aussi fait des propositions

Les solutions apportées par le panel

« … L’encadrement des parents peut permettre la réussite des enfants, mais si l’on veut que l’éducation des parents contribue au succès scolaire, il faut intégrer l’environnement des enfants et des parents eux-mêmes, prendre en compte la culture et la langue du milieu qui doivent contribuer à ce succès. Il faut faciliter l’implication des parents d’élèves dans le cursus scolaire, ainsi le programme ne doit pas isoler ces mêmes parents d’élèves. Il faut veiller à ce que le niveau du parent permet l’élévation de l’instruction de l’enfant » propose Paul Essè Iko, comme solutions pour les maux du primaire. Quant à Joseph Aimassè, il appelle à une coupure des ponts avec le pacte colonial : « Notre école a besoin d’un nouvel audit qui doit rompre définitivement avec le pacte colonial. Un programme financé par les béninois pour les béninois », suggère-t-il à son tour. Aussi va-t-il proposer pour le compte du primaire, le dédoublement des classes du CM2 pour la rentrée scolaire 2016-2017 afin d’éviter le trop plein d’effectifs ; de procéder immédiatement au recrutement en nombres suffisants des enseignants déjà formés et qualifiés dans les Ecoles Normales d’Instituteurs (ENI) et Service Militaire d’Intérêt National (SMIN) qui ont reçu la formation pédagogique, démobilisés et qui n’attendent qu’à être employés dans nos écoles maternelles et primaires après recyclage ; le recrutement des stagiaires ANPE et volontaires ; la généralisation des programmes intermédiaires au cours de la phase transitoire en attendant un programme patriotique ; permettre aux enseignants d’élire et de décharger leurs propres directeurs ; de primer à l’aide des autorités gouvernementales et municipales les meilleurs écoliers afin de susciter la concurrence dans leur rang. En dehors de cela, il invite le gouvernement à abroger le décret portant statut particulier du personnel de la maternelle, primaire et secondaire et surtout de revoir leurs conditions de vie. Au secondaire, Michel Hodonou recommande la généralisation de la gratuité de l’école au niveau des deux sexes et la généralisation du programme intermédiaire au cours d’une phase transitoire en attendant l’élaboration d’un programme patriotique. Les solutions apportées au secondaire rejoignent celles du primaire, à l’en croire. Au supérieur Fulgence Afouda déplore les conditions de mise en œuvre du système LMD et propose d’arrêter le LMD en attendant la création des conditions indispensables à son application et le retour au système classique c’est-à-dire le DUES, le DUEL, la licence, la maîtrise, le Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) et le doctorat. Il demande de résoudre la crise actuelle de la FLASH en organisant les examens pour la FLASH, et, réhabiliter les 21 étudiants exclus dans la même faculté avec le départ des hommes en uniformes du haut lieu du savoir. L’institution d’un comité de discipline composé de tous les acteurs de l’enseignement supérieur ; la suppression des frais d’inscription exagérés dans les écoles et instituts universitaires à moyen terme ; la révision de fond en comble du contenu des programmes d’enseignement dans tous les sous-secteurs, sont autant de propositions faites par Fulgence Afouda. Il propose enfin de regrouper en un ministère unique (ministère de l’éducation nationale pour tous les trois ordres d’enseignement).

Enock GUIDJIME (Stg)

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