Rapport 2023 de Amnesty International Bénin : Un an de scolarité perdu pour de nombreux élèves et étudiants

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«Certaines expulsions ont été faites pratiquement la veille de la rentrée, sous la pluie et dans la nuit. Ce qui a affecté les parents ou disloqué certains foyers. Des enfants ont été proposés à des relogements à des endroits très loin de leurs anciennes écoles sur des sites où il n’y a pratiquement pas d’eau, d’électricité et d’écoles proches. Ce qui, d’une manière ou d’une autre, a désorganisé un peu le parcours scolaire de ses élèves dont les familles ont été affectées par ces expulsions. Beaucoup parmi eux, qu’ils soient élèves ou étudiants ont eu une année perdue, selon les informations que nos chercheurs ont pu collecter sur le terrain. » C’est l’un des nombreux constats, expose auxquels sont parvenus les équipes de Amnesty International (AI) Bénin, dévoilés ici par Dieudonné Dagbéto, directeur exécutif de Amnesty International (AI) Bénin. Ces constats et les conclusions qui en découlent sont contenus dans le rapport 2023 de l’organisation de défense des droits de l’Homme au Bénin. Ce rapport intitulé « Chassés pour planter des cocotiers : Expulsions forcées pour le tourisme et l’aménagement du littoral au Bénin », a été présenté à la presse le jeudi 7 décembre 2023 à l’hôtel Casa Cielo de Fidjrossè, à Cotonou.
Devant le parterre de journalistes et quelques victimes des expulsions, Samira Daoud, directrice du bureau régional Afrique de l’Ouest et du Centre de Amnesty International (AI), Dieudonné Dagbéto et Fabien Offner, chercheur de Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, ont révélé le contenu du rapport. Il s’agit d’un document de 78 pages qui expose les manquements au droit national et international avant et pendant les expulsions, d’une part. D’autre part, les manquements après les expulsions, avant de faire quelques recommandations.
« Les droits des habitants et habitantes ne doivent pas être négligés au nom du développement socioéconomique. Les expulsions forcées massives menacent gravement les droits fondamentaux des personnes concernées dans plusieurs localités du Bénin. Ces actions ont des effets dévastateurs sur la vie des personnes expulsées, qui sont privées de leurs logements, de leurs moyens de subsistance et de leurs liens sociaux », a fait savoir Samira Daoud.
Sur le plan de la scolarisation, précise Fabien Offner, chercheur de Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, il y a eu de la déscolarisation pour les personnes qui ont été expulsées. A Djeffa, par exemple, ajoute-t-il, ou certaines victimes ont été installées, l’école primaire qui existait avant leur arrivée fait aujourd’hui face à des sureffectifs. Le rapport ne manque pas de formuler des recommandations aux autorités. « Nous avons demandé à ce que les personnes sur les sites de réinstallation puissent avoir accès aux services sociaux de base (eau, électricité et assainissement) mais évidemment qu’ils puissent avoir accès à l’éducation, à des écoles correctes dans leur nouvel environnement. L’urgence aussi, ce sont pour les gens de Fiyégnon 1 et certaines personnes de Xwlacodji qui n’ont été ni indemnisés ni relogés, et qui pour certains, errent de famille en famille, ou de cabane de fortune en cabane de fortune. Dans ces cas-là, il n’y a pas suffisamment d’argent pour scolariser les enfants », informe le chercheur de Amnesty International.
Selon le rapport, six mille personnes ont été victimes de ces expulsions survenues dans les localités de Djègbadji et Avlékété dans la ville de Ouidah, puis à Xwlacodji et Fiyégnon 1 dans la ville de Cotonou.

Adjéi KPONON

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