Serges Adjovi, Directeur de l’Agence du numérique, à propos de l’intégration pédagogique des TIC dans l’enseignement au Bénin :

  • 0
  • 35 views

Pédagogie 2.0, apprentissage 2.0 ou encore apprentissage mobile, bref ! Diverses expressions qui traduisent la place importante qu’occupent les TIC dans le secteur de l’éducation de la maternelle à l’université. Au Bénin, divers projets sont en train d’être mis en place sous la houlette de l’Agence du Numérique pour donner au secteur de l’éducation, les moyens d’une intégration pédagogique des TIC.

Educ’Action : Qu’est-ce que l’Agence du numérique ?

Serge Adjovi : C’est une agence qui dépend de la Présidence de la République et qui s’occupe principalement de mettre en œuvre les projets phares du numérique. Elle s’occupe aussi de supporter et d’aider les autres secteurs à mettre en place la composante numérique de leurs projets. Cette agence est une émanation du conseil du numérique. Le conseil du numérique est présidé par le Chef de l’État. C’est un creuset d’experts locaux et internationaux qui se réunissent autour du Chef de l’État pour présenter des options, pour définir les stratégies et les orientations de ce que le numérique pourrait et devrait être au Bénin.

Il est inscrit comme 24è projet phare : Généralisation du numérique par l’éducation et la formation. Pensez-vous que c’est réaliste ?

Est-ce que c’est réaliste ? Je vous laisse juger. Mais c’est nécessaire parce que ce que nous allons faire, c’est de mettre en place une infrastructure en matière de réseau de télécommunications haut et très haut débit, en termes de centre de données pour faire du traitement, du stockage et de la consultation de données. Une fois qu’on aura fait tout ça, il va bien falloir des gens pour exploiter cette infrastructure afin d’en tirer profit et construire par-dessus ces données, des applications qui permettent à l’ensemble des secteurs d’activités du Bénin de profiter de l’intelligence qui va être extraite de celles-ci. Ce projet phare touche toutes les couches de la société. Bien entendu les enfants, les élèves, les étudiants mais il touche aussi monsieur tout le monde au travail, à la maison, …
Quelles sont les actions concrètes que vous avez déjà posées dans ce sens ?

Nous allons déjà commencer par mettre en place les infrastructures. Ce qui est important au niveau de l’éducation, c’est de donner du service aux écoles, aux lycées, aux collèges, aux centres de formation, aux universités. Cela est important parce que le numérique au niveau des établissements d’instruction est un outil. Il vient en support à la pédagogie. Pour cela, il faut que cet outil soit peu cher et maîtrisé, et c’est ce que nous allons faire. Le projet phare est composé d’une dizaine de sous-projets dont l’un est de connecter l’ensemble des lycées, collèges et centres de formation professionnelle. Un autre sous-projet est de connecter l’ensemble des centres de recherches du Bénin et pas seulement les universités. De manière à ce que les centres de recherches échangent et communiquent entre eux puis échangent avec l’extérieur. L’objectif est de connecter le réseau des centres de recherche du Bénin avec le réseau des centres de recherche de l’Afrique de l’ouest puis au réseau mondial des centres de recherche. Pour les lycées, collèges et centres de formation professionnelle, nous allons fournir une connectivité de haut débit qui va leur permettre de fonctionner. Nous allons faire notre part du marché mais il faut que les acteurs du secteur de l’éducation (enseignants, élèves, étudiants, inspecteurs,…) définissent ce qu’ils vont faire avec cette connectivité haut débit. Comment est-ce qu’ils vont l’utiliser à des fins pédagogiques, à des fins de gestion des établissements et des ministères. C’est cela le plus important. Il va falloir que ces ministères aient des projets de numérisation des contenus, des programmes, etc. Cela va prendre plusieurs années et on va essayer de le faire simultanément sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de connecter l’ensemble des établissements du secondaire sans oublier ceux du primaire. Les décisions seront prises avec les ministères concernés.

Le numérique est-il alors la botte secrète du gouvernement pour régler les problèmes de l’éducation ?

C’est l’une des bottes secrètes du gouvernement qui est dans la logique d’exécution du Programme d’Actions du Gouvernement et du principe du « Bénin Révélé ». Mais on ne va pas marcher sur un seul pied, car, il y a des projets dans d’autres secteurs.

De nombreux projets avaient été initiés (Sankoré et TIC au secondaire) sous les régimes du changement et de la refondation. Ces projets ont-ils été évalués avant que vous ne lanciez la République dans de nouveaux chantiers ?

Nous allons les évaluer et nous sommes en train de le faire. Nous sommes en relation avec les DIP des différents ministères pour savoir où est-ce qu’ils en sont dans leurs différents projets. Ma philosophie c’est essayons d’avancer de la manière la plus constructive possible, ne perdons pas de temps sur les inventaires, les critiques, … Nous sommes en train de proposer des modifications des projets en cours pour les accélérer afin qu’ils soient meilleurs. Le plus important, c’est la composante service pédagogique qui est fournie à l’apprenant et à l’enseignant, puis la composante service qui est fournie à l’administration scolaire. Le plus important, ce n’est pas l’ordinateur ou la connectivité internet ou réseau. Si des ordinateurs ont été distribués mais qu’il n’y a pas de contenus sur ces ordinateurs, si on n’a pas numérisé le contenu pédagogique et qu’en plus, il n’y a pas de connexion internet fiable alors l’utilisation des ordinateurs posera problème. C’est la raison pour laquelle dans nos discussions, nous avons proposé qu’il y ait une réflexion en profondeur sur la numérisation des contenus pédagogiques, sur l’accès à des contenus pédagogiques déjà numérisés de manière à utiliser cet outil important qu’est le numérique dès qu’il sera mis à leur disposition dans les mois et les années à venir. Je pense que c’est là le point clé. Le numérique c’est la possibilité d’utiliser l’ordinateur, la tablette, la télévision ou le Smartphone pour en faire quelque chose : apprendre, enseigner, faire du commerce, etc. Tout cela de manière facile et dématérialisée. Pour faire tout ça, il est évident qu’il faut que les équipements soient dans des bâtiments couverts, qu’il y ait de la climatisation pour assurer la longévité des équipements, qu’il y ait de l’énergie,… C’est pour cela que le PAG touche à des secteurs qui se complètent : numérique, énergie, infrastructure, bâtiment, transport, cadre de vie, … Tout cela doit avancer en parallèle et doit se supporter pour que les errements du passé ne se répètent pas.

La Cité Internationale de l’Innovation et du Savoir (CIIS), où est-ce que vous en êtes ?

Il y a une personne qui s’en charge. Personnellement, je considère qu’au Bénin, il nous faut des projets qui misent sur le moyen et le long terme comme c’est le cas pour la CIIS. Elle va nous permettre de mettre en place des technologies que nous n’avons pas. Elle va nous permettre de confronter les béninois et les étrangers à ces technologies-là. Pas seulement le voir à la télé mais être confronté à cela en les touchant. Nous aurons un creuset d’entreprises, de chercheurs, d’apprenants qui vont générer les innovations spécifiques au Bénin et à notre sous-région. Donc, d’abord pour régler nos problèmes. Tout cela dans ce qu’on appelle une smart-city c’est-à-dire une cité conçue avec un très fort élément technologique. Toutes les expériences qui vont être faites dans cette cité sont des expériences qu’on va pouvoir transposer dans nos municipalités, dans nos vies quotidiennes.

Un dernier mot sur l’intégration du numérique dans l’éducation au Bénin ?

La première chose, c’est qu’on n’a pas le choix. Notre vie va changer et va évoluer parce que le numérique va pénétrer nos vies. Ce que nous essayons de faire c’est d’œuvrer pour que nous soyons contents que le numérique fasse partie de notre vie et qu’on puisse maîtriser un peu son développement. La deuxième chose, c’est que tout le monde est concerné depuis le ministre dans son cabinet jusqu’au paysan dans son champ, car, les applications du numérique existent dans tous les domaines. C’est un chemin pour tout le monde des plus petits au plus grands.

Propos recueillis par : Adjei KPONON

1ère édition du concours « Les Oscars de la dictée » : Les inscriptions ouvertes aux meilleurs collèges du Sud au BEPC 2016
Prev Post 1ère édition du concours « Les Oscars de la dictée » : Les inscriptions ouvertes aux meilleurs collèges du Sud au BEPC 2016
Alphonse da Silva, à propos du retard dans le retrait du diplôme du Baccalauréat : « Lorsque vous avez l’attestation, demandez le diplôme après le délai d’un an »
Next Post Alphonse da Silva, à propos du retard dans le retrait du diplôme du Baccalauréat : « Lorsque vous avez l’attestation, demandez le diplôme après le délai d’un an »

Leave a Comment:

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *