Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) : Une matière passionnante dispensée avec difficultés

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Les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) constituent une discipline passionnante pour les élèves dans l’enseignement secondaire général. Seulement, quelques difficultés entravent le bon déroulement de cette matière. Les constats effectués sur le terrain, c’est à retrouver dans l’acte 2 de la thématisation du mois de novembre de Educ’Action consacrée aux séquences des cours dans le Secondaire.

C’est l’heure de la sortie des classes au Complexe scolaire Clé de la Réussite de Bakhita, dans la commune d’Abomey-Calavi. Le collège commence à se vider de ses occupants, ce vendredi 13 octobre 2023, quand les rayons du soleil s’éclipsent progressivement pour laisser place à la tombée de la nuit. Bill, élève en classe de 1re, est passionné des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). « SVT est ma matière préférée parce que c’est de la science. Cela me permet de comprendre la nature, le fonctionnement de l’organisme, les êtres vivants », confie l’élève vêtu de son uniforme du Complexe scolaire Clé de la Réussite de Bakhita. Son camarade Emmanuel, un admirateur de cette discipline, renchérit : « C’est une matière que j’apprécie beaucoup parce que cela nous enseigne les notions sur la reproduction humaine, les cellules, les roches, le séisme, la reproduction chez les animaux et d’autres notions intéressantes. » Ces élèves avouent un penchant pour la matière SVT, mais ce n’est pas le cas pour certains de leurs camarades rencontrés au Collège d’Enseignement Général (CEG) le Plateau. Toutes élèves en classe de 3e, Marlène et Sonia confient ne pas trop s’en sortir dans cette matière, surtout dans le traitement des sujets d’analyse et aussi la rédaction en SVT qui, selon elles, est un peu particulière. Les difficultés ne manquent pas également dans le rang des élèves du Complexe scolaire La Persévérance. « On rencontre des difficultés lorsqu’on n’a pas le document. Par conséquent, lorsque le professeur explique, tu ne peux pas comprendre. Ensuite, les analyses de documents et les comparaisons sont difficiles. Si tu ne comprends pas bien, tu ne pourras pas travailler en devoir », témoigne Anne-Marie Tomenou, élève en classe de 3e. A son camarade de la classe de 4e, Bismarck Gnanclo d’ajouter : « Les mathématiques sont plus faciles que les SVT. Les difficultés, c’est d’abord au niveau de la mécompréhension du cours. Les analyses des documents sont difficiles et si tu n’as pas le document, tu ne peux rien faire. »

Elèves en classe

Les notions dispensées aux apprenants en SVT

De la classe de sixième jusqu’en terminale, plusieurs notions sont enseignées aux élèves en Sciences de la Vie et de la Terre. « La digestion, la respiration, la nutrition chez les animaux, la notion de reproduction », énumère Emmanuel Tchoba, enseignant des SVT au CEG 1 de Kouandé pour renseigner sur quelques notions dispensées dans cette matière aux apprenants dans le premier cycle du secondaire. Avec ses dix ans de carrière révolus dans l’enseignement de cette matière, Rodrigue Adjigbe, en poste au Complexe scolaire la Persévérance d’Abomey-Calavi, explique que dans le processus d’enseignement des SVT, les apprenants sont invités à faire un travail individuel, s’en suit un travail en groupe puis une session plénière pour résumer toutes les productions afin de tirer une synthèse. « De la sixième en terminale, nous parlons des êtres vivants avec différentes notions. Cela permet à l’élève de comprendre l’environnement mondial, les phénomènes de volcanisme. C’est une matière qui met l’apprenant au cœur d’un grand monde de connaissances », dira Gildas Dègan, professeur certifié des SVT. S’exprimant sur les différentes étapes que l’enseignant est appelé à suivre pour dérouler le cours des SVT, Emmanuel Tchoba informe : « Il faut une préparation depuis la maison. Il faut identifier d’abord la SA qu’on veut enseigner aux apprenants et ensuite, définir l’objectif spécifique. Ensuite, il faut s’imprégner de quelle compétence on vise à développer chez les apprenants. Cela nécessite donc une élaboration des fiches pour chercher la situation problème. A partir des supports, l’élève est appelé à construire son propre savoir en classe. La préparation depuis la maison vise à apporter les différentes documentations qu’il faut pour qu’en situation de classe les apprenants puissent aussi faire face aux savoirs. Ceci, afin qu’ils puissent construire ce qui est de leur propre connaissance. » Ce processus de dispensation du savoir aux apprenants, le professeur certifié Gildas Dègan le résume à l’approche : Enseignement-Apprentissage-Evaluation.

Les difficultés rencontrées dans la transmission du savoir

« Beaucoup d’apprenants attendent qu’on vienne tout leur donner, leur dicter des notions et ils iront bucher. Les SVT ne se passent pas de cette façon. Les élèves sont appelés à faire des exercices pour mieux comprendre, mais ils veulent se contenter du peu qu’on leur donne en classe », se désole l’enseignant des SVT au CEG 1 de Kouandé. Aussi estime-il que cette situation est parfois à l’origine des problèmes que rencontrent les apprenants dans cette matière. Les apprenants, ajoute Rodrigue Adjigbe, ont des difficultés à mieux exploiter ou mieux analyser les documents afin de faire des déductions adéquates. Toujours sur les difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants dans le déroulement du cours, Gildas Dègan souligne : « La difficulté des enseignants est l’absence de matériels technologiques comme un ordinateur. Aujourd’hui, le système éducatif est fait de telle sorte que l’enseignant n’a pas le temps de faire des recherches. En outre, l’enseignant n’est pas parfois dans la réalité des apprenants pour leur transmettre le savoir qu’il faut. Il y a aussi la pléthore des effectifs qui constitue un obstacle à l’enseignant lors du déroulement des séquences pédagogiques. » A côté de ces problèmes évoqués, le principal qui revient sur les lèvres des enseignants rencontrés est le manque de document chez les apprenants. « Certains apprenants n’ont pas le manuel prévu au programme. Or, s’ils ne possèdent pas ce manuel, la compréhension serait un peu difficile pour eux. Nous sommes obligés à chaque fois de reproduire au tableau ce qu’il y a dans le document afin que ceux qui n’en possèdent pas puissent suivre le cours. En conséquence, nous avons des difficultés à évoluer dans la progression normale du cours », fait remarquer Rodrigue Adjigbe.
Pour corriger cette situation, l’enseignant Emmanuel Tchoba plaide pour une réduction du coût des documents afin de les rendre accessibles à toutes les bourses. « Le cours est essentiellement théorique. Il n’y a pas des outils de développement sur la pratique dans les collèges. Cela fait que l’enfant à des notions théoriques mais pas pratiques », déplore le professeur certifié Gildas Dègan. Malgré sa passion pour les SVT, l’élève Bill de la classe de 1re au Complexe scolaire Clé de La Réussite de Bakhita avoue que ce qui manque pour que cette matière puisse être parfaite est la pratique en vue d’approfondir certaines notions théoriques dispensées en classe.

Réalisation : Edouard KATCHIKPE & Adjéi KPONON

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