Vive le béton et à bas l’homme !

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Faut-il investir dans l’homme ou dans du béton ? La réponse est pourtant simple ! Dans le béton car l’homme oublie vite et le béton est solide et n’a pas d’état d’âme. Dans une démocratie ou une dictature, le béton ne se plaint pas. Il semble que la majorité du peuple et en vérité des esprits chagrins, souhaitent ce qu’ils appellent du social. Or, dans tous les pays africains, le béton est roi : on détruit beaucoup et on construit énormément. Tandis que tout devient cher et difficile, on peut au moins reconnaitre et se réjouir que beaucoup de routes et de goudrons mènent directement au cimetière !
On peut résumer tout cela avec cet adage populaire : le chien aboie et la caravane passe. Ou encore, les populations crient et la route passe, têtue et imperméable à la médisance des hommes, debout, assis ou courbés. Les politiciens, dans leurs visions célestes ont choisi pour nous dans l’intérêt supérieur de la nation ! Et nous n’y pouvons rien. Mais alors que faire pour survivre voire vivre ?
Il faudrait se lever, cesser de prier et de se plaindre toute la journée et entreprendre en se disant que l’Etat ne s’occupe pas de nous individuellement. La route n’est pas nécessairement le premier de nos aspirations, mais on peut l’utiliser pour aller au marché, au village et dans d’autres contrées. Donc prenons-nous en charge et entreprenons. Oublions les élites politiques et leurs calculs tortueux ou vertueux pour apprendre à entreprendre. Cela s’enseigne-t-il dans nos écoles ? Pas vraiment. Les professeurs, avec une éducation héritée de la colonisation se contentent de théoriser sur quelque chose qu’ils n’ont jamais expérimenté.
Ceci fait que nos vrais entrepreneurs de base se retrouvent dans le monde paysan. Je n’ai surtout pas l’ambition de faire un cours sur l’entreprenariat. Je voudrais juste réveiller la plupart d’entre nous qui, de plus en plus, nous trainions à longueur de journée, maudissant l’Etat et louant Dieu car, « bien ou mal, c’est mon destin » !
Pitiation ; le destin se construit à la force du poignet. Et, je soutiens que l’entreprise n’est pas individuelle. Elle se doit de commencer, de prospérer, de se propager dans un milieu de plus en plus important : et ce qu’on appelle entreprendre, ce n’est pas juste de produire et transformer quelque produit de consommation. Il faudrait le faire de telle façon que tout un milieu se sente concerné. Mais, en réalité, où trouver les moyens d’entreprendre ?
Quand on pose cette question, la quasi-totalité pense à l’argent. Ainsi beaucoup clament : je voudrais entreprendre mais si j’avais telle somme, je me lancerai. Or même s’il obtient la somme ; on se rend compte qu’il n’a réfléchi à rien de concret. Alors qu’entreprendre consiste à réfléchir pour une démarche saine et efficace. Les plus malins vont confier leur pécule à la bénédiction du pasteur de leur église de telle façon qu’entre le denier du culte et la dime sans compter le prix des bénédictions, l’argent disparait. Notre homme revient rassuré et béni car le pasteur a bien dit : tu seras élevé !
S’il est vrai que toute entreprise a besoin d’une mobilisation de ressources, l’expérience de ceux qui ont réussi démontre qu’il faut commencer avec peu et être persévérant. En même temps, les possibilités de mobilisation de financement sont nombreuses dans nos contrées. Car comment comprendre que nos sociétés de solidarité ont de la peine à mobiliser un financement positif. Sans citer les tontines, trois autres solutions m’inspirent : les quêtes dominicales dans les chapelles et autres temples, les innombrables quotes-parts d’enterrement ou de manifestations et la nouvelle mode de fêtes identitaires. La première draine chaque jour et surtout chaque dimanche des dizaines de millions de francs que les religieux empochent sans sourciller en payant en monnaie de singe avec du verbe et du vent. Le deuxième est l’expression de notre nécessaire et utile solidarité qui est la seule chose qui nous reste dans une culture descendante. Enfin, les fêtes identitaires (xwé) qui sont malheureusement promues par des ambitions inavouables, auraient pu servir non seulement à mobiliser des financements mais aussi à éduquer, former, créer des groupes économiques d’entraides et de développement endogène et autocentré.
Tous ces moyens de financement et de développement se perdent dans les soumissions aveugles et des solidarités passives, mais surtout et en vérité, dans l’incapacité de percevoir et concevoir la capacité d’entreprendre.

Maoudi Comlanvi JOHNSON,
Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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